mercredi, octobre 19, 2016

Retrouver ciel et cloître (1)


La lumière nous était rendue ce matin, et un air tendre juste un peu éveillé par un vent léger.
J'en ai profité pour, dans l'après-midi, suivre la rue Joseph Vernet 
et aller au Cloître Saint Louis voir l'autre grosse exposition du Parcours de l'art pendant qu'il en était encore temps.
Contrairement à ce que je pensais je n'avais pas les salles pour moi seule. Suis tombée sur un groupe d'adolescents, presque post-adolescents, charmants et courtois, mais vivants, sans excès, mais juste assez pour que me sente un rien déplacée, qui entraient et sortaient de la salle du rez-de-chaussée, et dans les étages supérieurs ai rencontré des têtes connues, presque amies (le stade où on commence à dépasser le salut, et les échanges rapides sur le temps qu'il fait) et ne sais si c'est pour cela, timidité, gêne, distraction, mots à trouver, mais j'ai remarquablement loupé mes photos (surtout dans les étages, et surtout les oeuvres que j'ai préférées, pas forcément les plus intéressantes, ou chargées de sens, mais celles qui sensuellement me séduisaient) moyennant quoi j'en ai bien entendu fait trop, et même en sélectionnant les meilleures ou celles qui, mauvaises, sont témoignages, vais je pense fractionner en deux ou trois fois, parce que ne sais vous, mais moi, ça m'ennuie si me prend trop de temps ce soir. En outre, mon Mac joue les paresseux cabochards.. et des broutilles me réclament.
En rester peut-être au rez-de-chaussée, et, pour commencer, en rentrant dans la longue salle, alignées sur le mur côté galerie du cloître, aux grandes huiles sur toile de Thomas Bigot http://thomasbigot.net - on trouve sur son site ce qu'il appelle les structures ou réseaux neuro-sonore dont un exemplaire figure au premier étage,
et ces toiles procèdent du même fractionnement, du même réseau
Espaces éclatés, équilibre fragile entre une construction logique mais chaotique.. La structure est modelée d'une manière expansive, exponentielle.
Avancer l'oeil attiré par des jeunes filles assises au fond devant un tas d'objets non identifiables de loin et de petites lumières et trouver des valises, boites, panneaux, contenant, portant, les porcelaines lumineuses de Julie About Julie About http://juliabout.wixsite.com/ceramique
on les voit sans leur transfiguration par la lumière sur le site)
La porcelaine est devenue un matériau essentiel dans ma pratique.
Elle me permet d'être dans la matière, dans la fragilité.
C'est un matériau qui parle du vivant. Du présent.
Il a déclenché un questionnement sur le quotidien, le sens des objets qui nous entourent. Ce sont des objets usuels, mais ce n'est déjà plus cela (le fait est que sur le site il y a de fort belles tasses difficilement utilisables)
La réaction d'ensemble de mes jeunes co-visiteurs devant ces objets (généralement façonnés à la plaque, estampés, et déformés à l’outil. Porcelaine papier engobée, émaillage intérieur sur l’ouverture avec légers tressaillements) était un ensemble de fascination et de perplexité.
Et revenir en suivant le mur donnant sur la rue avec les oeuvres de Heeyun Kim http://heeyunkim.fr , soit après ces formes découpées,  
de grandes acryliques sur toile et des petites encres de chine sur papier (que j'ai aimées mais qui sont difficiles à photographier correctement)
Mes toiles représentent une scène à une certaine étape dans l’évolution destructrice de la mémoire. Les objets ont déjà perdu toutes leurs couleurs d’origine, leur intensité lumineuse. Ils commencent même à perdre leur volume, leur forme. Bien que certaines parties restent reconnaissables, d’autres le sont moins, tandis que d’autres encore ne le sont plus du tout. Comme si le noir avait rongé les visages, les objets éclairés.
Au bout de ce mur, à côté de la table des membres de l'association organisatrice, et sur le mur du fond,près de la porte sur la galerie du cloître, quatre oeuvres de Gianfranco Spada (Valencia)
.. Sa technique dédaigne tout académisme et son désir de disparaître en tant qu'auteur l'amène à utiliser les couleurs en aplat d'une manière qui peut sembler faite mécaniquement.
Une méticulosité sans virtuosité, qui ne laisse pas de place à la subjectivité de l'artiste qui pour ne pas «apparaître» ne signe même pas ses toiles.
Etemo Rojo 2005
et je resterai au bas de l'escalier, à côté des jeunes assis sur le muret des arcades du cloître.

9 commentaires:

Hue Lanlan a dit…

magnifique expo !

Claudine a dit…

Mmmmm me plaît beaucoup Spada. La franchise des ces couleurs miammiam

brigitte celerier a dit…

Cette année ça se partage entre noir et blanc et couleurs pétantes
peut-être pas un des plus grands crus à mes yeux mais quelques belles choses, et d'autres intéressantes

annaj a dit…

merci de cette sortie. la porte ouverte un instant sur de belles choses

brigitte celerier a dit…

en fait d'instant vais décourager mes derniers lecteurs avec deux autres billets, pantagruéliques eux,.. tant pis ça me sert de carnet de notes

jeandler a dit…

Pour conclure, une image de ces jeunes, en bas de l'escalier...

Godart a dit…

Mais de Pantagruel au Tiers livre, il n'y a qu'un pas rabelaisien à faire.

brigitte celerier a dit…

sourire

Marie-christine Grimard a dit…

Merci pour la visite de l'expo !