vendredi, juin 30, 2017

trois jours et un triptyque

mardi extérieur
dans la lumière douce
la brume en moi
lendemain le ciel
en caprices et l'air frais
me voulais sage
la brève jubilation
de ne pas l'avoir été
et puis finir de mettre des mots (trop, tenter de limer avec plus ou moins de justesse) sur les trois personnages qui se dessinaient depuis la vidéo https://youtu.be/Qt7YYJboZrs et le billet de François Bon http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4423 donnant consignes pour le second volet de l'atelier d'été du tiers.livre
ce qui a donné ceci (lire, c'est forcément plus brefs ces triptyques, les premiers – onze ce jeudi matin – les envois sur http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4422

La voix enregistrée annonce la station où selon le chauffeur du bus je dois descendre. La nuque sous chignon croulant de la femme assise juste un peu devant moi se dresse, elle pivote sur son siège, ses jambes sont de grosses gourdes violacées, mes yeux imaginent leur douleur, font honte à ma crispation panique. Je suis ses trois pas trébuchant vers la porte en tentant un sourire qui laisse insensible la sérénité de son beau visage nu, mon regard guette l'arrêt, parallèle à son attente lasse.

Nous descendons presque sur les pieds d'un homme assis sur un banc abrité sous un micocoulier, un complet usé porté avec une dignité qui parle des Aurès et ce visage d'ancien, sec et doux, humble et fier, qui me donne envie, malgré mon âge, de l'appeler oncle avec déférence, des yeux où dort une lumière, venue peut-être du livre auquel il retourne, un livre de poche, quel ?, pour user les heures ou un peu plus.

Avance vite vers mon rendez-vous, en suivant trois croupes, trois crinières et trois rires, avec l'effarement de ma génération devant la joyeuse arrogance des deux fesses chaloupant gaiment dans un minuscule short découvrant les fortes cuisses de celle qui monopolise la parole. En les dépassant, attendrissement dans la vision furtive des traces d'enfance du visage et le petit animal que je crois deviner derrière les yeux très fardés.
Et puis, l'appareil un rien trop cher, un rien trop important pour mes poches et mon fond de sac, et nettement trop compliqué pour moi (vais devoir être scolaire et appliquée) ayant une batterie bien chargée faire quelques tentatives...
Petits orages venant et repartant, dix degrés perdus et une nuit délicieusement fraîche
Jeudi retour au j'aime pas Brigetoun et tranquillement

vaquer dans l'antre, céder un peu à la somnolence, jouir des passages de lumière sans chaleur agressive, laisser l'esprit papillonner, lire, relire au grès de ma fantaisie, en piochant dans les tas de livres, revenir encombrer internet.

8 commentaires:

Claudine a dit…

Les photos sont belles.
Je crois voir ma cadette dans votre portrait.

Marie-christine Grimard a dit…

Belles promesses de clichés et recommencement !

Dominique Hasselmann a dit…

L'absence n'aura pas duré longtemps et vous aurez changé d'appareil photo : tout va bien !

brigitte celerier a dit…

Claudine, Marie Christine merci pour votre fidélité

Dominique merci et pour le reste je croise les doigts (et vais essayer que l'appareil et moi nous nous apprivoisions)

jeandler a dit…

Fort bien, vous vous apprivoisâtes.

brigitte celerier a dit…

Pierre, à peine.. j'ai commencé à lire les explications sur le site d'informations de Sony hier soir... et vas mettre du temps à assimiler les réglages possibles, comme à trouver comment le balader avec moi sans gêne

Arlette A a dit…

C'est toujours un moment difficile un nouvel ami et puis les automatismes reviennent va à l'essentiel les notices offrent trop de possibilités inutiles

brigitte celerier a dit…

Arlette e ne suis que trop persuadée de ça !