samedi, mars 11, 2017

Les ombres dans la ville et l'ombre à l'opéra

vent vif sans excès
lumière fouettée, ombres,
chemin des halles
jouissent les yeux et le goût
mais avec modération
et puis, le soir venu, mettre Le pantalon de dame sur des bottes fines, un petit pull noir, un blazer et un manteau ouvert et monter vers l'opéra pour écouter musique nouvelle.
En attente plutôt favorable, parce que presque découverte, parce que tiré d'une pièce de Copi, parce que livret de Lavelli en proximité du premier et qu'il a déjà monté cette pièce au théâtre dans sa traduction, parce que musique de Martin Matalon, dont il m'est arrivé d'entendre et apprécier des pièces de musique instrumentale.
Photo prélevée sur la page Facebook de l'opéra, comme la suivante
L'ombre de Venceslao, créé en octobre dernier à l'opéra de Rennes, co-production du Fonds de Création Lyrique et de onze opéras (dont neuf français), et en partenariat avec France 3 et France Musique
dirigé, à Avignon comme à Rennes par Ernest Martinez Izquierdo, et dans une distribution inchangée.
Les personnages de la pièce gravitent autour de Venceslao, chef de famille pauvre mais fier, sorte de Don Quichotte (tiens, lui c'est demain soir, enfin lui le Quichotte) entouré de ses proches et de ses animaux familiers. Tandis que China, la fille, part pour Buenos-Aires, l’errance du patriarche le conduira jusqu’aux mythiques chutes d’Iguazu.
Il y a beaucoup d’esprit baroque et picaresque, de grotesque et de nostalgie à la fois dans cette évocation de la très humide Mésopotamie argentine, cadre des scènes rurales, en contraste avec celles qui se déroulent à Buenos-Aires. Et puisqu’il sera question de tango, les bandonéons seront de la partie, bien entendu, mais pour mieux participer aux couleurs de la palette toujours extrêmement riche de Martin Matalon.
Un prologue impétueux et puis du chant et de la parole, une musique atonale collant à l'action, des bandonéons, du tango, un peu d'électronique, des personnages déglingués, un monde froutraque comme il se doit,
des êtres sensibles, attachés aux exigences primitives de la sexualité et des sentiments, projetés dans une éternelle errance et cherchant à atteindre le bonheur, une langue qui ne se refuse guère les mots qui ne se disent pas, des scènes courtes qui tourbillonent, de bons chanteurs et une jubilation (et en une heure et demi on a droit à deux actes, à des orages, trois ou quatre scènes d'amou – ce qui m'a valu, pour la première, le départ de deux badames chuchoteuses devant moi, béni soit Copi – un acouchement, trois morts, à un pauvre vieux cheval/humain, un singe non moins humain et à un perroquet)
et pour en donner une petite idée, deux vidéos


5 commentaires:

Schulthess Eric a dit…

"Le pantalon de dame sur des bottes fines", c'est superbe !

brigitte celerier a dit…

en réalité pas tellement (sourire)

jeandler a dit…

La saison débute, douces et belles soirées en perspective.

Dominique Hasselmann a dit…

Difficile de copier Copi, qui reste inclassable ! C'est bien qu'il vive toujours, notamment sur les planches...

brigitte celerier a dit…

et à part les deux badames devant moi la verdeur (de forte intensité) est passée très bien, comme la musique de Matalon (avec un peu de perplexité) qui ne sacrifie rien au charme évident... le public avignonnais se forme, j'espère que la coupure de deux ans (presque coupure, moi en tout cas je me vois mal aller à la Courtine près de la gare TGV...), le départ de Dufaut et l'air du temps n'interrompront pas le processus