samedi, mars 24, 2018

Faire la révolution avec trois ans de retard

soleil sur la cour et vie tranquille – chercher des images d'oiseaux, ou d'idées d'oiseaux, pour accompagner une lecture, comme puis, d'une petite partie de l'assemblée d'oiseaux (sont en principe 1111, je n'ai pas vérifié) qui clos le discours aux animaux de Valère Novarina... et puis renoncer à copier le texte lu parce qu'une petite bagarre avec l'ordinateur et l'attention stupidement sidérée à la prise d'otage en cours ne m'en laissaient pas le temps.
Un peu avant dix neuf heures faire les quelques pas qui me séparent de la porte de l'Oulle, de la navette vers l'opéra
pour assister à ça ira (1) fin de Louis le formidable spectacle de Julien Pommerat (Molière 2016) qui, tournant avec succès depuis trois ans en France, a fini par passer par ici, après avoir commencé à lire quelques unes des critiques qui se sont multipliées sur internet, avant de cesser pour garder un minimum de surprise... et l'esprit à peu près libre
Si ne l'avez pas vu, si n'en avez pas entendu parler (j'avoue que moi...) la présentation sur le site de l'opéra
Qu’est-ce qui poussent des hommes à renverser le pouvoir ? Quels nouveaux rapports instaurer entre l’homme et la société, les citoyens et leurs représentants ? Entre fiction et réalité, Ça ira (1) Fin de Louis raconte cette lutte pour la démocratie.
Le spectacle s’inspire des grandes lignes de l’histoire révolutionnaire, depuis la crise financière qui conduit à la convocation des États généraux par Louis XVI jusqu’aux débuts de la contre révolution en 1790-91
Rompant radicalement avec le mythe d’une histoire des héros, Joël Pommerat donne au passé la force du présent en s’intéressant au processus collectif révolutionnaire, à la multiplicité de ses acteurs et à son caractère improvisé. Transformant le plateau en agora, les quatorze acteurs qui endossent plusieurs rôles, proposent une histoire à hauteur d’homme et mettent la parole au centre de l’action théâtrale. Un spectacle qu’on peut voir et revoir sans jamais en épuiser la très riche matière artistique et politique.
alors là après les deux trajets et 4 heures et demi de spectacle juste dire, salle pleine et passionnée (avec quelques départs au deuxième entracte parce que sommeil se faisait sentir) et Brigetoun a faim – 
une interrogation pendant la première partie qui va des troubles avant la convocation des états généraux jusqu'au lendemain de la Bastille, parce que oui confronter les époques, oui ne pas faire didactique, oui le jeu de pouvoirs et les hésitations, oui l'instrumentalisation de la dette, oui le changement de monde, oui l'habileté, les idées, les acteurs... mais le ton me semblait vraiment extraordinairement technocratique, trop loin de la sensibilité dix-huitième, et qu'il me semblait que la langue que l'on parle n'est pas sans effet sur le regard que l'on porte, que ce que masquaient les tirades enflammées n'était pas exactement ce que masque la langue des énarques, et que là je n'arrivais pas à me sortir du spectacle familier de la politique actuelle – et puis après le premier entracte il a suffit d'une allusion à la recherche du bonheur et d'un amour qui venait se glisser dans une phrase, surtout de l'apparition du thème des inégalités y compris entre députés et peuple pour que je rentre totalement dans le jeu (mon esprit critique s'étant sans doute aussi assoupi)
et c'est un peu crevée mais contente que je note ceci.

15 commentaires:

casabotha a dit…

J'avoue avoir ressenti un peu d'inquiétude à minuit 2,3,4...
Bons rêves (renoncez à compter les hommes politiques que vous croiserez, sont en principe 666).

Claudine a dit…

Un spectacle qui arrive au bon monent

Caroline Gérard a dit…

Oups ! J'aurais tellement aimé le voir ! Fan de Pommerat, il m'arrivait d'aller voir plusieurs fois le même spectacle quand il passait à Cavaillon. Là, je n'ai pas réagi assez tôt.

Anonyme a dit…

Quatre heures et demie... la Révolution fut donc un peu longue ou un peu courte, en fait...

J'admire votre patience supplémentaire pour les trois ans !

Dominique Hasselmann a dit…

le commentaire précédent (je n'aime pas l'anonymat) s'est envolé sans mon nom...

Arlette A a dit…

Cela m'aurait plus (suis en lecture similaire) merci pour ton ressenti

brigitte celerier a dit…

casabotha à cette heure là je devais en être à la deuxième partie

brigitte celerier a dit…

Claudine en fait il était il y a trois ans tout autant au bon moment

brigitte celerier a dit…

Caroline moi j'ignorais même qu'il avait créé ce spectacle ill y a trois ans (me recroqueville sur Avignon avec l'âge - sourire)

brigitte celerier a dit…

Dominique, presque une durée pour le festival (quoique on a vu dix-huit heures)
quand au commentaire qui s'échappe trop vite, merci de m'imiter, c'est fréquent avec moi

brigitte celerier a dit…

Arlette, un peu bref le ressenti

Godart a dit…

Reconnaissance à vous et à vos comptes-rendus quotidiens de cette ville qui porte en elle cette entre-deux de festival d'été. La luminosité du ciel nous rappelant en permanence cette injonction provençale de regarder toujours vers le haut.

brigitte celerier a dit…

merci mais aujourd'hui lumière blanche

Anonyme a dit…

Appreciate this post. Let me try it out.

Anonyme a dit…

C'est la seule façon d'aider les musulmans modérés.