jeudi, mars 08, 2018

La douceur sur la pointe des pieds, et encore des siennois

réveil en froid bleu
ciel qui joue sur mon chemin
et brise tendre
un jour passé avec une résignation gaie en petites sottises, lenteurs, et actes manqués...
et puis, ne m'en veuillez pas, je continue à exploiter ma visite au petit palais, avec quelques siennois du quatrocento – bien sûr ce sont des toscans, mais à part, un peu, parce que j'aime tout spécialement leur ville et qu'Avignon et Sienne sont soeurs, au moins par Simone Martini.
En débutant par la douceur des peintres, encore gothiques, du début du 15ème siècle, avec
Sano di Pietro - 1406-1481- présent ici avec trois tableaux il me semble, dont ce Saint Jérôme, le manteau d'un rose de bonbon à la fraise, sa souplesse encadrant le visage barbu, avec cette toute petite bouche qui en relativise la gravité, le regard pensif sous le chapeau.
une vierge à l'enfant de Pietro de Ruffolo (connu jusqu'en 1447, et selon le Wikipedia italien longtemps désigné comme il Maestro di Lecceto ou selon un autre article de JSTOR il Maestro di Sant'Ansano.. donc un quasi inconnu) un trône recouvert d'une étoffe rouge et or, la curieuse perspective qui met la vierge debout devant une tapisserie plutôt qu'assise, les deux petits anges qui émergent derrière le dossier pour porter la couronne, les deux longues saintes (Sainte Catherine à gauche je suppose et... sais pa) et l'uniformité des visages ronds, aux joues roses, aux petites bouches et aux yeux blancs
Plus tardifs (troisième quart du 15ème), d'une facture plus sommaire, les assez savoureux petits tableautins de l'histoire de Didon (ici un détail de la remise du contrat de mariage, mais la légende s'accompagne d'un point d'interrogaton) dont l'auteur est resté inconnu
et mon très cher Giovanni di Paolo – 1420-1482 – peintre et enlumineur
avec cette nativité (un détail) qui est surmonté dans un triangle posé sur le rocher de la grotte d'un Christ bénissant – la vierge parée comme une princesse debout en prière devant son fils qui gigote dans la paille au sol (la courbe rouge c'est la paille, le plan horizontal devenant vertical), la finesse de ses traits, les petits cheveux sortant sous la coiffure savante, l'ourlet de la grotte doublé d'or et les doux, bien sûr doux, animaux
un détail de la prédication de Jean-Baptiste, sa maigreur et sa pauvreté arrogante, la diversité des visages, tenues, expressions dans la masse du public et la perspective ébauchée, géométrique, du paysage, les tons plus sobres, auxquels s'accordent l'olive et le beige terreux de la campagne

et un portrait de Saint Augustin (beau et riche manteau) bouffé par des reflets, mais dont j'ai gardé, parce qu'il me ravissait, au moins sur le moment, le minuscule ange d'or noyé dans l'or, très renaissance déjà.

9 commentaires:

casabotha a dit…

Ah ces bleus sont divins, les dorés au diapason, merci.

Marie-christine Grimard a dit…

Incroyable ce bleu roi dans ce puits de lumière, qui annonce celui de l’été triomphent !

Claudine a dit…

c'est le travail de l'or qui me plaît

Dominique Hasselmann a dit…

Très beau Giovanni di Paolo : il devrai y avoir plus souvent des Nativités !!!

brigitte celerier a dit…

Marie Christine, ça c'était samedi et ce fut en effet une très belle journée (ça c'est gâté ensuite)

brigitte celerier a dit…

Claudine, l'or jetait ses derniers feux au moins sur les tableaux, le paysage va arriver

brigitte celerier a dit…

Dominique, oui, c'était un maître - quant aux nativités : et les crèches alors ? même qu"il y en a qui en mettent dans les mairies (moins belles il est vrai)

Arlette A a dit…

Des inspirations pour tous les suiveurs connus ou anonymes
Merci pour cette visite en piqûre de rappel

brigitte celerier a dit…

Arlette, ai lu que Giovanni di Paolo en eut de l'influence… époque charnière