lundi, juillet 25, 2016

Avignon – festival – jour 19 – en finir avec le in


matin à casa pour vaquer un peu, me laver les cheveux, exploiter photos et souvenirs d'Eschyle à la Chartreuse en un billet, le poster, avant un déjeuner tardif, petit sieston 
et départ, avec un petit espoir vers le Gymnase Paul Giéra pour
We're pretty fuckin' far from okay de Lisbeth Gruwez, interprété par elle et Nicolas Vladyslav (qui au départ n'est pas danseur mais mime et performeur), sur une musique, des sons de Maarten Van Cauwenberghe oppressants
Paresseusement et parce que c'est vraiment cela, je reprends ceci dans le programme du festival d'où viennent aussi les photos de Christophe Raynaud de Lage
«We're pretty fuckin' far from okay» travaille les peurs et les angoisses. En choisissant d'installer le public face à un couple de danseurs pris dans un dispositif simple : homme, femme, chaises, couloirs de lumière... Lisbeth Gruwez ne souhaite pas parler du couple mais de l'individu, de ses réactions émotionnelles, psychologiques et physiques quand il ressent de la peur. Par un vocabulaire de gestes inventoriés de nos réflexes naturels et quotidiens, la chorégraphe propose à chacun de se reconnaître et s'identifier. Le point de départ du travail : les films d'horreur d'Alfred Hitchcock et en particulier Les oiseaux car «la peur dont on y parle est irrationnelle. C'est une phobie voire une paranoïa. Et ça résonne fortement dans notre monde actuel». Par une montée progressive du mouvement, par la sensation continue d'avoir de plus en plus besoin de l'autre, par des nappes sonores qui s'ajustent en temps réel, et par cet acte commun de respirer, la pièce propose une expérience immersive. La peur a cette si grande force de mettre le corps en transe, d'obstruer l'esprit et de le déconnecter «du vouloir et du faire»...
une longue attente (le bus m'avait amené un peu tôt) et le début, les deux corps face à nous mais séparé, deux mondes parallèles, ce que soulignait encore davantage les deux faisceaux de lumière limitant chaque univers... et oui c'est là, le malaise, l'angoisse.. il y a le moment où les gestes de l'homme et de la femme s'harmonisent presque, le moment où ils sont debout, le moment où ils se joignent, où chacun soutient l'autre, leur bataille commune contre la panique, ou l'un contre l'autre (mais l'autre reste nécessaire) puis une séparation etc... seulement voilà, je ne sais si c'est moi mais pendant un quart d'heure j'ai aimé, avec un court moment la crainte d'être contaminée, puis j'ai trouvé cela intéressant, puis, m'ont un peu perdu en route. Je crois que malgré les nuances, la graduation, les infinies variétés de peur, il y avait de quoi faire une très belle petite pièce mais pas de tenir soixante minutes
une vidéo d'extraits par Culturbox

salut et retour à pied 
dans la lumière en décrue, le petit vent fouettant, et les ombres longues.. arroser, faire cuire patates et filet de merlu, mettre pantalon et veston,
et m'en aller, me demandant bien pourquoi diable, sauf par une mauvaise habitude, j'ai pris un billet pour ce spectacle, celui qui clôt le festival dans la cour d'honneur, et marque les retrouvailles des avignonnais retour de vacances ou non 
(têtes connues, deux rencontres et un agréable passage en revue des spectacles aimés ou non avec ma voisine ce qui m'a tenue réveillée)
(photo Prima Dona LLC) cette année donc c'était, en première partie Prima Donna un opéra de Rufus Wainwright en version concert (orchestre d'Avignon augmenté, dirigé par Samuel Jean, avec Lyne Fortin, Pauline Texier et Antonio Figueroa) avec, projetée sur le mur une vidéo ou des bouts de vidéos de Francesco Vezzoli avec Cindy Sherman, pour une évocation plus qu'une illustration
Régine Saint-Laurent – interprétée par l'exceptionnelle soprano québécoise Lyne Fortin – vit recluse dans son appartement depuis qu'elle a tiré un trait sur sa carrière à cause de fêlures dans la voix. Un rendez-vous fait réapparaître les démons du passé : André Letourneur, journaliste, vient l'interroger sur son parcours et son rôle fétiche, Aliénor d'Aquitaine, écrit sur mesure du temps de sa splendeur. Qui se cache derrière ce personnage de tragédie lyrique ? Marias Callas, Régine Crespin ? Inspiré par le drame intime et artistique qui guette tout chanteur, Prima Donna ne s'inspire pas seulement de personnages réels. Cet opéra écrit en français,... traite d'un sujet plus profond : la perte de la voix envisagée comme un ravage de l'identité.
Perplexité donc, devant mon choix, fortes réserves et finalement une bonne surprise. N'est pas la révélation du siècle, mais c'est beaucoup mieux que la pop romantique annoncée (et les interprètes étaient de qualité)
pourtant, à onze heures et demie, suis sortie pour l'entracte, ai allumé un cigare pour me tester, ai considéré qu'il était temps de ranger Brigetoun, qui n'avait qu'une envie médiocre d'assister, en deuxième partie, au petit concert de Rufus Wainwright. 

10 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

J'espère qu'après tout ce "in" vous ne vous sentez pas "out" physiquement, car à vous suivre quotidiennement j'espérais que vous tiendriez le coup malgré la chaleur, les heures d'attente, les spectacles parfois nettement trop longs, la foule... mais l'amour du théâtre et de la musique (et apparemment aussi de la vidéo) vous a maintenue en forme et éveillée jusque tard dans la nuit...

Merci pour votre obstination !

brigitte celerier a dit…

et maintenant le encore très gros reste du continent off
(en fait les trucs que voulaient font relâche aujourd'hui, quelques uns ont fermé)
et me suis fait bobo à une cheville, on verra

jeandler a dit…

La cheville ouvrière sans qui point de réjouissances finales.

Claudine a dit…

toujours impressionnée par votre curiosité insatiable

brigitte celerier a dit…

vais tenter de la dorloter parce que là dois de toute façon sortir pour yaourts, pain, collants… et puis le off (mais plus beaucoup de sous)
une histoire idiote, me suis donnée un coup de pied en trébuchant… saigné un peu, m'a pas gêné mais a mal passé la nuit et ça m'élance.. carcasse est pleine de petites fantaisies :-)

brigitte celerier a dit…

Claudine d'oeuvre d'une bonne soeur, prof admirée, qui m'a inoculé curiosité et doutes et a curieusement fini intégriste

Arlette A a dit…

Avec la motivation !! on arrive à faire de belles et grandes choses
Cet incroyable élan vital le prouve Chère Brigitte
Merci pour ces partages

Christine Zottele a dit…

ranger brigetoun? inrangeable me semble-t-il même avec une cheville en mauvais état (qu'il faut prendre le temps de réparer, dis-je) et ensuite aller voir peut-être dans le off "Assoiffés" (Wajdi Mouawa par la compagnie le bruit de la rouille) à l'alizé, spectacle que j'ai adoré! Très bonne journée Brigitte et des nouvelles de la cheville très vite, je veux!

brigitte celerier a dit…

netoyée, pansée, ne se manifeste que quand immobile et moins qu'au réveil (un tout petit truc)

brigitte celerier a dit…

merci pour l'Alizés mais j'ai déjà des envies (dont personne ne parle, me trompe sans doute, et puis question horaire, clim, distance - suis VRAIMENT EPUISEE - et un peu finances
ce soir Ateliers d'Amphoux pour les coquilles de moules