mercredi, mai 03, 2017

Dans cet entre deux gris revenir à Montmajour

Avignon ce matin montrait aux touristes encapuchonnés un visage morne et gris, et seules les boutiques mettaient notes de couleur,
avec plus ou moins de goût.
Un coup de téléphone du propriétaire me prévient qu'à partir de 8 heures demain matin des ouvriers et matériaux passeront par l'antre pour installer un échafaudage dans la cour, et ouvrir dans le mur du fond une ouverte en principe trop haut pour avoir vue... ai accepté (bien obligée) avec sourire dans la voix, ne prépare rien pour atténuer les dégâts prévisibles et me résous à ne pas vivre naturellement...
Ai plaisanté, ne sens pas mon moral s'améliorer..

Le bleu est revenu, bien franc, mais n'avais ni envie ni raison de sortir, et me suis replongée dans les photos, mes souvenirs (appuyés sur la petite plaquette des éditions du patrimoine, lue le soir à l'hôtel) restes de ma déambulation à travers Montmajour... sa naissance autour du cimetière rupestre du 9ème siècle et des suivants, acquis en 949, par un échange avec l'archevêque d'Arles par Teucinde, soeur du prévôt du chapitre, et donné par elle aux religieux qui s'étaient regroupés sur le rocher, le très modeste mont majeur émergeant comme une île cernée par les eaux mortes (devenues plus tard terre riche), successeurs des anachorètes, organisés sous la règle de Saint Benoît.. les donations de Conrad le Pacifique, roi de Bourgogne-Provence, des comtes d'Arles, plus tard des comtes de Provence qui s'y firent enterrer, la richesse foncière, les possessions et les prieurés nombreux autour d'Arles et Avignon, parsemés de Vienne à Fréjus et Vintimille, Grenoble, Sisteron, Gap etc... la puissance de l'abbé, seigneur du Castelet.. et puis la décadence, la mise en commandite avant l'arrivée, à la demande de l'archevêque d'Arles, de la congrégation de Saint Maur, leur reprise en main rendue difficile par la résistance des quelques anciens moines, qui ne quittèrent les lieux, pourvus de pension, qu'après les avoir ravagés, par les fièvres, l'hostilité du clergé arlésien etc... et leur début de réussite, la construction d'un nouveau monastère, appuyé sur une galerie du cloître, par Pierre Mignard, l'incendie, la reprise du chantier par un autre architecte avignonnais,Jean-Baptiste Franque - je vais à brides abattues - les difficultés persistantes et la sécularisation de l'abbaye en 1786, juste avant la révolution, la vente (biens nationaux) et l'achat de l'ensemble en 1791 par Elisabeth Roux-Chatelard qui, insolvable, s'empressa de dépouiller le monastère mauriste de ses charpentes, toitures, boiseries, rampes, cheminées et pierres, les rachats successifs et l'arrêt des destructions en 1795... et, si vous n'êtes pas dissuadés par cette galopade, je pose ici la vidéo bricolée cet après-midi...
et nous sommes repartis,

pris l'autoroute, gagné Montpellier, une rue-route bordée de lilas blanc et la recherche d'un endroit où stationner près de la gare.

10 commentaires:

chri a dit…

Merci à vous pour la visite de cet endroit si "marquant"...

Dominique Hasselmann a dit…

Vous êtes devenue une spécialiste des vidéos avec zoom avant et arrière sur les photos... Merci pour ces images !

brigitte celerier a dit…

spécialiste de rien du tout... c'est la machine qui décide, pas capable de sortir du fonctionnement de base...
les photos : hum, la difficulté de photographier pierres blanches sur pierres blanches, et lumière filtrée donc flou

Claudine a dit…

belles pierres en vidéo. Etonnant toute cette lumière avec si peu de fenêtres

jeandler a dit…

Des tentations en couleurs.
Merci et bonne route.

brigitte celerier a dit…

suis rentrée depuis longtemps et cloîtrée là aujourd'hui (mais pas aussi bellement)

brigitte celerier a dit…

Claudine, oui et lumière qui mange les formes sur les photos

Godart a dit…

Et toujours ce souci de partager les belles choses et les bons moments.

brigitte celerier a dit…

façon de les prolonger

Anonyme a dit…

Oui merci pour ces partages, j'aime bien votre réponse à Godart :-)

Bonne, douce soirée Brigetoun et bon vote...

Flore de lozère