mercredi, mai 17, 2017

les douceurs à cueillir

matin, Avignon, comme un peu partout en France, si j'ai bien compris, recevait avec gratitude les prémices de l'été
vivait doucement, tranquillement, le creux de la matinée, s'activait dans le creux des habitudes, et mettait un sourire et de la bienveillance sur nos humeurs.
Pris un peu trop de soleil, lisant contre le mur de la cour, vers une heure, en ai tiré migraine légère, vague langueur et nonchalante indifférence, avec juste des petites incursions retrouvailles ou découvertes en feuilletant, entre deux recherches de nouvelles (il faut que l'habitude se détache), GEnove ville épuisée de Benoît Vincent, l'un des deux livres arrivés en fin de matinée.
Le soir approchant, ai mis une de mes robes préférées de l'été dernier, le trois quart de coton bleu que je traîne partout, des sandales et suis montée, avec une curiosité bénévolente, vers l'opéra et Anna Bolena pour gommer encore un peu mon ignorance autrefois volontairement décidée (quand plus de choix j'avais) de l'opéra de la fin du 19ème, dans une production de notre opéra, dirigée par Samuel Jean,
deux photos de Cédric Lestrade/ACM STUDIO, captées sur la page Facebook de l'opéra (la première avait eu lieu dimanche)
avec un décor simple, qui s'efface devant la musique (grandes images projetés, et uniquement un trône, qui devient à la fin l'escalier vers l'échafaud, et un lit), d'Eric Wonder, des costumes de Kaspar Glarner en accords de tons agréables et sans originalité, et une mise en scène de Marie-Louise Bischofberger (qui insiste sur la relation entre la reine en titre et sa future remplaçante, jusqu'à évoquer par un baiser d'amitié, de pardon ou de mort leur union) – éléments qui concourent à un très grand plaisir visuel qui m'a aidé, avec une musique que trouve plus souple, plus variée, aboutie que je ne m'y attendais, à goûter le plus souvent (de formidables moments) pour la première fois un opéra de Donizzetti.
Une bonne distribution, surtout pour les deux rôles de femme (les trois avec la jeune Ahlima Mahmdi qui joue Smeton le Chérubin d'Anna) même s'il m'a fallu le premier tableau pour les apprécier (trouvé au premier abord les voix un peu métalliques, manquant de chair)
Pour Anna Bolena : Irina Lungu (la robe rouge) jolie silhouette, jolie voix puissante et nuancée, vibrato sans excès, et belle incarnation du rôle - pour Giovana Seymour : Ketevan Kemoklidze, (un peu moins séduite par sa voix) passant de l'ambition insouciante et souriante au bouleversement devant la mort de son amie-rivale.
Henry VIII est Carlo Colombara, basse, que j'ai moins goûté (mais il semblerait qu'il soit souffrant) et Percy est Ismaël Jordi, joli timbre (déjà entendu dans Maria Stuarda) et rôle exaspérant, ce qu'on ne saurait lui reprocher...
Les choeurs étaient une fois encore fort bons, et puis il y avait, rôles muets, la dame en bleue et la petite fille en rose qui passaient dans presque tous les tableaux, assorties aux retours du petit thème léger.

Je voulais aimer, n'y ai pas eu trop de mal, un peu courbatue tout de même et c'est satisfaite et pressée de retrouver l'antre, un verre d'eau et un cigare, que j'ai suivi l'ordre que me donnait le pied de l'ami Molière.

3 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Le blond des bâtiments est comme un champ de blé urbain.
Donizetti : jamais vu mais sans doute très bien...

brigitte celerier a dit…

le fait est que je me demande si la vue (et l'envie d'aimer) n'ont pas joué pour commencer à me convaincre de goûter sa musique (quoique non, rehaussaient) malgré ma méfiance devant le bel canto

Christine Simon a dit…

ah, super