lundi, avril 23, 2018

Soleil, repassage, un gros peu, une longue dérive

plaisir béat du visage au soleil tant que peux
gribouillage et repassage ou rangement en écoutant, avec masochisme parce qu'écoeurement souvent, et même effarement et tristesse, les débats de vendredi, samedi, et une partie de ceux de dimanche à l'assemblée
et puisque, hier, j'avais lu chez Pierre Ménard, les contributions à l'atelier #4 le mouvement déambulatoire de la marche http://liminaire.fr/entre-les-lignes/article/le-mouvement-deambulatoire-de-la-marche-2009 majoritairement nettement plus courtes et bien meilleures que mon trop long verbiage, ben tant pis je reprends le dit verbiage, avec quelques unes des photos regroupées sur https://youtu.be/g3v3BvA7K58 qui m'avaient servi de base
Sur la place, une table occupée, petit déjeuner tardif - dignes et en apparence indifférents à l'homme qui les regarde les mains dans les poches - lunettes de soleil, font penser furtivement à un polar
Un aspirateur qui passe d'une boutique à l'autre, un ronflement électrique dans une autre et cette femme devant laquelle je m'arrête un instant, propres seront ces endroits où je n'ai jamais vu personne pénétrer ou si rarement ou leurs voisins, petite vie de communauté entre eux, on a presque l'impression de les déranger
Les jeunes à chaussures de sport et casquettes, comme partout, et leurs frêles et fortes jambes, mais ici un petit côté décalé que confirment les mots, l'absence d'accent de leurs échanges, une certaine aisance dans la démarche aussi qui leur donnent un semblant de parenté avec les robes et manteaux pour jeunes femmes charmantes et apparemment sages des boutiques
La laideur usuelle des tas couverts de noir sanglé devant les boutiques, nouvelles frusques pour riche décontraction
Un vieux couple dynamique, tenues de campagnards occasionnels, il tient un couffin.
Occupant le trottoir des tables et chaises métalliques. Une femme frôlée par les passants boit un chocolat les yeux dans le vague, comme ailleurs. Je me heurte à une mère à poussette à l'angle, au moment où je me tords la cheville - chaise bousculée, je m'excuse dans une plaisanterie et passe vite sur mes jambes indociles, tourne le coin, sors de la vue
Un groupe derrière un homme portant un petit écriteau de ralliement, plus de femmes que d'hommes, corps lourds avec plus ou moins d'élégance ou d'abandon, cheveux de toute la gamme des gris et un regard complice d'une me dépassant, quelques mots rares et pas d'exclamation, je tente de les situer, nordiques sans doute
Un homme en anorak léger rouge, un gros appareil de photo ballotant sur son ventre, arrêté à mi-hauteur de la volée d'escalier vers l'église hèle sa femme, elle répond «c'est fermé» d'une voix si retenue que je doute qu'il l'entende, et tourne le dos, cherche on ne sait quoi, quelque chose à voir ? Elle porte un manteau rouge comme son cabas à fleur bleu qui ne fait pas très touriste.
Un quadra complet bleu de belle coupe, luisant légèrement dans le soleil, porté ouvert, main dans une poche du pantalon, l'autre portant une serviette, la désinvolture légère dans l'attitude, la concentration d'un cadre... contrairement aux groupes de jeunes en complets bleu également, produits à la chaîne comme semblent l'être ceux qu'ils habillent et qui rient et s'ébrouent dans un moment de furtive liberté, mais avec une application qui sonne faux que je rencontrerai quand je sortirai de la pharmacie, cent mètres plus loin.
Une jeune femme, belle croupe en pantalon noir collant, sweat blanc, tête pechée et cheveux noirs pendants vers le sol, est courbée pour frotter la vitrine de sa boutique, juste sous le blazer de beau coton blanc fleuri, si raffiné, dont je rêve depuis une semaine, bien trop jeune et surtout bien trop cher pour moi, je le salue à mi-voix et elle rie
Un homme chauve et sage sur un vélo rêveur
Sur le côté ensoleillé de la place, les terrasses, derrière les petites haies, sont occupées, les têtes qui dépassent ont l'air de toiser les passants depuis leur béatitude.
Dans l'avenue qui vient de la gare et butte sur la place, une file de camions de livraison attend patiemment pour tourner que passent deux ados en trottinettes et surtout que finisse la conversation d'une femme et de deux hommes, échange mondain, affabilité et indifférence parfaite au reste du monde... elle réalise, ils s'écartent, un homme fait une petite révérence, une idée de petite révérence, juste ce qu'il faut pour faire rire le chauffeur.
Je suis, sans y faire attention, des jambes qui longent les terrasses, regarde les patrons et employés qui finissent d'installer les tables, traverse la place au niveau du manège endormi derrière son grillage, passe derrière les marchandes de bijoux qui installent leurs étals, dans l'odeur, faible aujourd'hui, des silos d'ordures proches en admirant leur endurance
et dégringole par les rues vides jusqu'à ma rue.
Une auto de sport brillante a le nez dans le portail du jardin de l'hôtel, un bagagiste en sort les valises... les quelques clients attablés devant le tabac observent.

      

7 commentaires:

casabotha a dit…

Carcasse au repassage devant soleil pour témoin jaune.

Anonyme a dit…

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brigitte celerier a dit…

casabotha merci pour cette fidélité

anonyme ? (sourire, j'ai eu un moment de faiblesse)

Arlette A a dit…

Aime cette déambulation attentive où chaque détail est important ..relu avec plaisir
Protestation ce n'est pas verbiage

brigitte celerier a dit…

merci, amie… moi, j'ai fait quelques grimaces (sourire)
mais quelle importance, suis dans la tristesse de ce que devient notre pays

Claudine a dit…

même tristesse pour les autres pays en Europe

brigitte celerier a dit…

je pense difficile de faire pire