vendredi, décembre 02, 2016

Jour amélioré et un souvenir copié

carcasse prétendait me gâcher ma journée, ai renoncé à un trajet teinturier, suis restée dans mon cocon en la cocotant, et comme elle commençait à s'amadouer le facteur est venu l'orner de deux surprises, le numéro 1 de la belle revue La Piscine https://revuelapiscine.com (plaisir d'autant plus grand que j'avais oublié que je l'avais finalement commandée et me promettais de le faire dès que j'aurais ma nouvelle carte bleue) et, surprise plus grande encore puisque le délai qui m'avait été indiqué était au moins du double, une lettre annonçant l'arrivée à la banque de la dite nouvelle carte.
Ai déjeuné, fait un profond sieston pour finir de peaufiner ma forme, et m'en suis allée, si couverte – bien trop – que j'étais petite boule sur jambes, prendre possession de ce truc devenu quasi indispensable, dans les rues qui souriaient, de la splendeur nouvelle d'un arbre local à la parure d'un arbre importé.
J'ai commencé à mettre le nez dans la piscine, et pendant ce temps reprends une silhouette de naïade (oeuvre d'Anne Duval) et le portrait, publié il y a quelque temps par les cosaques des frontières http://lescosaquesdesfrontieres.com, qu'elle m'avait inspiré
Le souvenir
Elle était vieille de trop d'années.
Elle était forte, grande, impériale.
Elle était large, solennelle.
Elle était mesurée dans ses paroles, ses gestes.
Elle était l'autorité silencieuse.
Elle avait des douceurs accueillies comme des grâces.
Elle avait des sourires calmes et minces que chacun guettait.
Elle avait des silences, visage raide, qui étaient condamnations.
Elle avait de rares mots d'esprit qui étaient redoutés.
Elle ne disait pas je veux.
N'en avait pas besoin.
Elle ne disait pas je voudrais.
On supposait qu'elle n'en avait plus besoin.
Elle était l'ancêtre impérieuse, la survivante.
Mais elle mettait plus de malice que de causticité dans ses remarques.
Mais elle consolait ceux qu'elle avait rudoyés quand ils étaient seuls..
Mais elle avait le matin des yeux de jeune fille enthousiaste.
Mais elle laissait tomber légèrement ses épaules, le soir, et s'entourait d'une brume de rêve.
Mais il y avait, remisé dans un couloir, et cependant présent pour qui voulait le voir, ce portrait qu'en tordant un fil de fer il avait fait d'elle dans leurs jeunesses.
Nous nous en souvenions,
nous la regardions et écoutions avec un sourire intérieur,
nous allions notre chemin et nous lui pardonnions.


7 commentaires:

Claudine a dit…

Quel roux !
Luxe de l'indispensable superflu (carte)

brigitte celerier a dit…

devenu indispensable puisque : les chèques de plus en plus rarement acceptés par les boutiques - achats de livres ou autres sur internet impossible sans

Dominique Hasselmann a dit…

La Poste fait parfois son office... Les feuilles ne sont pas que de papier...

jeandler a dit…

Deux bienfaits sans prix
une journée éclairée
un roux éclatant

brigitte celerier a dit…

gardons là - surtout quand l'arrivage est comme celui-ci

brigitte celerier a dit…

oui Pierre une sortie presque allègre

Arlette A a dit…

Tout ça tout ça , mais le portrait encore relu est si poignant