et je suis partie vers le bureau de tabac de la place de l’horloge dans un ciel qui semblait presque décidé à laisser entrevoir des taches bleues
d’où je suis revenue avec une boite de cigarillos, le Canard enchainé, un «dossier » du Canard sur les présidentielles et un carnet de mots codés.
Un peu après quinze heures la pluie était nt installée mais sans violence ai mis (ce qui me donnait un aspect passablement étrange) mon petit coupe-vent et le chapeau (qui pour la première fois a eu droit à être mouillé) et m’en suis allée déposer mon chèque de loyer au cabinet de gérance.
Je ne suis pas rentrée directement bien entendu... et j'en étais fière de moi mais bien que la pluie ait cessé avant que j’atteigne la rue Saint Agricol ma fierté a cédé devant ma lâcheté, je n’ai pas voulu provoquer un virtuel orage pour l’instant endormi, la lumière était trop morte pour me donner envie de voir des oeuvres etc… ma foi je suis rentrée et j’ai décidé de me désintéresser de ce que disait le ciel (j’ai juste entendu que je n’avais pas eu tort… un déluge est passé)
J’ai repris le Recueil « Outremer » des éditions Bruno Doucey qui s’ouvrait après la Martinique sur Saint Pierre et Miquelon et j’ai cherché le « mot » dans les textes des trois auteurs retenus. Je ne l’ai pas trouvé chez Henri Lafitte, mais chez
Eugène Nicole
En escale dans l’archipel, l’Aventure s’amarrait à l’appontement lointain, presque en haute mer, du quai du Frigorifique, vers lequel, revenant de la ville, leurs permissions finies, s’acheminaient toujours de longues grappes de marins souls. D’autres, en sens inverse, atteignaient le coude de la route du Cap, qui fut longtemps marécageux, avant que les choses s’embellissent.
Tu prendras ainsi ton regard. Tu l’effileras dans la lave cailloutée du rocher qui-menace-de-basculer sur la crête de la colline. Il écraserait en tombant sur la chaussée ces cols bleus plaintifs dont la cohorte s’égrène, que des filles vont racoler, qu’elles incitent à se battre pour s’assurer qu’elles ont aimé le plus costaud, le plus salaud d’entre eux, qui, triomphant de ses rivaux, les enveloppera dans les rabats de sa vareuse déchirée…
et chez Alexis Gloaguen
La neige fond en granulés sur les roche du bord de mer. Les escarpements étagent leurs glaces en offrandes liserées d’embruns. À peine interrompu, l’ancien câble transatlantique sort effiloché de l’océan, sous les ruines de la cabane du télégraphe…
Autre fonte en moi : celle du thé, liqueur en l’écrin de froid, rêche comme la brûlure de l’herbe? C’est un mélange des humeurs de l’eau et du corps, de l’air, des pierres et de la pensée. Ainsi la mer flue dans les failles et, en suspens, entremêle mort et beauté…








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