dimanche, avril 01, 2018

Patates et blasphèmes

Bon gros sommeil avec une interruption d'une demi-heure vers six heures et une plongée délicieuse jusqu'à un peu avant neuf heures... petite visite protocolaire à internet et, comme n'avais plus ni patates, ni bonbons, yaourts et toasts grillés etc... mais voulais réserver les halles pour mardi (résultats analyse sang tout à côté et éviter petite foule à l'occasion des pâques), m'en suis allée sous un ciel qui avait retrouvé toute sa virulence
dans les rues, sur des dalles étincelantes, avec des groupes de touristes et une petite alacrité dans l'air, vers Carrefour (honte à moi je ne savais pas que c'était en principe jour de grève, si l'avais su me serais abstenue, mais en fait il était ouvert)
M'en suis revenue, en pas flâneur, modérément chargée, avec le plaisir de l'or vert que les arbres plaquaient sur le ciel.
En préparant la garniture dans laquelle noyer quelques pâtes en m'engueulant avec la radio, en ai fait beaucoup trop une fois encore, vais finir par être enfin une mamie confortable, ne me manquent que les petits-enfants, ou plutôt les arrière-petits-enfants, vu mon âge les petits-enfants seraient vraiment trop grands (mais ça n'arrange pas l'humeur de carcasse, tant pis).
Dans l'après-midi, sous un ciel platement blanc, m'en suis allée vers le Conservatoire pour écouter Sarah Laulan
Ne la connaissais pas, avais été tentée par le nom de son récital, «les blasphèmes», sans en savoir beaucoup plus ... Pendant que les pâtes cuisaient ai entré son nom dans YouTube et, en tête des vidéos qui venaient, il y avait celle-ci où elle parle de son choix pour les airs regroupés sous ce titre, à partir de son goût pour Rops – on y entend aussi des bribes de chansons (même si sur le disque elle est accompagnée par plusieurs musiciens, alors qu'aujourd'hui elle était accompagnée, uniquement par le piano de Nino Pavlenichvii, bonne pianiste, comme elle nous l'a montré en jouant, seule, les carillons nocturnes)
dans un joli programme qu'elle commentait, avec verve mais sans s'attarder, parlant surtout des poètes, comprenant
de Ravel, un grand sommeil noir de Verlaine
de Dupont, les effarés de Rimbaud et deux mélodies pieusement sur des poèmes de Verhaeren
d'une musicienne belge que je ne connaissais pas, nommée Podlowsky, la nocturne des cantilènes de Moréas
de Duparc, Testament de Silvestre (connaissais pas non plus) et le galop de Sully-Prudhomme
d'Enesco désert (beau et doux) de Lemaitre
de Saint-Saëns la danse macabre composée originellement pour un poème de Cazalis et Tournoiement (aime) de Renaud (inconnu de moi itou)
de Vincent d'Indy l'amour et le crâne de Beaudelaire
et de Chaminade (mais l'ordre n'était pas celui-là) bien beau également, les deux ménétriers de Richepin.
Je n'ai trouvé de ce programme que le grand sommeil noir de Ravel et Verlaine (que j'ai aimé, mais qui évoque si peu Ravel qu'il n'avait pas été – si j'en crois la chanteuse qui a ouvert son récital avec cet air – publié de son vivant)
ainsi que l'amour est enfant... de la Carmen de Bizet qu'elle a donné en bis pour le plaisir de l'auditoire, mais je garde, plutôt, dans les vidéos, hors de ce royaume de mélodies et symbolisme, en un tout autre répertoire, pour le plaisir, un extrait de «récitations» d'Aperghis parce que bien trop longtemps que ne l'ai plus entendu
Plaisir de l'intelligence, de sa façon de jouer les textes, de la voix qui a des douceurs tendres et savoureuses, qui se fait très grave et de la puissance, mais là un bémol, à mes oreilles, la pianiste, fort bonne et enthousiaste comme elle nous l'a prouvé en interprétant, seule, vers le milieu du récital, les carillons nocturnes d'Enesco semblait souvent oublier qu'elle était là pour accompagner et assénait de toute sa force grande ses mains sur les touches dans les forte, poussant la chanteuse à déployer l'énergie que demande Wagner (qu'elle a chanté également) ce qui était assez nettement trop pour la salle et sans doute pour les mélodies même en tenant compte de leur côté sombre.
Ai laissé public et artistes déguster petits gâteaux et vin, 
ai jeté un coup d'oeil trop bref (j'étais arrivée presque en retard) l'exposition, dans le hall et le couloir, de très belles photos (pas trouvé et noté le nom du photographe) du travail d'un luthiste,
et suis sortie dans Avignon qui savourait ce samedi soir de pré-printemps à la recherche d'une montre pas chère-à-perdre-ou-casser-sans-complexe (trouvée comme le pensais chez le petit horloger près Saint Didier, elle est grosse, avec chiffres grands et verts ou rouges pour mes yeux usés, un bracelet de caoutchouc et elle coûtait la somme pharamineuse de 40 euros) l'ancienne ayant rendu l'âme pendant le trajet aller.

9 commentaires:

casabotha a dit…

Les toasts, vous les achetez déjà grillés ?
On pourrait avoir une photo du cadran de votre nouvelle montre?

brigitte celerier a dit…

les toasts ou crackers ne sont entrés chez moi que vers mes 62 ans, le pain pas encore alors j'achète des croutons ou toasts grillés industriels

Dominique Hasselmann a dit…

Ravel devait être rétif à l'accompagnatrice...
En tout cas, il faut beau "en" Avignon, le festival approche, vous n'y couperez pas !

Marie-christine Grimard a dit…

Merci pour le partage musical et bonnes Pâques à vous chère Brigitte.

brigitte celerier a dit…

merci Dominique (pour le Festival je crois que vais devoir déserter, mais faut que je trouve un point de chute dans mes moyens… parce qu'être à Avignon (pas en, sourire) sans participer ça serait triste

merci Marie-Christine et très bonne fête de Pâques à vous

Arlette A a dit…

Sage en décisions (Festival) mais admirative quant à persistante curiosité

brigitte celerier a dit…

Arlette la décision commence à fléchir : location pas si simple, pas dans la famille et puis : un festival avec plein de découvertes (ai cédé hier et consulté l'avant programme avec une curiosité éveillée) et une forme légèrement améliorée, je marche un peu mieux et panique moins

Godart a dit…

Avez vous vérifié si votre nouvelle montre était à l'heure d'été ?

brigitte celerier a dit…

pas eu à le faire, le commerçant a réglé l'heure et mis l'objet à mon bras (surpris par ma manie de la porter sur main droite et à l'intérieur, prête à tous les chocs…)