vendredi, mai 18, 2018

Ben non...

Comme j'avais passé mon dîner et le début de la nuit avec René Char, au jeune temps du surréalisme, d'Eluard, de Jean, Valentine Hugo et des autres, de ne visitez pas l'exposition coloniale, à celui, au prix d'un saut dans le temps et dans les pages d'un livre, des feuillets d'Hypnos, de la gravité, la politique et les moments de grâce
(141) La contre-terreur c'est ce vallon que peu à peu le brouillard comble, c'est le fugace bruissement des feuilles comme un essaim de fusées engourdies, c'est cette pesanteur bien répartie, c'est cette circulation ouatée d'animaux et d'insectes tirant mille traits sur l'écorce tendre de la nuit, c'est cette graine de luzerne sur la fossette d'un visage caressé, c'est cet incendie de la lune qui ne sera jamais un incendie, c'est un lendemain minuscule dont les intentions nous sont inconnues, c'est un buste aux couleurs vives qui s'est plié en souriant,... (et voici que je me demande pourquoi choisir ce passage, ma foi parce que c'est sur lui que me suis endormie), comme le ciel quand suis sortie, en retard, de mon placard de bains, était radieux, comme la livrée Ceccano est ouverte le mercredi et le samedi matin, comme je devais aller jeudi aux halles pour libérer du temps pour vendredi, suis partie d'un pas ferme et rapide, presque jeune, du moins au début, pour voir les volumes conservés par la bibliothèque et les galets peints.
Surprise de cette petite guirlande de houppes colorées dont je ne voyais pas très bien ce qu'elle représentait,
début de compréhension en repérant, sous certaines lanternes, les fleurs épanouies ou plutôt l'évocation de fleurs débordant d'épanouissement... regret des années où les roses envahissaient le palais des papes et où je pouvais m'offrir un rosier de belle origine, comme les deux qui ne sont plus que cadavres porteurs de nostalgie dans ma cour
Pas devenus plus lents et las mais toujours décidés en traversant le calme de la place Saint Didier, en longeant un chantier, en débouchant dans la rue du Laboureur...
sourire, en pensée, à la classe qui occupait en studieux et gracieux semblant d'anarchie le jardin, traversée vers la porte
et là... début d'une danse hésitante, tentative, renoncement, recul pour comprendre, retour, poussée sur la porte vitrée, et sur sa voisine, questions perplexes échangées entre deux petites vieilles, intervention d'un professeur qui s'en va consulter le panneau donnant les horaires d'ouverture à l'entrée du jardin, revient expliquer que la bibliothèque ouvre à midi trente – mais non, le mercredi c'est à dix heures – oui le mercredi, mais pas aujourd'hui – ben si – nous sommes jeudi – non voyons, mercredi - je vous assure, jeudi... sur quoi m'a laissée à ma sottise, ma compagne d'un moment souriait, je me suis dit qu'il fallait que je fasse attention au fonctionnement de mon cerveau fatigué...
et me suis arrêtée chez le marchant de légume au début de la rue des trois faucons, plein de dadames se faufilant, s'évitant, se souriant poliment, en circulant dans le minuscule espace, pour acheter des petites pommes de terre de Noirmoutiers, deux grosses courgettes et des asperges violettes afin de tenir au moins jusqu'à dimanche.. ou mardi.
Quant aux gros pompons j'ai vérifié en rentrant qu'Altéra Rosa, l'exposition de roses est de retour pour trois jours à partir de samedi (joie) malheureusement sans vente de rosier, mais comme carcasse était démotivée, ai remis la visite aux galets de Char à un autre jour, me suis installée dans la cour avec mon Kobo, avant de repasser une infime partie des corsages légers en attente.


7 commentaires:

casabotha a dit…

Tous les bleus se mêlent à se dissimuler dans vos ciels

brigitte celerier a dit…

longue vie à eux (quoique n'allons pas tarder à nous plaindre de la chaleur ou plutôt à essayer de l'ignorer

Claudine a dit…

horaires idiots de la bibliothèque, coucou à la dame derrière vous

Arlette A a dit…

Ton aventure ainsi contée est positivement réconfortante et familière Merci

brigitte celerier a dit…

en disant familière tu me remontes le moral… je guette mes défaillances mentales

Hue Lanlan a dit…

merveilles merveilles merci pour ces partages

brigitte celerier a dit…

guère de merveille là pourtant