mercredi, février 08, 2017

jour gris puis bleu et musique baroque

je sortais, ciel gris
cheminer visage frais
galets pierres roc
à la recherche d'un cadeau de baptême, boutiques rares et fermées (trop tôt), trouvé spiritualité tibétaine, ai passé chemin, suis revenue avec confiture de pomme au caramel pour moi, et le mot que ma mémoire déficiente cherchait, depuis les quatre ou cinq minutes passées devant le coeur d'un meeting de Macron : pentecôtisme (pour la foi sans besoin de contenu avec un leader, l'exaltation de la foule et la croyance en l'enrichissement des bons) et ma terreur instinctive devant ce genre de fonctionnement.
Le ciel m'a fait la grâce d'attendre une heure après mon retour pour se repeindre en bleu.

Regarder, lire, passer jour…
et m'en aller le soir, anticipant sans trop de craintes d'erreur mon plaisir,
vers l'opéra pour un concert baroque avec Patricia Petitbon et l'ensemble Amarillis
Et ma foi, j'avais raison de faire confiance, parce que compositeurs, interprètes et enjouement c'était un régal (encore augmenté du plaisir de mes voisins qui découvraient avec un peu de réticence, attirés par la chanteuse, le baroque)
Une première partie introduite par un extrait Le Chaos des Eléments de Jean-Féry Rebel (découverte agréable) et puis arrivée de Patricia Petitbon, vêtue, avec magnificence digne de l'époque; de soie vert et or à belles cassures, natte rousse, bouche très rouge et collier vert éblouissant, voix souple, spirituelle comme ses gestes et attitudes (chantant ou circulant entre les instrumentistes pendant les intermèdes musicaux - elle me fait penser comme style à Isabelle Huppert)  pour cinq airs de Médée de Marc-Antoine Charpentier, entrecoupés d'intermèdes du même opéra et de la tempête d'Alcyone de Marin Marais.
En l'absence de la soprano, l'entrainante et belle chacone de Sémélé du même Marin Marais... et puis son retour pour Jean-Marie Leclair avec des airs de deux opéras (jamais entendus en ce qui me concerne, et qui, un peu comme chez son quasi contemporain Rameau, marquent le tournant final du baroque) Circé et Scylla et Glaucus 
une moitié de cigare avec Corneille qui cette fois regardait dans le vide, et un repli rapide – le veston et la jupe de velours c'était un peu juste – pour piapiater avant la seconde partie consacrée à Rameau, un air tragique et splendide pour Castor et Paulus et Dardanus, et puis la comédie, fantaisie, Patricia Petitbon et Joël Grare (percussion) jouant la farce sans perdre un instant élégance et musique, avec une ariette des Fêtes de l'hymen et de l'amour puis de Rigodons, une entrée, un air «l'amant que j'adore...» et une musette en rondeau de Zaïs
avant de finir en gaieté et beauté avec une drôle, belle, etc.. exécution de l'Air de la Folie de Platée
applaudissements, saluts, Brigetoun se lève, met un bras dans son manteau.. et retour de la chanteuse pour une mélodieuse chanson d'amour de Michel Lambert.
J'étais bien contente... n'étais pas seule, et comme nous l'a dit Patricia Petitbon on en a bien besoin de ces moments de bonheur partagé...
Pas au programme mais avec mêmes interprètes, et baroque également, mais allemand, un air d'Alcina de Haendel

8 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…


Oui, Macron a sans doute raté sa carrière d'évangéliste.

Pour la chanteuse, très jolies robe verte et natte... L'opéra exige des couleurs (et non, comme pour les "modernes", des costumes noirs de chez YSL) !

brigitte celerier a dit…

des couleurs oui et surtout pour évoquer les princesses barbares ou sous-déesses (Médée et Circé)
vraiment un moment de bonheur hier soir, toujours bon à prendre, et puis très joyeux

Claudine a dit…

ah le baroque <3

Arlette A a dit…

Pentecotiste bien vu

mémoire du silence a dit…

Oui, je partage ce bonheur ici sur vos pages à défaut de l'avoir vécu "pour de vrai" comme disent les enfants ... merci

brigitte celerier a dit…

Arlette, en plus de mon refus de ce qu'il a fait au gouvernement, il me fout la trouille, lui et ses adeptes exaltés

jeandler a dit…

Recherche d'un poste de ténor solo mais l'orchestre vaudra-t-il l'excellent ensemble Amarillis ?
Patricia toujours au top.

brigitte celerier a dit…

tu es ténor ?