jeudi, octobre 19, 2017

Avignon l'italienne

Ciel limpide et air frisquet, m'en suis allée acheter des cigares (oubliés chez la marchande, tant pis ou tant mieux) et le Canard puisque nous y avons de nouveau droit.
En sortant, au moment de saluer Molière et de redescendre vers le fleuve et l'antre, j'ai vu un drapeau italien dans la cour du truc gastronomique qui s'est installé dans l'ancienne Banque de France, 
et me suis souvenue du marché, installé pour les quelques jours où Avignon se souvient du temps où elle était un peu italienne, entre le palais et la façade si italienne de l'ancien hôtel des Monnaies.
Ma foi, pour le plaisir des échanges mêlant mauvais italien et mauvais français, y ai fait un tour, résistant sans mal aux charcuteries, avec regret aux truffes blanches et condiment ainsi assaisonné, admirant la grosseur d'olives, me souvenant de l'usure excessive en mon vieux sac-compagnon tant aimé, 
et faute d'une belle boutique florentine, fouinant pour en trouver un Brigetoun compatible dans deux étals, trouvant un faux cartable en beau cuir venant de Campanie, goûtant des fromages et repartant avec une tomme des Pouilles, un petit flacon d'anchois marinés (pas certaine qu'ils soient meilleurs que ceux de Sète) et un flacon de crema bianca...
Une oreille à l'assemblée, ouverte ou fermée, en feuilletant, humant le dernier numéro de la Piscine qui venait d'arriver...
et m'en suis allée, écornant la place du palais sur mon chemin, au Chêne noir, écouter Gérard Gelas, accompagné par la musique de Julien Gelas, Virgilio, l'exil et la nuit sont bleus.
Gérard Gélas en costume trois pièces, très lourd et fort patriarche latin, et le fils en version jeune et qui doit plaire, une belle façon pour le piano jazz de s'accorder sans trop d'adhérence à la voix de bel et bon acteur du père, sans effet autre que la modulation, la sympathie du public et la poésie du texte.
«Ce texte a été très important pour le Chêne Noir. C’était la période où, cherchant de nouvelles formes, nous créâmes deux spectacles musicaux autour de mes poèmes : Chants pour le Delta, la lune et le soleil et Virgilio.
La première de celui-ci eut lieu en Italie, au Festival des Deux Mondes à Spoletto...
Ces chants qui nous parlent de l’exil sont, sans que je l’aie voulu, une sorte de pendant à la pièce Migraaaants que j’ai mise en scène 40 ans plus tard. Et cela décuple pour moi le plaisir de vous les offrir..»
Virgilio quitte sa Toscane natale car dans son petit village, il n’y a plus personne pour écouter ses histoires ; tout le monde est parti…
Alors il part sur les routes de l’exil, celles qui mènent en France, où est partie Anna, il y a bien longtemps. Avec lui, nous apprendrons l’histoire de Pepe Barrala « bouffé par les loups » et nous rencontrerons Nazim, Chien-aveugle, Fortunato, et bien d’autres encore…
Cela n'a rien d'extraordinaire
Si les chants de cet homme
Sont traversés de chevaux noirs
Qui vont au dessus de la mer en rêvant...

7 commentaires:

Claudine a dit…

Plaisir d'apercevoir la Prière

brigitte celerier a dit…

il me semble qu'elle doit nous quitter avec le froid novembre

Dominique Hasselmann a dit…

Ce Gérard Gelas est vraiment solide comme un chêne !

L'accointance italienne d'Avignon est bien rendue....

jeandler a dit…

Une visite pour le plaisir gourmand et, nous, des yeux.

brigitte celerier a dit…

Dominique longtemps terre pontificale avec des vice-légats souvent italiens, architectes et peintres aussi (plus des locaux formés à leur contact)

Arlette A a dit…

Un faux cartable pour une étudiante attentive

brigitte celerier a dit…

mais à l'usage trop souple et pas spécialement pratique malgré les cinq poches - un moment de panique cette nuit en ne retrouvant pas mes clés - assise sur le trottoir le contenu au sol, penser hôtel mais penser que avec porte blindée et seul trousseau (les autres ont été perdu avant mon arrivée) me suis levée pour partir à la recherche d'un dîner et d'une chambre et puis j'au réalisé que mon petit bloc note était un peu épais, étaient sedans) hésite entre l'amadouer ou ressortir mon vieux copain pas si boucané que ça - trop cher pour que mon budget en finance un autre - sourire, ça va se mettre en ordre lentement - tendance à trimbaler ma vie avec moi