mardi, octobre 18, 2016

Recours

Encore une fois, matinée entre humidité stagnante, cataractes, accalmies

En accord, ou sans raison, une Brigetoun s'entêtant avés sa maladresse éternelle en petits travaux féminins, efforts misérables (mais louables, sourire) pour sortir de son aboulie. 
Le ciel s'est éclairci dans l'après midi sans amener grand changement dans mon tonus
et recours, avec petite grimace ironique, aux cosaques des frontières et à un portrait qu'ils ont publiés http://lescosaquesdesfrontieres.com
La persistante
La suivant dans la rue on la voyait petite, fragile... en se rapprochant mais pas aussi vite qu'on l'aurait pensé, car finalement elle marchait d'un bon petit pas, on se disait : non, pas si fragile, on admirait sa détermination, on la sentait petit bloc de volonté, un peu usée mais ne voulant pas le reconnaître...
Tête baissée, courbée vers sa destination, elle avançait. Et curieusement, discrètement, elle s'imposait à votre attention.
Il y avait la simplicité et le pragmatisme de sa tenue, le rouge pimpant du sac sans façon, presque un cartable,
il y avait un souvenir de désinvolture dans la main enfoncée dans une poche, accentuant le mouvement de la marche, même si, sans doute, c'était surtout un appui moral,
il y avait la grâce d'une cheville fine..
Quand on la rencontrait on était frappé par ce visage qui, chair et rides, s'effaçait, n'était plus que support pour les deux yeux un peu rouges, passés, usés, et pourtant si vifs au dessus de la grande fente fripée de la bouche. Et on si disait qu'elle avait dû être très belle. Il restait parfois dans ses gestes, ses attitudes le souvenir, un peu tordu, évanescent, d'une jeune femme gracieuse mais si naturellement réservée que certains la disaient altière.
Elle restait un peu en dehors de la conversation, on sentait parfois qu'elle s'en absentait, mais lorsque son attention revenait vers le groupe assemblé elle semblait surplomber un peu les échanges, sans peser, comme un témoin bienveillant, lucide et muet.
On était surpris, quand elle prenait la parole, par la raucité de sa voix faible, un peu essoufflée, comme venant de très loin, au lieu de la petite voix flutée que l'on attendait.
Et ses proches tentaient, faute de témoins survivants, de l'imaginer en son jeune temps que la légende disait avoir été assez agité, sans qu'on en sache davantage.
Ce qui explique leur déception soulagée lorsque l'on trouva, dans un coffre, son intarissable journal intime... et guère plus.

9 commentaires:

Claudine a dit…

beau portrait
l'eau menace-t-elle encore?

brigitte celerier a dit…

ciel n'a pas encore pris sa décision - j'espère que non, ça n'irait pas avec mon programme

chri a dit…

La persistante m'a fait penser à cette magnifique chanson de mon ami Romain Didier: Insolente et infidèle:


Tous les soirs c'est pareil, vers 4-5 heures du soir,
Elle a un brin de soleil à l'ouest, ça vient tard
Son vieux chat de gouttière joue dans un rai de lumière
C'est fou toute la poussière qui reste comme ça en l'air
Elle patine en silence sur un parquet qui grince
Ses nappes ont la patience des dentelles de province
Elle allume un brûleur au parfum de lilas
Pour retrouver l'odeur des fleurs qu'elle reçoit pas

{Refrain:}
Vous qui la voyez courbée
Comme un cep de vigne usé
Maladroite comme un gosse mal aimé,
Sachez qu'elle a été belle
Insolente et infidèle
Et qu'j'ai su des hommes pleurer pour elle

Tous les soirs c'est pareil, devant son téléphone
Elle se dit qu'elle est vieille et qu'il faut qu'elle pardonne
Quand il sonne par hasard, elle se force à sourire
Les nouvelles sont si rares qu'il faut pas les faire fuir
Et puis la nuit revient, comme un ennemi fidèle,
Glisser entre ses reins des rêves de demoiselle
Elle a tellement aimé qu'elle comprend pas toujours
Qu'y a guère que la télé pour lui parler d'amour

{au Refrain}

Sachez qu'elle a été belle
Insolente et infidèle
Et qu'j'ai su des hommes pleurer pour elle

Hue Lanlan a dit…

j'aime l'arrosoir en zinc qui recueille l'eau, et sans doute le journal de la dame en marche avec son sac rouge, je l'ai tout de suite reconnue !

Godart a dit…

La présence du sac rouge est comme la signature d'un passé pas si sage que cela. Oui, beau portrait.

brigitte celerier a dit…

merci à vous tous
et, oui Chri, dès belle chanson

Dominique Hasselmann a dit…

Parfois, vous préférez enfourcher le cheval des Cosaques que votre propre monture avignonnaise (qui s'en plaindrait ?) - mais on ne peut aller à l'Opéra tous les soirs !

brigitte celerier a dit…

l'orchestre, les crédits tant de la ville que de la région et mon tonus n'y suffiraient pas

Arlette A a dit…

Une vie ... et son chemin qui bifurque, elle y revient , et poursuit Persistante