mercredi, avril 05, 2017

Jour bleu et dans la nuit drame somptueux avec Verdi

Quand j'ouvre, tardivement, mes volets bleu, l'air fait bouger doucement mes pauvres plantes, et un pur azur règne au dessus de ma cour
moi j'éternue, et dans mon crâne c'est une lutte brouillonne
un début d'ébauche pour les cosaques, qui promet et puis adhère, coince...
et l'attente du soir, où négligeant le spectacle de la brochette de ces gens qui veulent nous sauver (la France ou le peuple, selon les cas)...
je suis montée vers l'opéra, pour Verdi – joie - et pour une histoire d'ambition, de pouvoir que connais bien, mais une oeuvre que n'ai, c'est ainsi, jamais entendue, Macbeth, dans une coproduction des opéras de Marseille et Avignon, dirigée ici par Alain Guingal, dans une mise en scène de Frédéric Bélier-Garcia, avec Juan Jesus Rodriguez dans le rôle de Macbeth, Alex Penda dans celui de Lady Macbeth (à Marseille c'était Csilla Boross) etc...

J'avais trouvé, le matin, ces deux photos jointes sur le compte Facebook de l'opéra (prises dimanche), et, dans l'après-midi, une vidéo de Lady Macbeth chantée par Alex Penda (notre Lady Macbeth de ce soir) avec l'orchestre de l'opéra de Sofia
et une de Juan Jesus Rodriguez chantant Macbeth en concert
mais les ai préférés ce soir (illusion du spectacle ?)
Et ce fut bonheur avec de l'ombre tragique et de la lumière, surtout dans les voix, des mouvements de micro-foules, avec la beauté tragique des choeurs et les explosions tendues des échanges entre les solistes, avec de bons et beaux chanteurs, les deux Macbeth (stature et fragilité superbement incarnées par Juan Jesus Rodriguez, une belle incarnation jeu et chant malgré peut-être un vibrato un peu excessif pour Alex Penda) et Banco : Adrian Sampetrian.
Bémols : trois entractes, et le décor assez laid, une salle de palais italien ou de musée un peu décrépit, qui curieusement est en place pour le premier tableau, ce qui pour créer une impression d'étrangeté et peut-être un peu de folie amène à faire figurer quelques hommes en bras de chemise et quelques nus fugitifs, alors que par la suite des éléments descendant des cintres et les éclairages modifient les ambiances et les lieux – présence aussi pour le banquet de fauteuils Louis XV et d'une bergère Louis XVI trop ou pas assez incongrus – et dans la musique du déjà grand Verdi, splendide, variée, on pourrait à mon humble avis couper le ballet au début du troisième acte qui n'est pas ce qu'il y a de meilleur et qui n'est plus indispensable pour exhiber les protégées des abonnés.
Pour le reste, un grand plaisir, et ces quelques phrases de Victor Hugo (dans son William Shakespeare) qui figure dans le programme : Dire Macbeth c'est l'ambition, c'est ne dire rien. Macbeth, c'est la faim. Quelle faim ? la faim du monstre toujours possible dans l'homme. Certaines âmes ont des dents. N'éveillez pas leur faim.

10 commentaires:

Claudine a dit…

cette fois vous l'avez salué votre ami Molière

Marie-christine Grimard a dit…

Merci pour ce beau moment musical qui aide à s'évader de la médiocrité ambiante !

Dominique Hasselmann a dit…

Je crois me souvenir qu'il y a un traître dans Macbeth... c'est donc une pièce politique d'actualité ?

brigitte celerier a dit…

Claudine, le salue presque chaque jour mon ami Jean-Baptiste mais je n'affiche pas trop nos relations (sourire)

brigitte celerier a dit…

oui, j'ai renoué avec le débat que pour entendre les derniers mots et apprendre que selon les téléspectateurs interrogés par Bfm, mon candidat Benoît Hamon était le moins convaincant sur tous les points - victime de ses qualités le bonhomme, je m'en moque, je tente le coup

brigitte celerier a dit…

Dominique, pas vraiment un traitre ou c'est Macbeth et il est plus que traitre, il est meurtrier et usurpateur, c'est par contre une histoire de pouvoir et de mal

Arlette A a dit…

Tout se relie sous d'autres éclairages, impossible de ne pas y penser Ravie pour toi à la lecture de ton billet

jeandler a dit…

Là encore il fallait choisir, le débat ou l'opéra.
Ton choix était le bon.

brigitte celerier a dit…

et découvert un nouveau Verdi préféré (enfin presque)

brigitte celerier a dit…

ceci dit pense que ne vais pas résister au désir de me faire du mal (puisque la discrétion et l'honnêteté de mon élu personnel sont soulignées et traduites en : effacé, perdant, enfoncé) en le regardant en replay le débat... m'en moque je ne changerai pas (par que pour le bonhomme, surtout pour la philosophie générale et pas mal de points de son programme)