commentaires

désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

mercredi, septembre 30, 2026

Les rues de mardi matin et recherche de mer


 Un ciel légèrement couvert (et j’ai choisi de bouder le chapeau), un degré de moins que lundi… ai vaqué comme d’habitude pour me préparer (mais j’ai pu décider de ne pas reposer un pansement) et suis sortie 


pour aller vers Monoprix acheter des collants et des serviettes en papier, choses dont je fais une consommation effrénée, en suivant la rue Joseph Vernet




d’où j’ai émergé au début de la rue de la République juste au moment où la manifestation syndicale en défense du service public l’empruntait en venant de l’avenue Jean Jaurès… J’ai pu faire quelques pas avec eux, me retardant pour respecter les pauses pour regroupement, avant de les quitter pour pénétrer dans le magasin



J'en suis sortie, mon petit sac jaune plein de mes achats accroché à mon épaule, pour comprendre la raison de la présence du gros camion grue qui m’avais intriguée : déposer finalement les derniers décors abandonnés par Othoniel après son exposition dans la ville (comme je m’agaçais il m’avait été dit par un gardien qu’il avait décidé de les offrir à la ville)… et j’ai rejoint la fin du cortège syndical jusqu’à la rue Viala et la fin de mon retour dans l’antre.


Dans l’après-midi j’ai repris le recueil « Outremer » des Editions Doucey, en restant dans ces îles où l’océan ou la mer a tant d’importance que le mot « mer » figure rarement dans les poèmes choisis, avec cette fois la Martinique, et ce fut si grand plaisir de lire même quand ne le trouvais pas ce mot, ce qui a été le cas chez Gilbert Gratiant, Etienne Loro, Aimé Césaire, Joseph Zobel, Daniel Boukman, Joseph Polius, Robert Parsemain, Joby Barnabé, Monchoachi, Annick Justin-Jooseph, Eric Pézo et pas davantage chez Nicole Cage-Florentiny et pourtant les vers sentaient souvent l’air salé et comportaient tous les mots en rapport avec l’océan, les îles, etc…


Je l’ai trouvé ce mot tout de même chez


Georges Desportes


Des terres

à même l’écume des vagues e des larmes

du soleil

des terres fracturées comme des dalles

échelonnées sur le dos d’une allée sinueuse

                              de serpent de mer

et ça rampe

dans un sillon de rire ou de rage blanche 

                              on ne sait

au ras des flots de colère

frapper l’air chaud d’un grand coup de rein

en baleine en sursaut

et d’un beau cri d’éclair

foudroyer l’hélice qui ronronne et vrombit

comme une mouche à merde sur le nez levé

                             des crapauds

ou comme un noir démon…


et chez Edouard Glissant


… À même les hougans feuillus de la patience

ah je n’en veux pour preuve que le dernier voyage de ma lassitude entre les feuilles sèches de la mousson

la floraison des îles la géographie mousseuse des îles sur les mers éventrées

Nos cantiques nos fronts barrés de source nos pieds bourrés d’orages


Comme coupe de ton long geste d’aurore où les oiseaux cherchent en vain à se nicher 

Entre les mailles du tam-tam malgré moi chavire la terre

Aucun commentaire: