mercredi, juin 15, 2016

le peu que je peux


Entre les plages de musique pour jour de grève (belle programmation sur France Musique) le bruit du monde : horreurs sanguinaires et pauvreté, chômage (ou crainte de), exploitation… 
sous ciel partagé entre blocs de nuages et plages radieuses, dans un petit vent rapidement tombé, 
dans la tendresse de l'air et la lumière, suis allée joindre mon cafard à la manifestation locale à l'entrée des remparts, sous la gare
Les intermittents du in, discrets, avec leurs petits slogans collés sur la poitrine, étaient là - vote parmi ceux déjà arrivés : 75% pour la grève.. vais ressortir mes petits carrés rouge de soutien, mais j'ai tout de même monté les marches du palais en dédiant mes pas aux nuits futures, espérant que le sort de cette sacrée loi soit réglé (en bien si possible) d'ici là.
Cortège calme, visages entre rires, sourires de retrouvailles, et gravité sous-jacente, des refus, des colères, de la lutte parce qu'habitude, et puis une usine qui ferme, des retraités à quia, des fatigues... et l'allégresse de la marche en groupe.
Un petit train de touristes, bloqué, s'est vidé de ses occupants et parmi eux un retraité qui me dis je rejoins.. et que sa femme entraîne derrière elle... un troupeau et son cornaque à l'air ahuri, restant au bas de la rampe, yeux, commentaires et appareils en action.
Une minute de silence pour Orlando et contre l'homophobie... pensé à l'empressement de Djabidule à revendiquer tous les actes des loups fous (après en avoir missionné et entraîné)
frémi d'exaspération aux injures des trois mélanchonistes contre tous les socialistes (leur but principal) parce que : il faut motiver les deux aubristes pour la future motion de censure de gauche si le gouvernement va jusqu'au 49.3 en deuxième lecture.. – et que l'union (qui ne signifie pas obligatoirement baiser les pieds de leur héros) indispensable devient impossible avec eux (il serait bon que ces chers camarades se demandent la raison de leurs mauvais résultats et de l'étiolement des nuits-debouts provinciales)
retour dans l'antre pour déjeuner en compagnie des dernières alertes ou journaux de Médecin du monde (soins mentaux pour très très jeunes filles violées en Afrique), les clowns médecins, Handicap international et, tonique dans le dénuement, ATD Quart-Monde...
et zut à moi, parce qu'à tout ceci, me semble préférable, en ce moment, le silence... et les gestes d'amitié et solidarité quand pouvons, silence que n'ai pas respecté.

10 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Vous avez l'art de la mosaïque photographique, à l'image de ce temps qui tape dans tous les sens...

brigitte celerier a dit…

ai beau me retenir, rien n'y fait.. toujours trop de photos, et n'en jette pas assez, alors, pour éviter déluge encore plus dissuadant que ne l'est fatalement ce genre de billet (seulement moi j'y tiens un peu) mosaïque obligatoire

Arlette A a dit…

Il faut ... et ce trop plein est nécessaire
Le ciel s'y met aussi

Marie-christine Grimard a dit…

De ce monde en mosaïque, il ne faudrait garder que le meilleur. Mais le pire l'occulte si souvent...

jeandler a dit…

C'est bien en temps de grève que l'on a droit à de la musique sur France Musique !

jeandler a dit…

Ai tant fait de manifs en ma jeunesse parisienne que je n'ai plus rien à me mettre aux pieds....

brigitte celerier a dit…

sourire

Godart a dit…

Parfois,désir d'hiberner à la veille de l'été. Un bon bouquin,une bonne station de radio et surtout pas la télévision. J'apprécie vos promenades matinales en essayant de traquer et de reconnaître des lieux connus.

brigitte celerier a dit…

des trajets assez limités et répétitifs - sourire

Godart a dit…

La fameuse notion de territoire. On est tous pareils avec parfois des incursions, un peu comme des touristes découvrant la ville.