L ‘orage prévu dans la nuit a cessé plus pot que je pensais… je suis sortie pour perfectionner comme pouvais le nettoyage qu’il avait effectué dans la cour, mais quand me suis habillée au moment d’entamer mon programme du jour j’ai pris, outre le chapeau de pluie/mainteneur de cheveux, ma vieille petite veste de chasse de garçonnet qui me rend encore plus bossue que nature,
que j’ai ouverte en montant vers la place de l’horloge puisque la pluie que je supposais prête à revenir n’était à ce moment plus que souvenir
Canard enchainé, cigarillos et mentos dans mon sac, je suis partie vers la place du Palais
et le marché de « La Bella Italia » ouvert depuis dix minutes qui n’avait guère que quelques visiteurs à part un groupe un peu étonné de touristes et encore moins d’acheteurs… J’ai fait un petit tour, j’ai repéré un sac dont j’ai eu envie pour cet hiver chez mon habituel maroquinier de Campanie mais comme je n’étais pas certaine d’en avoir besoin et qu’il était d’un prix modéré mais encore trop cher pour mes résolutions d’économie je me suis abstenue, au moins pour ce jour, et récompensée en achetant le petit plat en barbotine vert sombre qui me tentait (moins irraisonnable mais qui était encore achat irréfléchi) et cinq petites galettes à la pistache pour mes thés
et suis redescendue vers l’antre… la façade de l’ex conservatoire en cours de restauration, superbement ravalée, m’a arraché une rapide grimace par sa blancheur (il me semblait que ls reliefs perdaient de leur acuité… dois aimé la saleté)
J’ai cherché que faire du plat, ai trouvé un coin de placard où l’enfouir (espérons que l’oubliant je ne lui infligerait pas de contact trop violent avec ustensiles, boites ou autres plats, l’espace est très exigu et le rangement si on peut dire remodelé selon les besoins du moment sans trop regarder, car au ras du sol)
Du reste du jour ne vois rien à dire… si ce n’est que reprenant les poètes de la Méditerranée, j’ai retenu chez
Valerio Magrelli
La fonction prophylactique
du langage politique
consiste à empêcher
tout contact direct avec les choses
Grâce au développement des nouveaux matériaux
le code est désormais réduit comme un voile
imperceptible (je dirai même sans couture)
qui permet d’éprouver ce qui se passe
là où il ne se passe rien.
et Isabella Leardini
Toutes mes années qui se ressemblent
je les aligne dans les cours et sur les balcons
comme à la fin de l’après-midi des jouets
qui restent là pour chavirer dans la nuit
puis passent des matinées entières à sécher
et perdent peu à peu leurs couleurs.
Chaque fois que je m’arrête j’établis ma demeure
Et dans chaque maison je façonne une cour
avec ce qui reste des choses à l’abandon.
Mais peut-être n’est-il possible de vivre
qu’en l’un ou l’autre de ces états inapaisés
celui qui habite toute chose et celui qui passe
depuis toujours, celui qui ressemble au vent et celui qui tient le rôle du mur.
PS La pluie a eu des retours en force en début de nuit avec l'accompagnement du tonnerre et cela a tourné à l'orage... J'étais petit animal tremblant.















2 commentaires:
« éprouver ce qui se passe là où il ne se passe rien » (c’est très frappant) (beau plat en tout cas !)
bien cachéé au fin fond d'un placard au ras du sol sous deux autres long et derrière casseroles et poeles, juste une présence (sourire)... paut petre un goûter en compagnie au printemos dans la cour
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