lundi, octobre 17, 2016

Calme gris pour une tempête

jour calme, sur internet et dans l'antre – lavage cheveux, ménage, le dimanche quoi -, au dehors pour le matin je n'en sais rien, sauf que j'ai cru par moment que la couverte d'un blanc sale allait se dissoudre ce qui ne fut pas
m'en suis allée un peu après quinze heures, sous ciel de fumées, vers le théâtre du Chêne noir 
retirer les billets commandés et assister à la Tempête montée par la Compagnie Têtes de bois (Montpellier) http://www.chenenoir.fr/event/la-tempete-saison-2016-2017-theatre-du-chene-noir/ (site d'où proviennent les deux photos volées, ci-dessous)
sur le site du théâtre
Sous son voile féérique, La Tempête jette une lumière crue sur un monde incapable de refréner la folie des hommes, les luttes pour le pouvoir, les âpres convoitises.
Quoi de plus inquiétant que cette comédie qui sonde la mécanique du pouvoir, ce « théâtre du monde » qui semble finir bien ?
Entre bestialité et innocence, cruauté et naïveté, vérité et trahison, on décèle un humanisme ameroù la conscience qu’a l’homme de sa capacité grandissante à maîtriser son destin se heurte à son incapacité de pouvoir changer le cours des choses. A travers La Tempête c’est l’histoire de l’humanité que l’on raconte.
Théâtre gestuel, musique, jeux de miroirs et de lumières, influences interculturelles, effets d’optique… Une mise en scène d’une modernité rafraîchissante !
Costumes avec un rappel vague de l'Asie – plutôt des films de samouraï que du théâtre japonais – beaux masques de Martine Baudry (les trois personnages principaux Prospéro, Miranda et Ferdinand n'en portent pas, mais ils donnent l'ambiance du spectacle et permettent à trois acteurs masculins de multiplier les rôles, Ariel étant joué par la responsable du maniement des marionnettes et effets optiques, Valeria Emmanuelle qui porte parfois un masque, ou parle en voix of, ou manie une grande, gracieuse et tendre marionnette pour la jolie dernière scène avec Prospéro). La référence à un théâtre visuel m'inquiétait un peu parce que tout de même la Tempête ce n'est pas que les chassés-croisés et les images... j'avais espoir que le reste, et même l'ébauche de controverse philosophique traverserait le délire visuel, ce qui est assez bien respecté, avec même un noblesse affichée, une solennité un peu excessive.
Une traduction (adaptation par Mehdi Benabdelouhab, qui met en scène) qui manquait peut-être un peu de verdeur, de piquant, d'esprit dans les échanges de la partie bouffonne, à moins que ce ne soit le rythme un petit peu trop lent (mais Caliban est excellent... ce qui me consolait un peu, je n'ai jamais pu dépasser complètement ma révolte adolescente devant la façon dont il est traité)
Une très belle et simple façon de représenter la tempête, au début, par le maniement d'une grande étoffe blanche, soyeuse, recouvrant les gradins – en fait ce sont les éléments mobiles qui seront maniés ensuite par les acteurs pour changer l'aspect du plateau d'une scène à l'autre – créant réellement de grandes lames enflées et souples, sur lesquelles jouent des lumières bleues et d'or pale, très bel effet sauf pour les deux premiers rangs qui ne voyaient que le tissu venant les assaillir...
Et au premier plan à droite, Pierre Bernon d'Ambrosio est installé avec des guitares et une contrebasse pour créer le discret et raffiné accompagnement musical.
Une pièce que j'aime – pas seule, je sais – une bonne représentation un peu inégale.
Et des trouées de lumière pour saluer mon retour.

6 commentaires:

Claudine a dit…

belle tempête, on en voudrait par ici

brigitte celerier a dit…

inviter la compagnie

Dominique Hasselmann a dit…

La vraie tempête a eu lieu à Montpellier...

annaj a dit…

terre et ciels en grisaille. parfois tout se rejoint

brigitte celerier a dit…

Anna, c'est cette sacrée lumière absente ou filtrée qui unifie (et met un peu de grisaille en moi)

brigitte celerier a dit…

Dominique,
pauvres d'eux (nous nous sommes contentés d'un petit orage en début de matinée, et de pluie installée aujourd'hui)