jeudi, octobre 27, 2016

Recourir au diable bienveillant

petite allégresse sans raison en marchant dans ce matin gris sur gris,
sur feuilles fanées, poursuivre chocolats de bonne facture de boutiques dédaignées en boutiques fermées, trouver des palets provenant de cosses variées et revenir en léger vertige et écoeurement (le chocolat n'était pas en cause)
vaquer, lire, doucement, petites ondées sur la rose, laisser couler le jour en sentant danser en moi un petit le trac à l'idée de rencontrer un tout petit échantillon des neveux, nièces et enfants, demain soir...
et, en grimaçant un rien en repensant au dernier portrait envoyé aux cosaques des frontières – carcasse enserre un superbe vide ces jours –, recourir au diable bienveillant qu'ils ont publiés http://lescosaquesdesfrontieres.wordpress.com
Le «diable» bienveillant
Il n'était plus très jeune, à vrai dire il n'était pas vraiment vieux, il avait atteint ce moment où l'on n'a plus d'âge identifiable, et il n'était pas beau.
Il n'était pas beau, pas vraiment laid non plus.. on pouvait lui trouver l'espèce de beauté burinée que la vie donne, si elle a été assez intense.
Assez intense, mais pas trop, avec des plages de tranquillité méditative, qui lui auraient conféré une touche de sérénité, un peu de gentillesse, et puis il souriait.
Il souriait de toute sa bouche, des frisures de sa barbe, des plis qui se créaient sur son front, un peu moins de ses yeux.
Ses yeux s'écarquillaient dans le sourire, mais sans qu'une petite lueur de gaité, ou de douceur, de réelle bienveillance, vienne s'y promener... non ils gardaient une neutralité un peu morne, assez inquiétante.
Oui il pouvait être inquiétant, mais pas immédiatement, simplement un malaise s'installait peu à peu, sans que l'on sache exactement si cela venait de l'accueil qui lui était fait par l'un ou l'autre de ses interlocuteurs, ou de lui, de sa façon d'être présent, de s'engager dans les discussions, plaisanteries, rencontres, mais avec toujours une petite réserve.
Une petite réserve qui pouvait s'expliquer par le reste d'hostilité ou simplement de méfiance que lui manifestaient les plus anciens habitants du village.
Ce petit parfum de méfiance, ou même d'hostilité, qui revenait toujours, discrètement, tôt ou tard, et puis des petites phrases, même pas des ragots, de vagues allusions passant rapidement dans les conversations à son égard, et qui étaient tout de suite, ou presque, ou le plus souvent, combattus par ses tenants.
De vagues allusions à un passé, sans précision, à son arrivée, venu d'on ne savait où, à l'attitude de l'ancien maire, mort maintenant, qui savait forcément quelque chose, mais qui se taisait, à l'absence de parenté connue, au maigre courrier qu'il recevait, et qui était la plupart du temps administratif.
A quoi l'on répondait qu'il s'était très vite adapté, qu'il avait rapidement appris à connaître les habitants, leurs petits défauts et leurs qualités, leurs manies aussi, qu'il était serviable, sans être insistant, qu'il était devenu pièce importante du club de loisir, du comité des fêtes, mais sans s'imposer, lentement, en étant disponible, qu'il...
Oui justement, il était habile, peut-être un peu trop habile.
De quoi alimenter des conversations paresseuses quand on n'avait rien de mieux..
Alors forcément on passait outre, on le trouvait agréable, et au même titre qu'avec les autres anciens du village on souhaitait être accepté par lui.

Mais, tout de même, il y avait ses oreilles.. Au fond c'était peut-être juste ça, la gêne, ses oreilles.

6 commentaires:

Claudine a dit…

Bon voyage

brigitte celerier a dit…

merci, mais ne pars que demain après midi

Dominique Hasselmann a dit…

On vous entend...

brigitte celerier a dit…

VOUS m'entendez
merci

jeandler a dit…

La beauté du Diable....

Godart a dit…

Peut-être a-t'il entendu des choses qu'ils ne fallaient pas?