mardi, juillet 12, 2016

Avignon – festival – jour 6 – pas d'Institut Benjamenta.... mais Caen Amour


voulais rester tranquille, en fait ce fut ménage qui, le constatais en le faisant, se révélait plus en retard que ne pensais, et puis fabriquer de quoi déjeuner tôt - avec regard inquiet sur le ciel qui se couvrait - pour pouvoir m'en aller, changée, équipée, volonté en état - à l'heure où d'ordinaire j'émerge d'un déjeuner rêveur pour plonger dans une sieste - vers l'animation de la rue des Teinturiers pour aller attendre de pénétrer dans le jardin du gymnase Saint Joseph,
afin – envie en avais, grande – d'assister à l'adaptation par Bérangère Vantusso et Pierre-Yves Chapalain, à la mise en scène par la première, (sans oublier ses collaboratrices et les fabricants – fabricantes je crois – des marionnettes), de l'Institut Benjamenta de Robert Walser
Réflexions sur le statut de serviteur et notation de ce qui survient à l'institut jusqu'à son bouleversement, les écrits de Jacob sont toujours ponctués d'un doute : se tromperait-il sur ce qu'il voit ? L'a-t-il vécu ? L'a-t-il rêvé ? Bérangère Vantusso approfondit ce trouble en mélangeant acteurs et marionnettes hyperréalistes pour traverser cette histoire de maîtres et de serviteurs, de mort et de renaissance.
La pluie est venue, douce, et pas franchement gênante puisque le spectacle se passait à couvert, seulement est venue aussi la débâcle de carcasse, et j'ai remplacé pantalon par vieux jean, tunique par vieux tee-shirt, ai remis carcasse à peu près en ordre... et ressenti alors une vague de sommeil qui montait à laquelle j'ai cédée, avec juste un tout petit sentiment de honte et un très très grand regret.
Ai dormi quatre heures ou un peu davantage, ai fait un petit tour, tremblante comme nouveau né, en ville pour petites courses (café, bonbon, produit vaisselle et vérification niveau de panique – presque acceptable, légèrement perfectible – dans la foule, plus photos of course) - temps qui hésite entre amélioration et orage rodant au loin.
Caen Amour de Trajal Harrell - photos Christophe Raynaud de Lage, of course, provenant du site du festival, comme ce qui suit
Dans un show au décor de carton-pâte – une maison de poupée ? Un palais de papier ? – quatre interprètes vont, se détournent, surgissent, repartent, bouclent... à bout de bras ou près du corps, ils portent rôles et vêtements dans un défilé circulaire, faisant apparaître les spectres de cow-boys, de marins, de danseuses orientales et autres figures lascives ou farouches. Fidèle à son projet d'étudier les liens entre pratiques artistiques et populaires, entre danses académiques, commerciales et contestataires, Trajal Harrell met en place un manège inédit qui fait vibrer l'histoire et vaciller les stéréotypes. Point d'ancrage et destination du voyage : le hoochie coochie. Un nom d'une autre époque pour une pratique qui s'est développée dans le sillage de l'exposition de Philadelphia de 1876 puis de l'exposition universelle de 1893 à Chicago, où la danseuse syrienne Little Egypt avait ému les foules. Depuis, et un siècle durant, les variations exotiques et sexuellement suggestives se multiplient dans les cirques itinérants des États-Unis où la femme exposée offre une danse du bassin et du ventre, une danse nourrie d'influences que l'on pourrait tenter de raccorder au Moyen-Orient, à l'Afrique mais aussi aux peuples des Roms – Gitans,...
dans l'après midi qui descendait vers sa fin, en me motivant, ai trouvé un article avec une vidéo qui, dans un autre cadre, donne une image du spectacle http://tanzfonds.de/en/project/documentation-2015/caen-amour/ et un autre, en français celui-là que j'ai décidé d'oublier... http://toutelaculture.com/spectacles/danse/festival-dautomne-la-non-rencontre-avec-trajal-harrel/

départ donc en savourant forces plus ou moins revenues et la fraîcheur lâche du crépon.. ciel qui hésite avec beauté, longer le festival autre manière, 
et constater, en débouchant sur la place des Corps Saints que la toute petite file d'attente confirme que, critiques ou non, le bouche à oreilles n'est pas excellent 
(ceci dit le cloître a été presque comble, d'autant qu'en partie réduit pour permettre que le public voit prioritairement le hoochie ou devant de la façade en bois, disposée en biais pour permettre à partir d'un signal, à ceux qui le veulent de passer, par un trajet obligatoire à l'aller et au retour de passer derrière, d'assister aux changements de tenues et à la danse nue d'une belle jeune femme – l'ai fait une fois, pas vue, dans ce coochie ou arrière, la jeune femme sauf de face en ombre chinoise à travers une vitre dépolie et une ou deux fois par devant où elle est venue danser notamment avec esprit et ce qu'il fallait de défi derrière une longue robe noire à volants mise à rude épreuve pour justifier un peu la revendication de dénonciation du sexisme... parce que pour le reste surtout au début est sympathique, légèrement ennuyeux, et plutôt que les exhibitions des expositions universelles évoque vaguement une soirée spéciale dans une boite du marais..
Restaient les pierres, des voisins charmants, le plaisir de carcasse en paix et surtout les platanes
Mais après les saluts, en retrouvant la ville
à travers la touffeur de la place des Corps sains, les rues presque vides, mais pas tout à fait, le plaisir de la nuit, les équipes rafraîchissant l'affichage, je disais à carcasse qu'elle manquait furieusement d'esprit d'à propos et que je crois qu'à choisir elle aurait mieux fait de me priver de ce spectacle assez sympathique que des marionnettes de l'Institut Benjamenta...

6 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Robert Walser ne marche pas que dans la neige... Mais Avignon, c'est aussi le théâtre des rues, et c'est peut-être pas mal non plus !

Godart a dit…

Si votre carcasse montre parfois des signes de défaillances, il n'en est pas de même pour votre esprit. Encore une fois, un grand merci pour ce quotidien si agréable à lire et à voir.

brigitte celerier a dit…

d'autant qu'avons perdu hier quelques degrés (parce que sans cela.. ben on fond.. perdu un peu plus d'un kilo)

jeandler a dit…

On se trompe toujours avec ce que l'on voit, oubliant que voir et croire sont cousins germains.

Lavande a dit…

Avez-vous à votre programme "How to disappear" à l'Opera Théâtre?
Je serai curieuse d'avoir votre "ressenti " comme on dit.
Une grande qualité: ça ne dure qu'une heure!
J'ai beaucoup apprécié les Coréens du théâtre des Halles.

brigitte celerier a dit…

à ma connaissance je suis une des deux seules personnes à avoir aimé les grecs à l'Opéra, et vraiment aimé, je passe pour douce folingue