samedi, juin 04, 2016

Danser les discriminations ou les femmes


Une tite tendance à me prendre, sans raison, donc avec d'autant plus de force, en pitié ou même au sérieux, combattue par petites pilules que j'avais oubliées, par un long somme, par la vue sous le bleu, ou sous les nuages navigant, de Ma rose (je sais c'est un peu répétitif, mais pas assez à mon gré, ce sera sans doute l'une des quatre dont devrai me contenter pour l'année) et la pensée de ce que représentait réellement pour chacun des habitants les belles vidéos d'eau en folie que contemplais..

En début de soirée, ai brossé, avec toute l'énergie retrouvée, mes cheveux, remplacé le jean-dans-lequel traîner par une jupe, pris le manteau d'été que je sors une fois par an, et m'en suis allée, sous un ciel qui hésitait entre bleu avec nuages gentils et masses menaçantes,

voir au théâtre des halles, dans le cadre du petit festival de flamenco, Belen Maya dans Romnia, chorégraphié par elle-même et Israël Galvan, sur une création sonore Belen Maya etc…
Romnia (femmes en romano) est une célébration de l'identité gitane, sans victimisation, mais avec un regard tantôt compassionnel, tantôt joyeux devant l'infortune de ces femmes dont la force de survie les a menées à une forme nouvelle d'engagement éthique et esthétique...
disait le programme et, dans ma tentative de traduction du texte de Joaquin Lopez Bustamente figurant sur le très beau site de la compagnie Belen Maya http://belenmaya.com/#1 d'où provient la photo ci-dessus
Les musiques des Roms de l'Europe de l'Est, le chant à capella d'une vieille gitane et les sons électroniques plus actuels mènent l'artiste – qui ne croit pas qu'il existe un «art de femmes», à sublimer et universaliser l’ethnique et le féminin en une transformation cathartique et une expérience initiatique pour ce voyage partagé vers sa gitanité (hum aimerais trouver un mot moins laid... tant pis).
Alors en fait, un patchwork (impression qui diminue au cours du spectacle), une série d'identités, un talent d'actrice ou de clown, du mime, de la violence qui contamine la danse, de la sensualité, des moments où il semble que le plaisir du corps dansant prévaut sur celui de plaire, ou ce qui est offert c'est cette énergie, du flamenco classique par moments assez brefs et beaux, du cynisme bonhomme dans la sollicitation (mendiante), de la fausse gaucherie résignée, une expression de la douleur qui passe mieux par la danse quand il s'agit d'évoquer les déportés, tués, de la seconde guerre mondiale, ou les stérilisations forcées et séparation des enfants, en Suisse et ailleurs, entre 1934 et 1974, et quelques moments légèrement plus faibles.
Saluts et retour dans un Avignon qui s'offre, encore en mineur, un avant goût des longues soirées de l'été.
J'avais trouvé il y a quelques jours, et c'est ce qui m'a décidé, une vidéo présentant Romnia
et pour mieux connaître la danseuse, avais cueilli, dans le creux du jour, ces autres vidéo, une soléa muy flamenco
ou «Martinete» retenue pour Niño del Eche (pas que)

3 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

J'aime bien les "nuages gentils et messes menaçantes" (moins le flamenco)...

brigitte celerier a dit…

les "messes menaçantes" ça doit être le passé refoulé qui remontait ! bon je corrige
quant au flamenco je crains que ce ne soit pas fini… et pourtant j'ai été modérée - ai sauté la plupart des spectacles..
là ça me change les idées

Gérard a dit…

merci pour chants et danses flamenco , j'adore çà.