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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

jeudi, octobre 01, 2026

Orages annoncés


 J’étais invitée au vernissage vendredi dernier de trois expositions à la Collection Lambert, invitation que j’ai négligée bien entendu (je l’avais même oubliée, Grignan étant mon seul horizon)… j’ai décidé mardi soir d’y aller dans l’après midi de ce mercredi (pour voir au moins l’une des trois consacrée, en liaison avec le festival « C’est pas du luxe », à un travail en collaboration avec les habitantes et habitants précaires de pensions de famille mais ce matin Météo France annonçait de la pluie fine pour le matin et des risques de pluie forte et d’orage pour l’après-midi… Le ciel était couvert, la pluie réfléchissait peut-être dans un coin du ciel… avant qu’elle se décide je suis sortie un peu avant dix heures ayant pris soin de mettre le chapeau de pluie magique qui la chasse 


et je suis partie vers le bureau de tabac de la place de l’horloge dans un ciel qui semblait presque décidé à laisser entrevoir des taches bleues 



d’où je suis revenue avec une boite de cigarillos, le Canard enchainé, un «dossier » du Canard sur les présidentielles et un carnet de mots codés. 



Un peu après quinze heures la pluie était nt installée mais sans violence ai mis (ce qui me donnait un aspect passablement étrange) mon petit coupe-vent et le chapeau (qui pour la première fois a eu droit à être mouillé) et m’en suis allée déposer mon chèque de loyer au cabinet de gérance.



Je ne suis pas rentrée directement bien entendu... et j'en étais fière de moi mais bien que la pluie ait cessé avant que j’atteigne la rue Saint Agricol ma fierté a cédé devant ma lâcheté, je n’ai pas voulu provoquer un virtuel orage pour l’instant endormi, la lumière était trop morte pour me donner envie de voir des oeuvres etc… ma foi je suis rentrée et j’ai décidé de me désintéresser de ce que disait le ciel (j’ai juste entendu que je n’avais pas eu tort… un déluge est passé)


J’ai repris le Recueil « Outremer » des éditions Bruno Doucey qui s’ouvrait après la Martinique sur Saint Pierre et Miquelon  et j’ai cherché le « mot » dans les textes des trois auteurs retenus. Je ne l’ai pas trouvé chez Henri Lafitte, mais chez


Eugène Nicole


En escale dans l’archipel, l’Aventure s’amarrait à l’appontement lointain, presque en haute mer, du quai du Frigorifique, vers lequel, revenant de la ville, leurs permissions finies, s’acheminaient toujours de longues grappes de marins souls. D’autres, en sens inverse, atteignaient le coude de la route du Cap, qui fut longtemps marécageux, avant que les choses s’embellissent.


Tu prendras ainsi ton regard. Tu l’effileras dans la lave cailloutée du rocher qui-menace-de-basculer sur la crête de la colline. Il écraserait en tombant sur la chaussée ces cols bleus plaintifs dont la cohorte s’égrène, que des filles vont racoler, qu’elles incitent à se battre pour s’assurer qu’elles ont aimé le plus costaud, le plus salaud d’entre eux, qui, triomphant de ses rivaux, les enveloppera dans les rabats de sa vareuse déchirée…


et chez Alexis Gloaguen


La neige fond en granulés sur les roche du bord de mer. Les escarpements étagent leurs glaces en offrandes liserées d’embruns. À peine interrompu, l’ancien câble transatlantique sort effiloché de l’océan, sous les ruines de la cabane du télégraphe…


Autre fonte en moi : celle du thé, liqueur en l’écrin de froid, rêche comme la brûlure de l’herbe? C’est un mélange des humeurs de l’eau et du corps, de l’air, des pierres et de la pensée. Ainsi la mer flue dans les failles et, en suspens, entremêle mort et beauté…

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