mardi, février 27, 2018

Petite vieille latine relativise

une nuit à -2°, une journée à 2°, ce n'est pas l'horreur d'une ère glaciale, mais c'est bien trop froid, mes amis, pour une Brigetoun en détestation résignée de l'hiver.
Un ciel d'une pureté étincelante, un vent qui se prétend affaibli, mais ne l'est pas tant mes amis, c'est merveilleux et passablement désagréable.
Alors y opposer l'antre, un chandail bien épais et bien trop long et large pour faire une bonne femme présentable mais qui, porté sur un fin col roulé fait carapace.
Et pour se moquer de cette frilosité craintive, et de ce désir de tropiques, chercher le vrai froid,
avec les Carnets du froid de Candice Nguyen et sa vidéo d'une navigation entre Upernavik et Nuussuaq https://www.candice-nguyen.com/navigation-entre-upernavik-et-nuussuaq-groenland-video/
et puis, en piochant dans les rayons, en ne trouvant pas certains livres (il faudrait que je me déconnecte de tout pour tout sortir et rétablir un semblant d'ordre), avec

Causse
- 1 degré dans la yourte au réveil, je découvre que mon lit est mouillé dessous. après 2 heures d'effort j'arrive péniblement) à 15. la yourte, trop mal isolée, en plus de ne pas retenir la chaleur, a laissé le vent très insidieusement pénétrer partout. et ça condense. mais je garde un petit sourire intérieur.
je me lave même à la bassine, spécialité locale, l'eau froide fume sur ma peau tiède.

le secret c'est aussi de savoir lâcher, relâcher, savoir laisse couler les peurs, les excitations, les jours, les heures... tout en agissant, luttant pied à pied pour garder un tout petit confort.
Fred Griot Cabane d'hiver publie.net https://www.publie.net/livre/cabane-dhiver-fred-griot/ mais ce n'est pas la température le plus intéressant dans ce beau texte.

Le froid le plus intense s' abattit à la saison sombre, mais grâce à la lumière de la lune et au temps dégagé, il était possible de chasser les phoques sur leurs trous de respiration. Cependant les étrangers ne ramenaient que peu de viande. Arluk confia à Inik que peut-être ils avaient tant voyagé qu'ils avaient oublié la façon dont on attrape les phoques sur la glace. Ou peut-être le long voyage depuis le pays des ancêtres avait-il consumé tout la patience qu'ils avaient en réserve, ne leur en laissant plus une goutte pour cette chasse qui justement en demandait tant... Peut-être leur malchance n'était-elle due qu'à une sorte de modestie, suggéra Urukase, qui leur recommandait d'être mesurés pour ne pas surpasser leurs hôtes.
Jorn Riel Arluk

14 avril
L'hiver n'en finit pas. Cette nuit -15°C. Pas de prémices de fonte. La neige tombe du matin au soir. On entend frousser les flocons. Je passe la journée dans ma mère cabane, mon oeuf, ma tanière dont je franchis le seuil avec gratitude, sentant la bonne chaleur m'envelopper. Les heures défilent lentement par la fenêtre. Je m'ennuie un peu. Cette journée est un robinet mal fermé, chaque heure en goutte. L'ennui est un compagnon passé de mode. On s'y fait, pourtant. Avec lui le temps à un goût de foie de morue. Soudain le goût se dissipe et l'on ne s'ennuie plus. Le temps redevient cette procession invisible et légère qui fraie son chemin à travers l'être.
Sylvain Tesson Dans les forêts de Sibérie

Quand il sortit de sa tente, il fut surpris : il avait bel et bien neigé. Les yeux des constellations célestes clignaient sans cesse et la lune d'une blanche clarté parait ce paysage enneigé d'une beauté inédite, captivant irrésistiblement le berger Chopa. Après une brève réflexion, il se dirigea rapidement vers l'endroit d'où provenaient les pleurs d'enfant. Il vit quelque chose scintiller dans la neige à une certaine distance de lui, et la crainte le fit s'arrêter. Il lui fallut quelque temps pour reprendre courage et repartit en direction de la chose. Ça alors ! C'était un enfant ! Un nourrisson tout juste né, au corps aussi blanc que neige qui irradiait sous les rayons de la lune.
Pema Tseden Neige

Comme les nombreux chiens qu'ils avaient d'abord pu emmener avec eux erraient souvent dans les rues de la ville et indisposaient les autres habitants, ceux-ci furent bientôt abattus par la police, et les Indiens s'en trouvèrent tout à fait empêchés de s'éloigner en traineaux de fortune jusqu'à de plus généreux terrains de chasse et de pêche. Ils passèrent dans cette extrême précarité, et sous des tentes de peaux, leur premier hiver à Churchill (où le climat est beaucoup plus rude, et exposé aux vents arctiques qu'au lac Duk), et puis l'année suivante, en 1957, sans pouvoir exercer leurs aptitudes de chasse – que la Compagnie de la baie d'Hudson avait longtemps prisées – sur d'autres proies que le petit gibier des environs immédiats...
Anthony Poiraudeau Churchill Manitoba

d'où je conclus que comme tous les mots, froid, hiver, neige couvrent tout et n'importe quoi.

Demain, il devrait faire nettement plus froid avant un très léger adoucissement mercredi et peut-être la neige.

8 commentaires:

Claudine a dit…

Moins sept les pieds sur la bouillotte imaginer le froid, brrr

Dominique Hasselmann a dit…

Le nouveau "concept" météo dont on nous frotte les oreilles et énerve les yeux :

"le froid ressenti" (par exemple : -2° = - 7°, -8°= -15°, etc.)

La science du baromètre torride de Torricelli contre la subjectivité mal couverte...

Je propose pour les radars automobiles : "la vitesse ressentie" : flashé à 53 km/h au lieu de 50 km/h, avant le "souterrain de Diana", on pourrait dire - si la défense existait devant un tribunal en chair et en os - qu'on était à "47 km/h ressenti !"

Pendant ce temps-là, Poutine s'occupe d'humanitaire durant quelques heures par jour, on aura tout vu.

Habillez-vous bien !

brigitte celerier a dit…

Claudine, ai pas de bouillotte (et des pieds malades qui ne supportent plus les bottes, alors froid ou non vais devoir sortir pour deux ou trois bidules le plus proche possible aujourd'hui s'il y a un risque de neige demain) mais je me suis souvenue que j'avais un plaid très chaud de Médecins sans frontière pour le mettre sous et autour de mes pieds - j'étais très élégante hier soir

brigitte celerier a dit…

Dominique, oui mais moi je souscris à l'idée de la température ressentie surtout les jours de vent, elle a la gentillesse de me dire que, non, je ne suis pas très anormalement frileuse
et malheureusement même si Poutine devient raisonnable à défaut d'humanité, il est tenu par Assad qui n'en fait qu'à sa tête et l'entraîne avec lui

jeandler a dit…

Le ressenti n'est pas une science.
On nous annonce le printemps pour demain; le ressentirons-nous ?

Arlette A a dit…

La vie est ainsi..toutes informations surtout néfastes enflent débordent et nous angoissent pire que "la sardine qui boucha le port de Marseille " mais là sans sourire vraiment

brigitte celerier a dit…

Pierre pas ici… ici on annonce température positive et plus nettement mais neige

brigitte celerier a dit…

Arlette oh en souriant quand même… enfin là le vent semble calmé