et j’ai pris le chemin, tout doux, dans les rues qui s’ébrouaient lentement, vers le distributeur de billets de ma banque puis le Carrefour de la rue de la République…
Retour en ajoutant un cookie dans le sac pendu à mon épaule qui contenait des purées de pomme de terre et de courgettes en portions, un peu plus de trois cents grammes de cabillaud, cent grammes de crevettes, de la salade de concombre à la crème et six pancakes… Nettoyage quasi parfait (elle se salit si vite que la perfection est impossible même pour plus doué que moi) de la cour, un peu d’internet, cuisine, déjeuner appliqué et sieste d’où je me suis réveillée avec un grand désir de faire grève au programme prévu, désir auquel, honte à moi, j’ai cédé… pour l’oublier j’ai cherché des allusions à la pluie dans le premier livre qui m’est tombé sous la main, le recueil « Outremer - Trois océans de poésie » des Editions Bruno Doucey mais en le feuilletant je me suis arrêtée sur un poème de Serge Patient (Guyanne) sans aucun rapport avec ce thème
Cayenne est désolée que déchire un canal
et sur le pont Cugnot
jeté
entre les sous-marqués et la misère noire
comme si la
ville en rive droite
avait son
cul en rive gauche
les négrillons nombrils-boudins
faisaient pieds nus
autour des chiens-collés
la ronde à bleue-pistache
et les pêcheurs riaient
ou bien froissaient
entre leurs mains-batouèles
les décrasseux
et les billets de monnaie-singe
et sur le pont Cugnot passait
indolemment créole
et pas encore catin
la fille au madras rouge
comme coiffée du sang de sa virginité.
Le pauvre correcteur de Pages a beaucoup souffert et désapprouvé.










6 commentaires:
Bonjour amie Brigitte cela semble difficile de publier, je renouvelle un essai ce matin, très beau poème....Et découverte pour moi. Bon samedi amie
et j'ai tenté avec une obstination grande et infructueuse de vous commenter et vous souhaiter un petit blues normal et limité, en douceur, pour cette installation dans la retraite... désolée (difficulté avec tous les blogs ce matin)
Oui, de la pluie, j’entends toujours les arbres et la nature crier. Désolé, mais la vision de ces blocs de glace me donne des hauts-le-cœur.
ah moi aussi (mais c'est une réaction née du fait que depuis vingt ans cela m'est striictement interdit... et avant j'aimais mais avec exigence et pas celle conservée)
Des correcteurs ,.. incorrigibles
qui veulent croire qu'ils ne sont pas qu"instruments mais pensent
Enregistrer un commentaire