mardi, juillet 25, 2017

Avignon – festival – jour 19 – danse – the great tamer et Kalakuta Republik

Sur mon chemin à marche précipitée vers le pharmacien plus aucune trace du festival... un peu davantage au retour (suis tombée sur un jeune garçon charmant mais pas très au fait, les gens avaient eu le temps de se réveiller)
Déjeuner rapide, persuader carcasse qui, plus elle se repose, plus elle prend de poids, plus elle hésite..  qu'elle est pleine de force, légèreté et tout et tout
et partir vers le premier des deux spectacles de danse de la journée (Grèce dans la rudesse de la Fabrica avant Burkina mâtiné Bruxelles dans le charme des Célestins)
M'en aller comme peux (attendre le bus en cherchant l'ombre, et zut j'ai perdu à nouveau l'obturateur dimanche et taché l'objectif)
et voir les nuages et penser au soir, et sentir vent bien fouettant et penser : la clim tout à l'heure va être moins pénible – et elle l'était tout de même, alors rester au bout de mon rang en proclamant mon désir de descendre dès que les cinq minutes fatidiques avant le spectacle seront là, et six minutes avant être conduite au premier rang, hors atteinte clim, par un tee-shirt rouge (nos anges-gardiens)
et m'installer pour voir The great Tamer de Dimitris Papaioannou, bien blottie dans mon fauteuil (un peu trop, aurai quatre très brèves absences, avec yeux qui se ferment presque et ne sont plus fixés sur le point adéquat, et nuque qui commence à ployer – il est temps que le festival finisse, mais là ça valait la peine) face à un plateau bombé, irrégulier constitué de quelque chose comme des grandes tôles rectangulaires de tailles différentes se chevauchant
Les intentions selon le programme sur le site (d'où proviennent les photos de Julian Mommert
Dimitris Papaioannou (formé aux beaux-arts, conçoit ces spectacles à travers le dessin) n'hésite pas à défier ses performeurs à trouver leurs équilibres et points de projection sur un plateau gonflé qui n'a de cesse de se déconstruire, se boursoufler, absorber voire rejeter. À partir de cette métaphore de l'homme en recherche, la pièce se lit comme une épopée, sensorielle et primitive. « Il s'agit de creuser et d'enterrer, puis de révéler. Il s'agit de parler de l'identité, du passé, de l'héritage et de l'intériorité. » …. Entre légèreté et tragédie, au sein d'un univers plastique qui rend hommage aux plus grands peintres européens – Botticelli, Raphaël, El Greco, Rembrandt, Magritte, Kounellis –, Dimitris Papaioannou met la barre haut et demande à chacun d'« épuiser sa vie » et de donner tout ce qui est à donner avant de quitter ce monde. La quête de la beauté et de la grâce n'est alors ni reposante ni contemplative.
Et une Brigetoun heureuse malgré les absences citées plus haut, malgré les tempes douloureuses, hésitant à attendre le bus, devant le ciel fouetté qui lui redonne de l'espoir pour le soir, 
et puis rentrant à pied, louvoyant dans les petites rafales et se demandant comment diable en parler (outre un détail pas si futile, le plaisir des tableaux qui fugitivement sont passés comme un souvenir).
Et voilà que rentrée, trouvant un billet d'Arnaud Maisetti http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article1973 , venu et reparti de notre bonne ville, pendant que cuisent patates, que crâne cherche à retrouver fonctionnement moins paniqué que dans la petite foule de la rue de la République, et que je m'apprête à me tirer quelques mots, je suis un lien antérieur vers L'Insensé auquel il collabore, curieuse de voir s'il y a une critique ou des impressions sur Bestie di Scena d'Emma Dante, en trouvant une louangeuse ou mieux de Yannick Buttel http://insense-scenes.net/spip.php?article558 et puis pour retarder encore le moment de parler de the great tamer descendant dans la liste des spectacles qu'ils ont vus et trouvant de Chloé Larmet
Sur le chemin du retour de The Great Tamer de Dimitris Papaioannou, on se dit qu’il ne faudrait pas écrire. Parce que les mots ne peuvent pas rendre compte de la beauté fragile de ce monde à rêver qu’il nous offre et nous fait partager pendant presque deux heures. Parce que tenter de circonscrire par les mots une émotion esthétique est une entreprise perdue d’avance... se sentir réconfortée, et puisque sont bien plus intelligents que moi, en reste au lien http://insense-scenes.net/spip.php?article556
Essayer de remettre carcasse en bon fonctionnement... y arriver peu ou prou, pour l'envie elle est là sans difficulté et m'en aller vers neuf heures, dans de fortes rafales de vent (une veste sur e bras qui, pour une fois servira pour la seconde partie du spectacle et le retour) armée d'un sourire cueilli en profondeur...

rejoindre les Corps Saints, le Cloître des Cordeliers, 
de la danse encore, mais autre, avec Kalakuta Republik de Serge Aimé Coulibaly et sa compagnie (né à Bobo-Dioulasso, formé par Amadou Bourou – succès comme danser et chorégraphe puis l'Europe, Lille, Nantes et enfin Bruxelles, fonde la compagnie Faso Danse Théâtre) rappelant (sans citer sa musique) Fela Kuti, 
la vie sulfureuse du musicien et chanteur nigérian, artiste engagé qui, d'une scène-tribune, a dénoncé avec rage la corruption du pouvoir, le sexisme, les inégalités et les multinationales. Kalakuta Republic est le nom qu'il avait donné à sa résidence, située dans la banlieue de Lagos. Un lieu qu'il considérait comme une république indépendante. Porte-voix de la contre-culture en Afrique de l'Ouest, Fela Kuti et sa personnalité, son engagement, ses révoltes et son afrobeat révolutionnaire sont au coeur de l'inspiration de ce spectacle qui revient sur l'immense désir de liberté de la jeunesse burkinabé aujourd'hui.. ni une biographie de Fela Kuti ni un spectacle musical avec l'oeuvre du musicien (ou réinterprétée par Yvan Talbot auteur de la musique de l'ensemble). C'est une recherche sur l'engagement artistique et la position d'artistes engagés dans notre société actuelle. (je reste toujours aussi paresseuse... texte copié sur le site du festival d'où viennent les photos de Christophe Raynaud de Lage .
Une première partie en noir et blanc (enfin sauf les couleurs des costumes) avec des vidéos, assez peu lisibles et qui ne veulent pas l'être, projetées au rythme de la musique sur les arcades centrales, le monde d'aujourd'hui, la peur, la violence et uniquement de la danse, pleine d'énergie violente...
quelques minutes pour installer un semblant de cabaret en plein air, qui sera bouleversé, des fumigènes naissant au bas d'un platane, des lumières colorées violentes qui raconte un peu la laideur du monde parce que nous sommes dans un lieu de décadence. Mais la couleur pour dire que les situations de guerre sont aussi porteuses d'espoir et là la danse, toujours violente, mais comme des défis, défis aussi d'une danseuse qui vient fixer le public, et discours de colère et d'ironie...

Et un public ovationnant debout...
Echanges joyeux sous la paix des voutes qui en ont entendu d'autres (ai oublié de dire que les chers platanes étaient en pleine forme dans les trous de la musique) et sortie dans le reste de vie des Corps Saints, retour dans l'allégresse de l'air frais.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Olá , claro isto parte de escrita é realmente boa
e aprendi muitas coisas de sobre blogging. Obrigado.

Claudine a dit…

Et la touche floue sur les photos donne un petit air gai et improvisé à cette journée venteuse

Anonyme a dit…

Você na verdade faz parecer tão fácil com a sua apresentação, mas
eu acho isso tópico ser na verdade algo que eu acho que eu nunca entenderia.

Parece-me demasiado complicado e extremamente amplo para mim.
Eu sou ansioso pelo seu próximo post, I'll tentar pegar o jeito!