mardi, août 07, 2018

Ben non, pas go – mais révélation (atelier d'été du tiers.livre n°26)

Matin ai dit go, me suis penchée pour prendre mon sac, me suis relevée, une clé de rencontre... alors pas go parce que là j'étais spécialement peu prsentable (bon un gant de toilette, de l'eau froide, un large pansement élastique...)
et benoîtement passé le jour à des riens – n'aurais même par l'air d'une femme battue...
donc je continue le recours à l'atelier d'été du tiers.livre (contributions sur http://www.tierslivre.net/revue/spip.php?article211) avec ma réponse à la vidéo 26 de François Bon
avec deux images en lien très lâche avec le texte

Peut-être simplement s'éloigner, pour s'installer vraiment dans l'idée d'une ville, de sa dernière ville, dépasser l'accord sensuel avec les pierres, les petites touffes de verdure qui s'insinuaient entre elles et parlaient de la campagne si proche, les jeux de lumière et d'ombre, le passé à toucher des yeux, cette tendresse qui avait accueillie sa fatigue grande et, renouant avec l'histoire dont elle était riche, la poser à côté, comme une petite soeur de ce qui restait sa ville. Là où il avait découvert une autre dimension du mot, lui qui n'avait presque jamais connu, sauf vacances avec ce que cela représentait de léger ennui, la campagne, mais ces petits villages citadins, quelle qu'en soit la taille des bâtisses, qui sont l'univers des enfants, des vieillards, de beaucoup d'habitants de ce qu'on appelle ville, quelle qu'en soit la taille, et qui, après le petit monde de la rue du Printemps la mal nommée, noire de la fumée des trains du Pont-Cardinet proche, et de la rue de Tocqueville et de son marché, qui l'avaient abrité un temps dans son enfance, par delà les années des villes portuaires, avait soudain reçu la grandeur, le plaisir sensuel de la vue s'élançant vers un infini de la ville depuis l'arc du Carrousel, la courbe de la Seine depuis le pont Royal et la façon dont elle se divise pour embrasser la place Dauphine, la saveur des noms comme celui de la Putte y muse, la belle fausse intimité de la cour de Rohan, et le poids et le goût des siècles qui y avaient vécu, cet amour qu'il avait eu longtemps pour cette ville arpentée les jours où désertait l'école d'architecture ou les jours de loisir, cette ville connue plus profondément plus tard, sous l'image un peu lisse, avec ce qui subsistait de mélange de populations, d’opulence, de bourgeoisie en peine et de précarité, pauvreté extrême, pendant toutes ces années où son métier le menait à passer, en quelques heures d'un logement si dégradé que les fers du plafond étaient dénudés, dans une des rues débouchant sur le boulevard de la Chapelle, aux adieux de cette petite famille rencontrée en sortant d'un immeuble de la rue de La Trémoille, avec le gamin pris en charge par une voiture avec chauffeur, la mère enfourchant son vélo et la superbe carrosserie emmenant le père. S'ancrer donc, faire sienne, cette vieille cité, comme une petite soeur qui mariait la beauté des pierres, faute d'avoir été modelée autrement que, parfois maladroitement, au dix-neuvième siècle, une histoire, plus limitée, mais riche, et ce parfum de campagne dont les siècles n'étaient pas venu à bout.

5 commentaires:

casabotha a dit…

Pago pagrave

Dominique Hasselmann a dit…

Belle dernière photo (à Paris, place des Vosges, on dirait)...

brigitte celerier a dit…

c'est… et c'est une photo liée à vous… (souvenez vous de votre gentil déplacement pour que nous nous rencontrions "en vrai" un moment)

Claudine a dit…

beau rouge, je devrais essayer de m'en servir aussi

brigitte celerier a dit…

je l'ai affaibli en sépia