mardi, août 09, 2016

Finalement, le faux autoportrait comme vraie fiction (Back to basics 6)

puisque ce matin m'en suis allée, simplement et une fois de plus, chez le teinturier-blanchisseur ce matin, puisque, contre toute raison, n'ais pas vraiment envie, actuellement, de fermer Paumée, cherchais idée.. et comme suis têtue, en revenais à mon envie de recopier ma contribution à la 6ème proposition de François Bon dans son atelier d'été le faux autoportrait comme vraie fiction http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4346

Ai cherché une ombre ou silhouette anonyme et si possible plutôt masculine, ai cru la trouver dans les archives de paumée, sans trop chercher... un peu trop indécise sans doute, tant pis..
Tu aimes la nuit. Tu aimes les pas dans la nuit. Tu aimes les sourires distraits et fraternels de la nuit. Tu as peur des foules riantes de la nuit. Tu aimes le luxe singulier. Tu es pris de panique dans un grand hall lumineux ou les larges rues d'un quartier d'affaires. Tu as peur des gens. Tu as souvent, pas toujours, envie des gens. Tu as peur des gens quand ils sont en groupe, se connaissent. Tu aimes les vieux musées avec des étiquettes bricolées. Tu aimes admirer des oeuvres, et ne pas les aimer toutes, dans les musées très clairs, éminents. Tu as peur d'entrer dans un salon. Tu hésites, cherches ton reflet pour te navrer, et te lances. Tu écoutes les conversations avec une attention apparente. Tu t'évades parfois en esprit et, contrairement à ce que tu crois, cela se voit. Tu as peur de débarquer au milieu d'une réunion dans un quartier, hors les murs. Tu es un peu gauche, de peur de blesser. Tu apparais comme un bloc rapporté. Tu aimes entendre les gens parler de cuisine. Tu aimes la poussière dans les rayons de soleil filtrant par les volets. Tu aimes entendre à distance des voix prononcer des mots incompréhensibles, comme une musique et une présence. Tu admires sincèrement les gens qui vivent de peu, et ils t'intimident. Tu aimes écouter les gens parler de leur métier. Tu les interromps pourtant sans cesse pour mieux comprendre à coup de contradictions. Tu détestes la suffisance parce que tu en as peur. Tu choisis le dédain face aux personnalités affirmées. Tu te sens stupide devant les affirmations. Et puis tu cherches en quoi elles sont fausses. Tu aimes assez avoir des jugements ironiques ou sévères. Tu te réfugies parfois dans un coin de peau au soleil, dans des yeux souriants. Tu préfères la confiance. Tu es le roi des gaffes. Tu rougis très bien. Tu ne supportes pas l'odeur des merguez. Tu n'as jamais été capable de boire de la bière. Tu ris parfois comme un fou parce que les autres rient bien. Tu ne comprends pas forcément. Tu ne sais rien faire d'utile, mais tu le fais. Tu détestes être repu. Tu casses beaucoup. Tu as appris que sourire te faisait du bien. Tu as des colères violentes qui te secouent d'être refoulées. Tu en affiches d'autres moins importantes. Tu ne manges pas de viande parce que le sang te dégoute. Tu regardes les mains. Tu dis parfois des choses qui t'étonnent. Tu ne les penses pas toujours, ou ne le savais pas. Tu as l'impression d'être un volcan endormi. Tu surveilles son réveil. Tu n'aimes pas serrer les mains. Tu n'aimes pas l'habitude que l'on a dans les petites villes d'embrasser pour saluer. Tu commences les conversations par le milieu. Quand tu es en colère, tu sors et marches un peu très vite pour te calmer. Tu es insupportable et le sais, mais n'as pas envie de changer.

8 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

La photo correspond bien au flou décrit dans le texte, mis au point !

brigitte celerier a dit…

oui le tu est assez flou - ma foi, pris en facettes le sommes tous plus ou moins, non ?

jeandler a dit…

Il y a toujours du flou dans un autoportrait comme dans tout mémoire ou autobiographie. Et c'est heureux.

Godart a dit…

Entre la peur et aimer, beaucoup de possibilités, entre autre celle d'y glisser un bien beau texte.

brigitte celerier a dit…

grand merci à vous deux - me rassérénez un peu

chri a dit…

Quel beau texte.

Claudine a dit…

belle ombre portée

Arlette A a dit…

Un peu de l'un et de l'autre ...vague et vogue la galère!
Belle écriture à poursuivre encore Merci