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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

samedi, octobre 31, 2026

Deux requiems dans la nuit

 


Températures du jour et de la nuit en dessous des moyennes pour Avignon au 30 octobre, ciel majoritairement bleu, air quasi immobile et carcasse ayant pris du poids (satisfaction du devoir accompli et énervement de ce que je considère comme un manque de retenue)… Après un réveil tardif, j’ai enfilé le pantalon de coton molletonné beige, un débardeur de soie noire, un court chandail duveté rose, endossé la veste en jean avec appareil photo dans une poche (ce qui s’avèrera un peu juste pour ce presqu’hiver précoce), enfoncé la cloche de laine grise sur mon crâne, suis sortie...



M’en suis allée plus tôt que d’ordinaire dans les rues qui commençaient à s’ébrouer vers le Carrefour de l’avenue de la République



et j’en suis revenue avec dans le sac pendu à mon épaule des soupes, un cookie fourré, deux parts d’écrasé de pommes de terre et carottes et du cabillaud sous vide, auxquels j’ai ajouté sur le chemin du retour des gnocchis enfoncés dans ds aubergines en sauce… déjeuner, lourde sieste, taches ménagères et le dernier épisode de la série « Impossible » sur Arte…



Je m’en suis allée dans la nuit naissante vers l’Opéra



et ma place au troisième balcon, repérant en traversant le foyer au second étage qu’Halloween s’était invité,  pour écouter le Requiem de Fauré (1893) et le Requiem de John Rutter (1985)

Composé en 1985 à la suite de la disparition de son père, le Requiem de Rutter entretient un lien particulier avec celui de Fauré, dont il s’est longuement imprégné avant d’écrire sa propre partition. Chez les deux compositeurs, loin de l’effroi du jugement dernier, le requiem se fait œuvre de sérénité et de consolation, recentrée sur le sens premier du mot : le repos.

Écrit en pleine maturité, le Requiem de Fauré se distingue lui aussi de la tradition liturgique par l’absence du Dies iræ et par la douceur de pages devenues emblématiques, comme le célèbre Pie Jesu ou l’In paradisum final.

Deux œuvres séparées par près d’un siècle, mais réunies par une même quête de lumière et d’apaisement, pour une soirée dédiée à la beauté du champ

Interprétés par le choeur et l’orchestre de l’Opéra sous la direction d’Alan Woodbridge avec Guillaume Andrieu (baryton), Raphaële Andrieu et Fleur Bouilhet (soprani) et Jean-Michel Robbe à l’orgue.

Le concert commençait par le Requiem de Rutter (et m’insérant entre deux couples aimables, spécialement ma voisine de droite que je sentais vibrer, j’étais un peu gênée à l’idée de devoir éventuellement les déranger pour sortir, même si je me suis détendue face à des petits échanges et le confort d’écouter en si bonne compagnie. Je découvrais sa musique, presque intemporelle sans être néo-classique, des nappes de sons dialoguant, des ombres douces, des traits de lumière et un moment où le rythme se fait violent et affirme avec évidence le 20ème siècle.
Pour effacer la petite gêne, j’ai profité de l’entracte pour, avec une petite gymnastique qui a fait tremblé mais ne posait pas vraiment de danger je me suis installée un peu plus loin, un peu gênée par une colonne mais il me suffisant de me pencher et puis la musique se suffisait à elle même, pour mon cher Requiem de Fauré et sa beauté qui réussit avec un effectif plus réduit et notamment les bois alors que Rutter donne un beau rôle à mon cher hautbois, moins de cordes mais avec un orgue et une harpe à être plus solennel et peut-être recueilli (Rutter est plus dans le sentiment) mais tout aussi doux, beau et émouvant.


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