samedi, juin 30, 2018

Atelier d'été du tiers livre (suite) – 12 – intérieurs extérieurs

matin lavage de cheveux, et ménage rudement accompli pour en faire petit exercice physique, puis des sondages pour voir ce qui se donnera dans le off et que n'irai pas voir (voudrais : fin de journée, proche, tentant pour les jours inexistants où je n'ai rien d'autre de prévu... mais j'aime ce picorage de teaser en teaser, abandonne immédiatement ou m'attarde à rêver) et pris le temps de lire vraiment les dernières propositions avec des pauses pour que mon crâne ne soit pas plein d'aiguilles tricotant dans tous les sens.
Laissé – sans aucune logique ou esprit d'à propos - la ville vivre sa vie dans le soleil (sauf quelques passages nuageux) et chaleur suportable – et continue à reprendre pour meubler paumée mes contributions à l'atelier d'été de François Bon «construire une ville avec des mots» http://www.tierslivre.net/revue/spip.php?article211
soit, aujourd'hui ma réponse à la proposition n°12 intérieurs extérieurs (vidéo https://youtu.be/dZ6kIL3ko0o)
extension de la précédente, encore un lieu décrit de l’intérieur, et lieu à usage public, mais cette fois lieu de traverse ou déambulation

Debout, hésitant, sur le seuil de la boutique des Roques, il regardait la pluie d'orage qui, à nouveau s'abattait sur la ville, mais avec cette fois une violence qui rejaillissait sur les dalles blanches, créant une minuscule couche de brouillard flou au ras du sol. Un homme est arrivé en courant, il s'est écarté pour le laisser entrer et comme l'autre, en s'ébrouant, l'éclaboussait un peu, du moins il en avait l'impression, avec l'entrain d'un jeune chien, comme la force de la pluie faiblissait légèrement, il a levé le bras pour saluer et s'est jeté sous l'averse, tournant rapidement, au risque de glisser sur le flot humide qui courait sur les pierres, dans un petit boyau, pour s'arrêter un peu plus loin, dans un îlot de calme, sous la haute voute étroite du tunnel creusé dans un des immeubles dix-huitième de la rue de la grande boucherie, tunnel de pierre nue, à l'exception de deux portes de service s'ouvrant face à face à mi-longueur, tunnel employé depuis toujours, comme celui qui s'ouvrait de l'autre côté dans les maisons-soeurs, pour passer de l'un à l'autre des trois axes parallèles dessinés par les rues, tunnel quasi vide à cet instant, si ce n'étaient, riant en secouant leurs jupes, leurs cheveux et les cabas qui leur tenaient lieu de cartables, deux gamines qui se sont resserrées légèrement et bien inutilement pour lui faire place. Regardant le déchaînement de la pluie, poussée en biais maintenant par une rafale de vent, il a pris conscience, flatté un peu, agacé surtout, des petits rires, des chuchotements des adolescentes, et, prenant son élan, il a traversé en courant la largeur de la rue, enjambant le ruisseau qui s'était créé dans la rigole centrale, vers l'autre tunnel, un peu plus long celui-là – les maisons de cette rangée étaient plus importantes, leurs façades plus ornées – et qui se terminait à l'angle d'une terrasse de café sous la banne de laquelle il s'est arrêté un moment en compagnie d'une minuscule foule hétéroclite, avant de reprendre sa course jusqu'à la rangée d'arcades bordée de boutiques, un peu plus loin, et tout au long de cette fuite il songeait avec un regret amusé au passage Choiseul, parcouru régulièrement pendant des années, dans sa vie d'avant.
Bien entendu comme la ville n'est pas Avignon les images ne sauraient correspondre exactement, disons qu'elles sont en résonance 

7 commentaires:

casabotha a dit…

Cerveau et Carcasse font bon duo

brigitte celerier a dit…

un long compagnonnage

Dominique Hasselmann a dit…

passages (retour à Benjamin)... images, visages...

brigitte celerier a dit…

n'en avais que de très limités proches de ma ville qui n'est pas Avignon, mais le souvenir de longues fréquentations des parisiens d'une qui a travaillé quarante ans entre passage Choiseur et passage Colbert, géré les boutiques du passage du Caire et se souvient de Benjamin

Claudine a dit…

passages à Mom'pellier avant d'aller écouter N. Stutzmann

brigitte celerier a dit…

que le plaisir soit (spourire)

Dominique Hasselmann a dit…

Finalment, une cabine d'essayage, c'est une sorte d'atelier sur soi-même, non ?