pour aller vers Monoprix acheter des collants et des serviettes en papier, choses dont je fais une consommation effrénée, en suivant la rue Joseph Vernet
d’où j’ai émergé au début de la rue de la République juste au moment où la manifestation syndicale en défense du service public l’empruntait en venant de l’avenue Jean Jaurès… J’ai pu faire quelques pas avec eux, me retardant pour respecter les pauses pour regroupement, avant de les quitter pour pénétrer dans le magasin
J'en suis sortie, mon petit sac jaune plein de mes achats accroché à mon épaule, pour comprendre la raison de la présence du gros camion grue qui m’avais intriguée : déposer finalement les derniers décors abandonnés par Othoniel après son exposition dans la ville (comme je m’agaçais il m’avait été dit par un gardien qu’il avait décidé de les offrir à la ville)… et j’ai rejoint la fin du cortège syndical jusqu’à la rue Viala et la fin de mon retour dans l’antre.
Dans l’après-midi j’ai repris le recueil « Outremer » des Editions Doucey, en restant dans ces îles où l’océan ou la mer a tant d’importance que le mot « mer » figure rarement dans les poèmes choisis, avec cette fois la Martinique, et ce fut si grand plaisir de lire même quand ne le trouvais pas ce mot, ce qui a été le cas chez Gilbert Gratiant, Etienne Loro, Aimé Césaire, Joseph Zobel, Daniel Boukman, Joseph Polius, Robert Parsemain, Joby Barnabé, Monchoachi, Annick Justin-Jooseph, Eric Pézo et pas davantage chez Nicole Cage-Florentiny et pourtant les vers sentaient souvent l’air salé et comportaient tous les mots en rapport avec l’océan, les îles, etc…
Je l’ai trouvé ce mot tout de même chez
Georges Desportes
Des terres
à même l’écume des vagues e des larmes
du soleil
des terres fracturées comme des dalles
échelonnées sur le dos d’une allée sinueuse
de serpent de mer
et ça rampe
dans un sillon de rire ou de rage blanche
on ne sait
au ras des flots de colère
frapper l’air chaud d’un grand coup de rein
en baleine en sursaut
et d’un beau cri d’éclair
foudroyer l’hélice qui ronronne et vrombit
comme une mouche à merde sur le nez levé
des crapauds
ou comme un noir démon…
et chez Edouard Glissant
… À même les hougans feuillus de la patience
ah je n’en veux pour preuve que le dernier voyage de ma lassitude entre les feuilles sèches de la mousson
la floraison des îles la géographie mousseuse des îles sur les mers éventrées
Nos cantiques nos fronts barrés de source nos pieds bourrés d’orages
Comme coupe de ton long geste d’aurore où les oiseaux cherchent en vain à se nicher
Entre les mailles du tam-tam malgré moi chavire la terre














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