lundi, août 21, 2017

Agnès B au premier étage

Ce dimanche matin préparer mon grand couffin, et puis l'humeur n'y étant pas et une petite patate qui se cachait refaisant surface, changer d'idée malgré le ciel qui se décidait pour un bleu profond légèrement venté, découper un peu de morue dans le reste de ma provision et la mettre à dessaler, ménage un peu soutenu et tri quasi définitif de la masse de photo restante...
cueillir le soleil qui voulait bien descendre jusqu'à ma peau... céder à carcasse qui réclamait une fuite dans l'écrasement de la sieste, m'installer devant les photos à peu près correctes, les identifier, décider d'ignorer ce que n'avait pas retenu, soit par manque d'intérêt à tort ou à raison, soit par impossibilité d'en tirer une image à peu près potable (pour avoir idée à peu près ordonnée de ce que j'ai vu https://inferno-magazine.com/2017/07/08/collection-lambert-4-expositions-pour-feter-avignon/ et http://www.collectionlambert.fr/7/expositions/en-cours.html)... et comme des 400 photos réunies de la collection d'Agnès B il en restait encore beaucoup, en rester aux salles du premier étage, avec quelques ellipses, en faisant recherches brèves sur internet pour les artistes, nombreux, que dans mon ignorance grande je n'avais encore jamais rencontrés (ce qui à vrai dire a été fort long, surtout au début, je me promenais plus que ne vais le dire) et en me gendarmant contre crâne qui voulait trouver une idée de départ pour l'atelier de François Bon (le 5 – fantôme de soi en écrivain, qui se dresse comme un bloc étranger un rien désorientant)
en venir au plaisir de l'entrée en Agnès B par la facette Afrique qui occupe les deux salles donnant sur le boulevard, d'abord la grande galerie, qui ayant pour une fois retrouvé la blancheur des murs et pleine de lumière semblait immense
avec, contre la paroi à côtoyant de la porte franchie, l'un des deux grands panneaux de Cheri Samba (voyage clandestin le plus petit, l'autre combinant plusieurs éléments pour dire les politiques) lui ce n'était pas une découverte, enfin pas tout à fait découverte totale (mais si avais du temps et si vous le désirez, pour l'entendre, pour découvrir un peu de son oeuvre récente, une revendication de sa propre image avec un peu de piment http://afrique.lepoint.fr/culture/art-contemporain-cheri-samba-je-suis-universel-10-05-2017-2126225_2256.php ou pour son ambition de témoignage politique et spécialement contre les enfants soldats https://youtu.be/AUb1_2sFrJQ)
et puis, installée dans la petite avancée arrondie au centre de la façade pour la rythmer, dans la lumière qui obligeait, pour jouir des couleurs de ses tours/réclames à tourner le dos aux fenêtres, Medicament City de Bodys Isek Kingelez (Congo) https://fr.wikipedia.org/wiki/Bodys_Isek_Kingelez
bon faut que j'accélère, mais plaisir de la beauté des jeunes citadins (et du traitement du noir et blanc) des photos de Malick Sidibé http://abonnes.lemonde.fr/afrique/article/2016/04/15/disparition-du-photographe-malien-malick-sidibe_4902648_3212.html
et l'émotion venue je ne savais d'où (n'avais pas lu le cartouche et encore moins lu ce qui suit, qui n'a d'ailleurs sans doute aucun rapport) devant le petit tableau, isolé, d'Amadou Sanogo (malien comme le précédent) embrasser le diable, peintre que ne connaissais pas, dont je découvre https://fr.wikipedia.org/wiki/Amadou_Haya_Sanogo qu'il était militaire et putschiste contre Amadou Toumani Touré,... pour la suite https://youtu.be/ld3L1nZDseY http://www.depechesdumali.com/toutes-les-depeches/3949-mali-la-destin-funeste-d-amadou-haya-sanogo.html (bon j'ai passé beaucoup de temps avec lui, plus encore que montré, n'êtes pas obligés d'en faire autant... je me souvenais pas de son nom, avait suivi cela avec le mélange d'intérêt et de distraction de la française moyenne)
sur deux tables parallèles dans la seconde partie de la galerie, les petites vignettes de l'hommage aux femmes du monde - m'ont retenue un long moment (même si j'ai finalement écourté) comme un jeu de patience savoureux et énervant - de Frédéric Bruly Bouabré (Côte d'Ivoire) créateur d'un syllabaire pour transcrire les contes bétés (son peuple) https://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A9d%C3%A9ric_Bruly_Bouabr%C3%A9
et sur le panneau entre les deux portes donnant sur la seconde salle un superbe portrait d'homme du sans doute plus célèbre photographe africain Seydou Keita http://www.seydoukeitaphotographer.com/fr/#2 (Mali de nouveau)
en entrant dans cette seconde pièce le petit choc de l'ensemble des sculptures (est-ce un dérivé gigantesque des cimiers ?) en bois et épines de porc-épic (pour interdire l'accès au coeur de la sculpture) de John Goba (Sierra Leone, une pensée en passant) http://www.magnin-a.com/fr/artistes/presentation/68/john-goba
et parmi les petits tableaux occupant deux murs de la salle pauvre homme de Pascale Marthine Tayou (Cameroun) – son beau blog http://www.pascalemarthinetayou.com/
avec ce poème en introduction
Le Taudisme parce que rien n'est impossible,
La Taudisme juste pour jouer avec toi...
Si le pouvoir ne peut servir à aimer les Hommes pourquoi donc le conquérir ?
Je t'aime tout simplement.
et la toute petite aquarelle de Barthélémy Toguo (Cameroun et Paris) https://fr.wikipedia.org/wiki/Barth%C3%A9l%C3%A9my_Toguo ou pour voir des oeuvres http://www.galerie-lelong.com/fr/oeuvres-barth-l-my-toguo-268-p1.html
avec, pour quitter l'Afrique, sur le mur du fond, super sap de Pierre Bodo (Congolais comme le disent ces tableaux, et pasteur) http://www.angalia-arts.com/Pierre-Bodo_a25.html
Suis vraiment très longue, alors je me dis devant le petit panneau sur aluminium To be tiled de Gordon Douglas (nous entrons en territoire plus connu) dans le couloir qui mène aux salles donnant sur la cour, que vais avancer à très grands pas, qu'importe l'importance ou le prestige de certains des artistes
avec la première grand salle, consacrée à l'adolescence, les grandes et belles photos au sujet desquelles je n'ai rien noté et devant lesquelles ne me suis guère attardée même si certaines le méritaient parce que voulais couper un début de dialogue non franchement désiré et me faisais évasive et distraite
comme c'était simple politesse et désir d'urbanité ça n'a pas duré, et suis restée plus longtemps devant les autres oeuvres de la salle comme ce petit panneau des mangeurs de Claire Tabouret (en rencontrerai un autre un peu plus loin) de Pertuis (on se rapproche nettement) http://www.clairetabouret.com/
une série de dessins d'Andy Warhol (ne le présente pas)
voisinant ceux, un peu plus grands et plus en proie aux reflets, de Jared Buckhiester (là, j'avoue que ne le connaissais pas, mon inculture est sans fond) http://www.jaredbuckhiester.com/
Face à eux, après les grandes photographies, l'attirance pour l'imprécision bleue de celle de Léonard Bourgeois Beaulieu (la dame reflétée est beaucoup plus jeune et charmante que moi), parisien, sur son site (en anglais) http://www.leonardbb.com/ on trouve un petit calameo ou autre à feuilleter, en français, avec un texte à propos d'une photo de cette série (avoir bonnes lunettes)
Puis, et cela va être presque la fin pour aujourd'hui, sur le petit palier à côté d'un atelier deux dessins de Cameron Jamie http://www.lespressesdureel.com/ouvrage.php?id=3976
et Toxic Mary de Banksy https://fr.wikipedia.org/wiki/Banksy

sur cette vision on descend le petit escalier qui tourneboule, on débouche à côté de la grande vitrée sur le trottoir, et j'en resterai là.

5 commentaires:

Marie-christine Grimard a dit…

Merci pour tous ces partages détaillés qui nourrissent mon inculture sans limite, si je la compare à la vôtre, et bonne semaine ensoleillée à vous chère Brigitte :-)

brigitte celerier a dit…

ensoleillé mais redevenu plus humaine avant la chute vers l'automne avec des matins frissonnants et des maxima qui ne devraient plus dépasser 32 ou 33 degrés

Dominique Hasselmann a dit…

Merveilleuse "installation" de ce John Goba et bravo pour le parcours plein de surprises !

jeandler a dit…

Abondance ne nuit pas
et si l'on débute par une tranche de morue
on ne termine pas en queue-de-poisson.

brigitte celerier a dit…

Dominique, pour la suite moins de surprises...

Pierre, presque ce qui s'est passé : ai fait brûler la morue que d'ordinaire je poche moins d'une minute... l'avais oubliée