dimanche, octobre 16, 2016

Un adoucissement


une fois encore (la vie est faite de répétitions) prendre couffin, petit gilet matelassé, d'un joli gris pale, bon marché – acheté en attendant rendez-vous banquier - trop chaud et qui, comme il est trop grand – ne suis pas allée comme j'en ai pris l'habitude au rayon enfants de Monoprix- me transforme en tortue bossue et sans cou, enfilé vieux jean large et m'en aller sous un ciel au bleu amorti, où rode le souvenir du gris comme l'ébauche d'une brume..
charger modérément couffin – hors un kilo de bintjes qui redeviennent de saison – parce que j'avais la stabilité et la force d'un enfançon
et revenir en me régalant de la bigarrure des feuillages...
Renoncer à une ou des visites d'exposition, rester quiète dans l'antre, ne rien faire, ou pas grand chose, à part lire la dernière parution des éditions QazaQ, http://www.qazaq.fr/pages/lavis-de-pavlovchristine-jeanney/ un texte de Christine Jeanney, L'avis de Pavlov sous-titré un premier roman, en me disant que si premier roman il y avait, l'auteur y était déjà telle qu'on l'aime, avec une composition élaborée, sans que cela freine la lecture, avec la petite fantaisie légèrement ironique qui (le texte l'attribue au jeune homme dont il est question) est une pudeur, et cette finesse dans l'observation des sentiments et comportements.
«L'avis de Pavlov peut se lire très rapidement mais c'est une longue histoire.
Il est construit sur le modèle d'une poupée russe : un texte parle d'un roman, qui parle d'un jeune homme, qui parle d'une femme, qui parle d'un autre homme, qui parle d'un épouvantail de ferraille qui ne parle pas du tout, tout en racontant quelque chose.
L'avis de Pavlov expérimente – à l'exemple de Pavlov qui fit l'étude d'automatismes et de réflexes appris –, mais c'est sans doute bien moins probant. Les données sont tronquées. Dix ans après, le temps a modifié les paramètres. Le réflexe de vouloir apprendre, quant à lui, est resté. C'est résistant ces machins- là."
et bien sûr j'ai fini par réaliser – suis lente vous savez – que si premier roman il y avait c'était celui du jeune homme ou celui qui sollicitait le jeune homme, que c'était tout simplement le sujet, paré de tant de choses, et pensé, et imaginé, avec l'hésitation qui convient, et les plaisantes dérives qui s'imposent pour cacher la peur.
En tout cas c'est en effet très court, et aussi fort intelligent et tendre bien entendu

5 commentaires:

jeandler a dit…

Éphéméride : à chaque jour une feuille envolée.

Dominique Hasselmann a dit…

Je l'ai lu aussi et Christine Jeanney est là, telle que l'on a appris à la connaître, avec sa fantaisie et son imagination...

brigitte celerier a dit…

n'est ce pas (et comme je suppose qu'elle n'est pas étrangère à ce premier roman, cette jolie façon de dire ses sentiments)

Bonheur du Jour a dit…

Pas lu ce roman. Mais vous m'en donnez envie. Quant à "premier roman", je dirais peut-etre, premier roman publié ?
Bonne semaine.

brigitte celerier a dit…

justement non (quoique : peut-on parler de romans ?)