mercredi, mai 03, 2017

mur qu'on perce et cosaques

attente, arrivée de trois responsables, le mur sera percé assez bas (pas d'échafaudage) mais pour une fenêtre haut située dans la maison voisine et avec une vitre opaque...
être là, plantes souffreteuses entassées dégageant place pour les chutes de pierre, afin de permettre allers et venues des ouvriers venant vérifier, puis nettoyer
être là dans le bruit de la perceuse (ici très atténué) et, de temps en temps, du choc des gravats et débris sur le sol, regarder le garçon qui tente d'éviter que les grosses pierres se brisent hors des endroits désirés, me dire n'ai plus d'outil et résister à l'envie de prendre un gros débris pour en tirer quelque chose... me sentir un peu plus sotte quand le bruit se prolonge, servir de portière, goûter nos gentillesses réciproques, veiller à ne pas trop m'intéresser au chantier, mais tout de même, respirer poussière, avoir froid, un peu beaucoup... et en revenir pour paumée aux cosaques des frontières http://lescosaquesdesfrontieres.com
Je vous souris
Je vous souris, je fais le gracieux,
et d'ailleurs ne trouvez-vous pas que je le suis, différent, bien sûr, c'est mon emploi, mais surtout gracieux...
J'ai la cuisse avantageuse, bien moulée dans ce costume, n'ai pas besoin de la cacher sous vos pantalons mornes... ni sous mes pantalons habituels, surtout eux, qui ne sont pas d'aussi bonne coupe et d'aussi souple et noble lainage que les vôtres, mais ça vous n'avez pas à le savoir, juste peut-être à le deviner.
J'ai la taille forte, mais pas trop, des épaules juste assez larges, je ne joue pas les malabars, gracieux je suis, vous le rappelle, et souple, même mon petit estomac est assez discret pour dire jouissance désirée et médiocrement accessible.
Et puis je suis de couleurs gaies, d'oeil que l'ombre du bicorne rend brillant et surtout je souris, largement.
Un sourire large, complice, presque comme un plaidoyer, et un accessoire indispensable à ma personnalité, mais qui vous demande de négliger, si vous l'avez noté, qu'il est large mais fort mince.
Comme l'éclat de mes yeux vient surtout de l'ombre qui les abrite et leur donne une lumière qui est surtout contraste.
Parce que si je me tais le plus souvent, si je ne me manifeste que par des lazzi, et quelques insolences soigneusement calibrées pour vous chatouiller sans vous faire réagir, ma légèreté d'esprit, ma petite extravagance affichée et humiliée, sont peut-être - vous le soupçonnez un peu, mais sans vous y attarder - la convention qui nous lie ne vous y autorise pas - un leurre.
Et, en plaisantant, et même en attaquant parfois avec prudence, vous désarmant par le rire et s'il le faut un petit bond en arrière et un salut, je vous regarde, mes yeux inexpressifs sont un scalpel qui vous fouille – et d'ailleurs devant mon peu d'importance vous ne vous masquez guère.
Tant vous connais, tant le pense, que silencieusement vous juge, et suis ainsi, au delà de petits désagréments passagers - ou moins - que j'accepte puisque le monde est ainsi fait, inatteignable.
Sur un dessin d'un grand-oncle Charvet

10 commentaires:

Claudine a dit…

Courage pour les prochains jours

Marie-christine Grimard a dit…

Navrée pour le bruit, la poussière et tous les désagréments à suivre...

brigitte celerier a dit…

j'espère qu'il ne va pas pleuvoir aujourd'hui et qu'ils pourront finir
vais avoir besoin de sortir au moins demain (teinturier et halles) et je ne peux pas : il n'y a qu'une clé et il faut que je sois là pour leurs allers et venues (et pas trop confiance en eux pour penser à ne pas partir en me laissant dehors - sourire)

Dominique Hasselmann a dit…

Une sorte de mur de Berlin personnel... De l'"autre côté, la liberté ?

brigitte celerier a dit…

Dominique une liberté propriété privée à laquelle n'aurai pas accès (sans doute salle de bains, en haut du mur de la pièce, ce qui évitera les regards chez moi, moi je n'ai droit qu'à la poussière, les gravats et à rester là pendant deux jours sans pouvoir sortir (enfin vais essayer de m'entendre avec mes deux amis, très sympathiques...)

Arlette A a dit…

Et un petit café. .peut-être et deux cookies c'est ainsi que les murs de tracas tombent aussi Pensées

chri a dit…

Ma compassion pour le bruit et les désagréments d'un évènement qui ne vous profitera même pas.

brigitte celerier a dit…

si la vue depuis la fenêtre est occultée ça ira.... et là maintenant passent par le trou.. j'ai eu de la chance deux gars aimables et discrets

Godart a dit…

Légèreté et malice d'arlequin. Comme vous, préfère les murs qui murmurent.

Christine Simon a dit…

si c'est occultant, ouf