commentaires

désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

samedi, novembre 29, 2008

admiration toujours accrue devant ceux qui se battent avec leurs corps, les autres et le froid pour survivre dans la rue. Et honte de le savoir mais abstraitement et de ne le sentir avec empathie qu'en subissant mal et piteusement un inconfort très passager en y marchant. Je hais l'hiver (sans originalité mais avec toute la véhémence dont je suis capable une fois dégelée). J'ai constaté que je m'étais débrouillée pour avoir, pour le soir du 28 novembre, des billets à la fois pour Fantasio au Chêne noir et pour le tremplin des jeunes chanteurs à l'Opéra, et suis partie en début d'après-midi changer le premier billet.
Les baraques de Noël étaient en cours d'installation, avec une jolie (enfin disons de saison) musique et quelques petits rires glacés, mais cela n'arrivait pas à rendre moins lugubre l'arrivée sur la place du Palais - une barre en travers du front, les yeux pleins de larmes, le souffle coupé, les jambes en plein vertige. Et mon crâne rabougri dans sa boite a été incapable, devant la porte close du théâtre, de me donner l'ordre de faire le tour du pâté de maisons. Suis rentrée en me tenant aux murs (mais à vrai dire en forme renaissante) pour découvrir qu'en effet la billetterie est place de la Bulle, un bien joli endroit tout à coté de celui où j'ai rebroussé chemin, et où j'essaierai de passer plus tard pour acheter une nouvelle place.

Thé, migraine, les phrases des émissions en l'honneur du centenaire de Lévi-Strauss glissant sur moi, la nuit se ruant pour s'installer dans ma cour. La liberté, le fait de ne pas être contrainte à une activité quelconque, est redoutable.
Me suis donné un coup de pied dans le derrière (je n'y suis pas arrivé, et j'ai trébuché, la souplesse s'en est allée) et suis partie pour un programme pléthorique avec Donizetti, Delibes, Bellini; Mascagni, un poquito de Mozart, Offenbach, re Of.,en première partie (pas de Haendel ou de Dusapin, ce qui, je l'avoue, est normal) pour entendre une palette de voix : Joanna Malewski soprano, Isabelle Druet mezzo, Mathias Vidal ténor, Benoit Arnould baryton-basse, et Emmanuel Normand piano.
http://www.adami.fr/fileadmin/user_upload/Talents_Adami/Revelations_classiques/2007/DP_Tournee_Revelations_Classiques_2007.pdf
Une soprano à la jolie silhouette, spirituelle, dont je n'aime pas la voix dans les moments de bravoure (avis qui d'après son jeune palmarès doit 'être hautement personnel) - un tout petit ténor brun à la jolie voix, sympathique et qui n'abuse pas des effets (mais, boudiou, que je n'aime pas l'air de Mireille qu'il nous a infligé entre autres !) - une mezzo sans doute enceinte, d'après ma voisine, et mal habillée mais très agréable, ou mieux - et un baryton-basse que mon amie d'un soir (fauteuil voisin) n'a pas aimé et que j'ai beaucoup aimé (une voix ferme et colorée - très musicien). Et en seconde partie (première :ténor - après l'entracte :baryton), le programme, après un air de Cosi, un air de Figaro dans les Noces et l'air d'Angelina dans la Cerentola, continuait en sortant toujours agréablement du bel canto avec deux airs de Bizet et un air de "l'heure espagnole" de Ravel.
Plus sobre que le cru de l'année dernière - agréable et une salle acquise, et invitée.

Et tout ceci n'a d'autre intérêt que d'être, pour moi, une petite pierre pour remplir mon calendrier.

vendredi, novembre 28, 2008


aaaattttchoum

bouh - ouin
er puis, si, aussi
"L’économie du soir et ses désirs familiers, les ombres s’ébrouant (qui sait quelle bride sur le cou), à leur tour noyées dans la nuit qui vient. Choses auxquelles on ne peut s’abandonner mais qui distraient dans les moments d’ennui. Adopter si l’on se lève une allure indifférente. Aménager une province éloignée de soi où l’on s’est retiré, siège d’un désastre en réduction. Ne pas trouver plus frais qu’une eau limpide, un corps vitré. Le corps d’un œil aimé longtemps avant, dans l’enfance. L’eau qui scintille entre des branches à l’instant où le vent les écarte."

juste un peu avant la fin, de "tout et du temps est un grand maigre" de Dominique Quelen et ses belles 22 pages lues en un moment de lucidité.
http://www.publie.net/tnc/spip.php?article179 pour présentation, premières pages....

jeudi, novembre 27, 2008

exploration de ce jour
entrer comme on le peut, franchir l'apparente transparence, jeter une échelle et descendre au travers de mes mois, ces couches qui remontent, descendent, se mêlent -
ne pas s'inquiéter des divers trous que des couteaux y ont creusés, résister à la tentation de caresser les noeuds de nerfs usés, gonflés, à vif, pour ne pas y faire vibrer une petite douleur, merci à vous.
rencontrer une avidité, une soif de découverte quiètement endormie aujourd'hui, la chatouiller gaiement pour qu'elle s'ébroue un peu, c'est le meilleur coin -
passer sur la pointe des pieds sur les furoncles envieux, et vérifier qu'ils sont sous contrôle -
bercer un peu, mais avec une ironie salubre, les petites plaintes éternelles et soigneusement futiles, qui sont paravents -
soulever des rideaux, franchir des portières, traverser les ébauches de savoir, les petites pépinières qui s'obstinent à essayer de produire -
et dans le creux final, trouver, comme trop souvent, comme la plupart du temps, un petit animal effrayé, qui vous regarde, se rétracte un peu, se fige et puis éclate en rires ou en mots comme un bouclier orné.
revenir demain.
fausse découverte en réponse à l’exercice 69 d’écriture ludique, proposé par Michel http://www.ecritureludique.net/article-25125250.html
Grignan étant descendu jusqu'à nous, virée achats-papotage-déjeuner rapide et agréable de deux soeurs dans Avignon (et j'ai déclaré forfait pour la suite dans un centre commercial).
à l'opéra "tango métropolis" un spectacle qui tourne (un peu comme le Porgy and Bess) avec cinq couples de danseurs et un quintette mené par Daniel Binelli au bandonéon - beaux et professionnels extrêmement
et pour moi (mon humeur ou le spectacle ?) cela a commencé par une contemplation doucement ennuyeuse d'une danse acrobatique et sensuelle, formidablement exécutée, qui m'émouvait ou m'interessait presque autant que le premier métro du matin. Un agacement qui faisait barrage, et puis, l'humour intervenant, j'ai accroché
et pendant toute la seconde partie j'ai goûté l'orchestre et trouvé la danse jubilatoire, avec une saveur émouvante, surtout interprétée par deux des chorégraphes, Claudio Hoffmann et Pilar Alvarez. Une agréable soirée.

mercredi, novembre 26, 2008

je ne savais si c'était ma machine de plus en plus malade, mais depuis quelque jours je ne pouvais plus ouvrir et enregistrer les fichiers PDF ou PDF eBook de "publie-net" - il y a maintenant, incorporée à ma petite bibliothèque personnelle sur le site une liseuse qui me donne tout de même accès mais me contraint à lire sur mon ordinateur qui tient mal la distance.
Et passé une vingtaine de pages je devais m'arrêter - Cela m'a permis tout de même d'entamer mardi matin (et depuis l'équipe de Publie-net s'est penchée sur mon cas avec patience et a réglé le problème) la lecture de "la chambre des cartes" d'Olivier Rolin http://www.publie.net/tnc/spip.php?article90 (présentation, premières pages, téléchargement éventuel) par le premier texte; la "chambre des cartes" justement, des plus sommaires ("alors un des vieillards se leva et, avec le bout de sa pique, il traça la côte de Tartarie, à l'ouest, courant à peu près nord et sud..." Jules Verne cité par Rolin), aux plus belles (simplement par l'extrême soin apporté comme pour cette carte anglaise du 18ème "un trait sûr et fin, une côte diagonale, avec une île au large. Un lavis bleu cerne ces lignes....sur la terre, en biais, trois lignes serrées d'une écriture arachnéenne sont un commentaire succinct sur l'aspect de la côte. Presque rien, une composition évanescente, le dessin flottant ténu, dans le vide du papier..." ou par une recherche presque exhubérante et « la minutie à dessiner, arbre après arbre, la toison pommelée des jungles, ou bien le hérissement minéral des orgues basaltiques... « ), une recension de tout ce qui peut être dit sur la fascination qu'elles exercent sur tant d'entre nous (et je rêvais tout autant, ou presque, sur les cartes très détaillées de l'IGN que mon grand-père affichait dans une pièce de nos maisons de vacances, pour programmer ses petites expéditions, cane en main, et grandes enjambées, suivies par une bande, une marmaille joyeuse ou boudeuse de toutes tailles, et moi qui était la plus vieille, et que ces mini expéditions ennuyaient au plus haut point, je tentais de plaider que ce rêve me suffisait) ou la carte marine de la baie d'Alger encadrée dans le bureau de mon père - et il y a une histoire accélérée de leur établissement, les blancs et les dessins qui les meublent, les noms merveilleux, quelques pages hors notre monde pour évoquer la terre, jusqu'aux dernières lignes :
"Quels décrets mettent fin à ces pays ? Et le "Royaume de Fatigar" ? Ah, celui-là, c'est mon préféré. Il se trouve, chez Ortellius, à peu près à la place de Granze (mais pas de Canze). On le reconnaît sans peine dans le "Fatigara" du Sieur Sanson d'Abbeville, et puis après, pffuittt, volatilisé, on n'entend plus jamais parler de lui. Pourtant, être roi de Fatigar... Un roi Babar fatigué... Ah, que sont devenus la Seigneurie de Granze et celle d'Orsenna ? Et le Farghestan, et le royaume de Fatigar ? Où sont les neiges d'antan ?" peut-être un stade en dessous, un rien plus banalement pensé, mais qui parvient toujours à me faire rêver
Et puis, s'ouvre ensuite "Mes Ruines" avec ce début de bonne saveur :
"Enfant, j'aimais les relations des explorateurs. Je suivais leurs marches harassantes, je dessinais de petites croix sur les cartes pour marquer le lieu où ils avaient été mangés. J'en étais triste pour eux, un peu, mais au fond pas tant que ça : leur fin permettait de clore un chapitre qui commençait à devenir ennuyeux..."
Et bien entendu, pour voir des cartes, il y a http://expositions.bnf.fr/cartes/index.htm ou http://classes.bnf.fr/idrisi/index.htm ou http://classes.bnf.fr/idrisi/index.htm
ou .... je vous laisse chercher
assemblée, RSA et un lambeau d'audiovisuel - ménage - migraine légère et départ pour l'opéra-théâtre pour un récital de piano, enfouie sous des pelures superposées.
Pour la première fois un concert de musique de chambre faisait presque salle comble, effet de la notoriété de Boris Berezovsky et du goût qui me fait défaut pour le piano romantique (enfin pour moi avec des exceptions qui, chez Liszt, prévu en seconde partie commence justement avec la grande sonate en si mineur, seule oeuvre prévue au programme maintenue après les changements de dernières minutes.
La sonate "appassionata " de Beethoven a été remplacée par la sonate n° 21 et la virtuosité de l'allegro con brio a roulé sur ma déception (plutôt pour la suite) pendant que je dégelais, décoinçais mes épaules etc... et puis, avec les lentes notes graves de l'adagio molto, jouées tête de côté, comme en rêvant ou écoutant, je suis entrée à la suite du pianiste dans la musique.
Ce qui a un peu aténué mon dépit de savoir que la fantaisie de Schubert que j'attendais avec plaisir était remplacée par le scherzo n°1 et le n°2 de Chopin, d'autant que j'apprécie le second (sans plus, je l'avoue - il me manque vraiment la case Chopin)

après un entracte immmmense, la richesse de la sonate de Liszt et retour nez dans le vent glacé qui montait du Rhône.
Et puis repris le débât à l'assemblée, fascinée de voir comment les députés de la majorité vont accepter (et je le pense pour certains à grande peine) de confier de plus en plus l'intelligence des français à ces gens là.. (même si je ne suis que fort peu concernée, n'ayant jamais eu et ne voulant pas de télévision
)

mardi, novembre 25, 2008

l'arbre, le jardinier, la fuite de la fable
il était un petit arbre, pas si petit, pas si jeune, mais qui le croyait, parce que les grands vieux imposants autour de lui le lui disaient, et lui donnaient de beaux conseils, pour devenir superbes comme eux.
Mais ils l'entouraient de si près, avec leur pesanteur immobile, eux que même les plus grands vents ne faisaient plus danser, qu'il se sentait humilié, empêché, sans espoir, malgré les promesses de son ami jardinier.
Alors il restait dans leur ombre et il s'appliquait et de toute sa sève, sa volonté, son essence, il se faisait souple, beau, image de minceur et certitude de force, et il était fier, les visiteurs lui souriaient, le caressaient en passant, mais il s'ennuyait un peu
Ni les vents, ni les oiseaux survivants ne parvenaient jusqu'à lui.
Alors il s'est mis à danser, ployant ses branches, leur faisant dessiner des courbes inattendues, tout un langage qu'il inventait et qui n'avaient jamais été pensées pour un arbre, toute une anarchie gracieuse et mélodieuse.
Le jardinier s'est gratté la tête, a soupiré, et puis s'en est allé chercher une échelle et une scie, parce qu'il était jardinier novice, sans savoir, mais plein d'application et de bon vouloir. Il ballait de la tête ; l'échelle se prenait dans ses jambes comme ses idées dans leurs efforts en quête de certitude.
A ce moment un amoureux des arbres s'est arrêté derrière son amie qui, assise sur un banc, regardait l'arbre et le jardinier, suspendant la marche de ce dernier, en cherchant comment, dans sa fable, elle allait empêcher son geste : par le chant d'un oiseau, une racine traîtresse... et quelle morale pourrait bien en sortir.
L'amoureux des arbres a ri, la fabuliste a grimacé et fermé son carnet, le jardinier les a regardés puis s'en est retourné et les branches ont envoyé des signaux de fin d'alerte.
La morale ? on ne s'invente pas plus fabuliste qu'un arbre ne peut se faire ballerine
La seconde morale ? est-ce tellement certain ? l’arbre proteste.
Une morale personnelle : la nuit est faite pour dormir, cela évite en partie les yeux battus, la petite douleur qui se cache derrière, les rares idées en fuite à la poursuite de la volonté.
honteuse déroute dans une tentative pour répondre à l’exercice 71 d’écriture ludique proposé par isa/zabilou « fable » sans plus
http://www.ecritureludique.net/article-25016026.html

lundi, novembre 24, 2008


sans utopies
"tout est pur pour qui est pur" - Brigetoun a levé les yeux de la page, a eu un frisson de peur, comme chaque fois qu'un de ces merveilleux êtres qui se mélent d'écrire leur pensée pour la diffuser, la donner comme modèle, emploient le mot pur - cette méfiance qui lui aurait presque fait préférer des perles baroques aux perles fines, et la pâte d'un Rubens à la sècheresse du Boticcelli d'après Savonarole, avec son habituelle tendance à passer des idées aux sens - et puis elle a relu et l'assemblage des mots, la phrase, l'a un peu tranquilisée. .
Enfin pas complètement.
On évitait le goût exclusif de la pureté, cette tentation exaltante de son adolescence, et l'asphyxie glacée des régions éthérées, on évitait les désastres habituels, sauf peut-être pour ce pur qui finissait la phrase, celui qui contemplait le monde, le tout.

Dans la béatitude bienveilllante avec laquelle il décidait de regarder, au travers de la brume lumineuse et indulgente qu'il posait sur ce tout, le danger de le voir se lancer dans une utopie bien cruelle, de faire effort et faire des règles pour que tout et tous le rejoignent dans le sublime, ce résultat inévitable de la certitude d'incarner le bien, ou de le connaître, toute cette négation de la vie, s'éloignait.
Mais il lui est venu une petite inquiétude tendre pour le pauvre fou qui se refuserait à voir la réalité, et la pensée de tous les coups qui viendraient ébranler son étincelante armure.
Et puis une autre, parce que l'être pur qui regarderait le tout puis constaterait en s'y frottant que la pureté était peut-être un peu moins universelle qu'il ne l'avait pensé ou décidé, devrait fatalement, par amour, par bonté, pour se protéger aussi, ou simplement pour baigner dans une bulle digne de lui, être tenté d'intervenir, ou d'orienter, de plaider - en ce cas; même s'il s'appliquait à la discrétion, l'euphorie de sa vision ne le rendrait pas forcément de bon conseil.
Alors, le livre posé sur ses genoux, les yeux perdus dans le vide et l'immensité de son ignorance, elle s'est souvenu de ce que lui avait appris les vieux sages, que pour connaître le monde il fallait plonger, ou pénétrer, en soi, tenter de connaître, pour y résister inlassablement, l'étendue de ce qui la poussait comme tout vivant à s'éloigner du bien, de la droite et honnête ligne, sans jugement de valeur, juste dans le souci de l'harmonie, et qu'ainsi, normalement, on devrait pouvoir connaître le monde, les autres, et, sans crainte, y oeuvrer.
Et bien entendu, comme toujours, elle s'est perdue et c'est avec un sursaut qu'elle a retrouvé son inaptitude totale à juger ou simplement voir clairement quoi que ce soit. L'immensité du travail l'a découragée et cette petite chose qu'elle avait tout de même remontée à la surface : sa paresse sans limite, et peut être un soupçon d'indifférence.
Alors c'est avec un peu d'envie, juste un peu, pas au point de vouloir être parmi les purs - et avec tout de même une interrogation fugitive sur une majuscule qui lui évoquait des créatures à la réalité douteuse, mais si merveilleusement étrangères à la notion de pureté - qu'elle a repris sa lecture, pour rencontrer le bonheur de celui qui s'y exprimait : "aujourd'hui je confesse mes Grâces"

exercice 3 d'écriture ludique "début et fin" proposé par Shin Haiah, et le début et la fin à garder sont bien entendu, "tout est pur pour qui est pur", et "aujourd'hui je confesse mes Grâces "- http://www.ecritureludique.net/article-12437351.html - hum peut être ambitieux pour mes capacités.
En attendant, j'ai (et cela risque de se reproduire avec cet appareil) posé une vision floue du bout de mon doigt sur la pureté glacée que le vent avait donné à notre ciel dimanche matin, mais gommé un peu les multiples irrégularités, marques d'outils sur ma petite bonne femme. Et le vent nous ayant quitté, la pluie est venue avec la nuit.

dimanche, novembre 23, 2008

petite verticale qui se donne une illusion de liberté,
s'esquisse en flamme;
mais circonscrite par son élan
et le cadre dont elle peine à s'échapper,
le rendant plus évident par cette pulsion même,
portée par cette assise,
ces deux points d'appui en leur dissemblance

je suis revenue des halles avec deux paniers pas si lourds sauf pour moi peut-être et un ventru sac de linge qui se prenait dans mes jambes, je sentais mes épaules hurler et avec la bourrasque de vent en arrivant au bout de la place de l'horloge, au débouché de la petite rue qui longe la Banque de France en descendant de la place du palais, j'avançais comme une barcasse en désespoir.
Aussi élégante et beaucoup moins efficace qu'Émile, dont on sait qu'il s'appelait Zatopek et qu'avec Mimoun, et un peu Jazy, il est un des rares athlètes dont j'ai connu l'existence dans mon enfance, à travers les photos de Match que j'avais permission ou envie de regarder
"Émile, on dirait qu'il creuse ou qu'il se creuse, comme en transe ou comme un terrassier. Loin des canons académiques et de tout souci d'élégance, Émile progresse de façon lourde, heurtée, torturée, tout en à-coups. Il ne cache pas la violence de son effort qui se lit sur son visage crispé, tétanisé, grimaçant, continûment tordu par un rictus pénible à voir. Ses traits sont altérés, comme déchirés par une souffrance affreuse, langue tirée par intermittence, comme avec un scorpion logé dans chaque chaussure. Il a l'air absent quand il court, terriblement ailleurs, si concentré que même pas là, sauf qu'il est là plus que personne et, ramassée entre ses épaules, sur son cou toujours penché du même côté, sa tête dodeline sans cesse, brinqueballe et ballotte de droite à gauche".Et Jean Echenoz fait le contraire, et dans une langue parfaite et élégante, avec une évidence qui gomme tout le travail, il nous emmène, avec sympathie et gentille ironie, avec Émile, en parlant aussi de la guerre, des athlètes d'état; de la guerre froide, de la bureaucratie, de l'emballement des publics.

samedi, novembre 22, 2008

un ciel ravissant vendredi matin, réellement, sans trop de douceur, et une Brigetoun telle que
des gens extrêmement intéressants (et de belles images) le matin, paysagistes, agronomes, les vengeances de la nature, évocation du semis direct et du mulch au Laos (pas assez esthétique pour les thaïlandais), les arbres dans les champs, l'aménagement, en portant attention aux lignes et aux teintes, d'un domaine dans les Alpilles pour un milliardaire, et l'intervention d'un secrétaire général des jeunes agriculteurs du Vaucluse, intelligent, simple, aux très belles mains. Le tout bien entendu aussi fouillé que le permettait le temps imparti à chaque intervenant.
L'après midi consacré à l'eau, à sa collecte, sa répartition, avec notamment l'intervention de Mohamed El Faïz (j'ai résisté à la tentation d'acheter son livre sur "les maîtres de l'eau") sur l'irrigation de la région de Marrakech et la nécessité de remettre en vigueur les savoirs hydrauliques traditionnels pour permettre la survie des petits paysans.

Et après une charge de Michel Drain, Directeur de recherche au CNRS, sur l'Europe et la tentative d'internationaliser l'eau (programme abandonné actuellement pour un canal entre le Rhône et Barcelone), j'ai supprimé les deux dernières interventions, et approfondi ma découverte des bus avignonnais (trajet pas évident pour une estrangère) pour aller voter, faute de mieux, pour Aubry.
et cette fois je pense que je redeviens simple électrice (une orientation que je désaprouve pour Ségolène, Valls et les grosses fédérations hautement démocratiques et pour Martine Aubry le poids de toutes les vielles luttes - bonne chance à ceux qui sont encore dans l'action)
Je lis avec un plaisir plus grand encore que je ne l'augurais d'après les avis recueillis, "courir" d'Echenoz et m'en vais dormir

vendredi, novembre 21, 2008

une journée sans temps pour les blogs
une lumière matinale froide
les arbres qui s'éveillaient sur mon chemin
le jardin de Sainte Claire décoré par les élèves de la section Arts Appliqués du lycée Frédéric Mistral, pour les 8ème rencontres euroméditéranéennes de Vollubilis.
après un café chaud et assez clair, la première journée (une vingtaine d'assistants non professionnels sur un peu plus de deux cents inscrits)
"le changement climatique et son impact sur les écosystèmes terrestres" Bernard Seguin - directeur de recherche à l'INRA
"le changement climatique ; les paysages du passé, une clé du futur ?" Jacques Louis de Beaulieu de l'Institut Méditerranéen d'Écologie et de Paléoécologie
"nouveaux comportements" Jean Viard Sociologue
"changement climatique et santé" Jean-Pierre Beancenot - climatologue Directeur de recherche au CNRS
"l'approche envirpnnementale de l'architecture bioclimatique : un moyen de repenser la ville et le bâtiment" Frédéric Nicolas architecte DPLG
"l'anticipation des changements climatiques dans les choix du projet environnemental du Grand Lyon" Frédéric Ségur - service des arbres urbain de la communauté d'agglomération du Grand Lyon
"l'effet d'îlot de chaleur urbain :causes et remèdes dans la perspective du changement climatique" Jean-Louis Izard - Directeur de recherches - architecture bio-climatique
"Genius Loci, les référent vernaculaires de protection solaire de Calabre réinterprétés dans un projet contemporain à Reggio" Vincenzo Gioffré architecte-payagiste

et, sur ce bel exposé, en supprimant le dernier Brigetoun (bobo) a demandé un taxi et s'en est allé voter
échanges amicaux et décontractés (mais oui) et pu avoir le dernier bus pour rentrer, s'asseoir un quart d'heure et repartir au théâtre, pour un programme bien composé qui flattait enfin mon goût pour la fin du classicisme, mais moins celui des avignonnais, et dommage pour l'OLRAP la salle était loin d'être pleine (juste un peu plus que pour la musique de chambre).J'ai l'impression qu'il y a déjà eu des départs, spécialement dans les violons
Finalement assez contente de l'économie qui m'envoie cette année au 3ème balcon. En me déplaçant pour surplomber la scène, je goûte pleinement la musique presque comme quand à la Cité de la musique j'abandonnais mon superbe et confortable fauteuil à l'orchestre pour m'installer au promenoir, face au chef.

un chef invité : Rumon Gamba dont la gestuelle m'agaçait au début.
En ouverture le prélude à l'après-midi d'un faune de Debussy, avec la joliesse grave de la flûte (Odile Bruckert), et les vagues d'oû sourt la lumière
Trouvé sur le programme le quatrain de remerciement de Mallarmé
"Sylvain d'haleine premier,/ si la flûte a réussi,/ ouïs toute la lumière,/ qu'y soufflera Debussy" - bon ça sent un peu l'occasion, mais j'aime bien.
Et puis le concerto pour orchestre en la majeur K622 de Mozart avec François Slusznis, clarinette solo de l'orchestre. Premières mesures peut être un peu aplaties (sans doute idiot, ce que j'ai senti), les différents plans se mettant en place à partir de l'intervention du soliste.
Les ritournelles et les reprises cordes-vents de l'allegro - le dialogue tendu de l'adagio, le chant, et l'allégresse finale. Un plaisir.

après l'entracte les deux gymnopédies de Satie orchestrées par Debussy, raffinement; simplicité et l'omniprésence du hautbois de Frédérique Costantini, pour mon plus grand plaisir.
Et enfin, pour la première fois depuis que je suis avignonnaise, Haydn, avec la symphonie n°93 en ré majeur, le tonnerre du début, et puis le chant. La richesse et la superbe énergie de l'adagio.
Le dialogue des cordes en danse lente au début du deuxième mouvement etc.... avec les petites touches d'humour du Monsieur.
Rentré en ayant encore mal, mais le coeur en fête (plein de sourires au long de ma journée).
J'espère être à la hauteur du jour qui s'ouvre, avec le même programme (sauf le concert) - et serai toujours absente des blogs
.

jeudi, novembre 20, 2008

je n'avai pas lu "poteaux d'angle" d'Henri Michaux, ou sa version vieux sage, et je m'y suis plongée en dînant mardi soir, avec le plaisir de trouver exprimée de belle et ferme façon une vision du monde qui me convient, et d'y puiser, un peu en usurpatrice, justifications de mes faiblesses et quelques règles.
Noté, dans les toutes premières pages des petites sentences bougonnantes
"Garde intacte ta faiblesse. Ne cherche pas à acquérir des forces, de celles surtout qui ne sont pas pour toi, qui ne te sont pas destinée, dont la nature te préservait, te préparant à autre chose" (hum en ce qui me concerne à rien, passons)
"Réalisation. Pas trop. Seulement ce qu'il faut pour qu'on te laisse en paix avec tes réalisations, de façon que tu puisse, en rêvant, pour toi seul, bientôt rentrer dans l'irréel, l'irréalisable, l'indifférence à la réalisation."
et puis cette petite fable
"S. est pour toi un imbécile. Attention.
Imbécillité "de référence". Trop satisfaisant. C'est surtout, grâce à ton imbécillité que l'imbécillité de l'autre est pour toi si pleine.
Pourtant superficielle. Elle n'a guère que ta substance."
Et puis, comme cette simplicité est dense et que je suis dans une période désert à n'arroser qu'avec modération, j'ai pris pour finir mon poisson et m'acheminer dans le sommeil, un vieux policier de "lord Peter".
Le matin le soleil était une invite, et la température presque aimable, en accord avec mes projets

remise en forme des quelques tenues correctes - un peu de ménage - et frissons, os qui jouent des claquettes, amicale douleur de passage, et j'ai renoncé à l'avant-propos des deux jours de rencontres euroméditerranéennes de Vollubilis,et suis restée dans mon trou, portant ma tête avec un respect précautionneux.
Hors de question que cela se reproduise aujourd'hui, mais la journée va être pleine - je veux que ma forme de marmotte suive, même si je dois faire des choix (et financer deux taxis) puisque le vote pour le PS et un concert de l'OLRAP s'ajoutent à ce programme
http://www.aprova84.org/ressources/page.php4?class=service&n=893
après toute une vie d'activité librement consentie, la vraie Brigetoun revient, si ce n'est que j'ai perdu le chemin et que plutôt que vers la contemplatrice à la profonde pensée, je pencherais vers la vache ruminant presque paisiblement.
Mon vieil appareil copain m'a donné la dernière photo - pas si mal, mais il refuse l'extérieur
PS soutien platonique à l'Education nationale

mercredi, novembre 19, 2008

pauvrette suis.... ou les malheurs de Brigetoun
quand carcasse renâcle (pourtant un peu seulement) tout autour de moi se désagrège. J’ai entendu un grand bang et constaté que mon radiateur s’était en partie descellé du mur. Trouvé un moyen de le caler, il faudra que je tente de joindre mon propriétaire.
Ma chaîne crachote et je dois sans arrêt trimbaler le fil antenne en quête d’un son vaguement acceptable et mon vieux petit Casio, trimbalé de panier en poches, brutalisé plus ou moins depuis trois ans, a décidé de refuser toute prise de vue autrement que dans une quasi obscurité. Je suis en peine de le régler, vais tenter mais...

après Shopi et les pâtes et éponges, suis rentrée à la FNAC, ai regardé avec respect les appareils, même relativement modestes dont j’avais envie, et qui auraient dépassé mes compétences technique, gêné ma désinvolture, pas tenu dans ma poche, et surtout qui étaient totalement hors de mes moyens actuels, et puis j’ai acheté, un peu plus humble, pour rester dans la lignée du moribond, un petit Sony qu’est tout plein joli (et on verra ce que je dois supprimer pour compenser son financement).
Déballé fiévreusement, mis en place la batterie, et vaqué à la cuisine, à l’ingestion du déjeuner, et puis, en attendant, j’ai repris un peu Fred Griot "du seuil s'enfoncer" (http://www.publie.net/tnc/spip.php?article175 pour premières pages, présentation, éventuelle commande à publie-net) avec toujours le même plaisir, jusqu’à ce moment de presque bonheur dans « sous la lampe » :
"Tout amenait son concours au courant général par le plaisir du phrasé, de la continuation, mélodique, déroulante, de l'intelligence... par la contexture (de la pâte, épaisse), la façon d'amener et de conclure (en une formule définitive mais infiniment relancée)... par la façon de planter sa vue au-dedans par le resserrement du style, tenu, pressant, ramassé, concis... par le choix, la réduction des moyens (quelques très peu, expressifs), par le rythme, une force mélodique âpre, dans la réflexion, dans la profondeur, dans la délétion qu'est la recherche." Mérité sans doute, mérité certainement, gagné, mais.... l'heureux homme !

et puis, batterie chargée, ai tenté de voir comment fonctionnait mon dernier jouet, sans m'attarder aux réglages et comment enregistrer le résultat - je m'en suis tenue aux deux petits cadeaux immérités que me fait dame nature par moi martyrisée - et au lieu de m'offrir une conférence à Calvet, j'ai polémiqué en faveur de Benot Hamon sur ma machine essoufflée et regardé "le train sifflera trois fois" d'un oeil distrait

mardi, novembre 18, 2008

vieillesse, décrépitude, la souillure de l'âge, les blessures et les pansements sommaires, qu'ils disent.
Et la tendresse de tes courbes, le dégradé souple de ta peau, la justesse de la fenêtre sur ta petite panse, et la mélodie des percements, le petit élan de fraternité qui m'effleure quand je te longe.
Me blottir dans le mystère que tu renfermes, vieillir ensemble, s'engourdir doucement


j'ai renoncé à la réunion de ma motion à Carpentras avec nuit à l'hôtel, (parce qu'en plus, le 20, je ne serai pas disponible en dehors du vote pour être assesseur) et, en fin d'après midi mais déjà dans la nuit, et dans des rues que le vent maltraitait moins que ce matin, suis partie, rêvant de tapis volant, vers la rue des Teinturiers et le contre-forum http://www.lestroiscoups.com/article-24342660.html .
Une salle pleine où je me faisais un peu l'effet d'un ovni n'étant pas du NPA et écoutant avec une râge ancienne, et non une révolte de qui redécouvre chaque fois, comme il convenait, Raoul Marc Jennar parler des accords AGCS - trois interventions intéressantes et des "débâts" un peu désespérants et très gratuits
.
retour dans un Avignon toujours désertique. Les huiles du forum sont d'une telle discrétion que s'il n'y avait pas les photos de Michel Benoit http://avignon.midiblogs.com/ (je lui envie le concert dans le grand tinel, quel qu'en soit le programme), et un camion de régie devant le théâtre je finirais par croire qu'il s'agit d'une légende.

lundi, novembre 17, 2008

"Ici un petit coin de verdure nouvelle, de l’eau calme, un caillou régulier, l’ombre, le silence, l’herbe fine et serrée forme un tapis magique feutré comme la prairie. Là-bas, fumante, en désordre, pour piétinement intensif, épaisse l’herbe folle à croissance rapide, elle remplit le vide, fourmille, ondule. Les enroulements verts des taillis, de quoi faire un bon lit, une feuille mouchetée et bien dentelée, des vrilles, ni carré ni cercle parfait, la nature connaît très peu de lignes droites. La promenade est grisante et enchantée, chaque chemin mène vers un objet ravissant, mille bruits à peine audibles, mille formes invisibles qui changent au fur et à mesure. Le sol glisse doucement, le relief se modifie, altération, conversion, les pierres se confondent avec les plantes, certaines bougent mais pourtant aucun de leurs mouvements n’est dû à l’agitation de l’air. La matière passe d’un règne à l’autre, un arbre vert devient ocre, un champignon chauve-souris, la vie se transporte d’espèce en espèce, la mobilité est générale, un beau désordre à ranger, un bel ensemble cosmique à cataloguer"
via Remue-net http://remue.net/spip.php?article2903 un passage de "le monde est beau, il est rond, de Suzanne Doppelt, instant de récréation, après Reims et avant les pâtes, une douleur endormissante et l'argenterie que j'avais laissé arriver au stade où la saleté ne se voit qu'à peine mais où le nettoyage devient long et pénible


Un rayon doré sur le haut des murs de la cour - mais moi j'ai un gros problème avec mon appareil, raison pour laquelle j'ai renoncé à photographier et commencé par la seule végétation sauvage que j'avais sous la main.
et pendant que je grelotte pour laisser sortir les odeurs d'argentil et de miror, je reprends de vieilles photos de l'autre côté de ma rue, me demandant, et j'en défaille de fierté, qui va être mon voisin pendant ces deux jours : Fillon ou Donnedieu, Aubanel, Colombani, Nikesh Arora, Jacques Attali, Coelho, Jean Nouvel, Philippe Starck, Nicolas de Tavermost, le bonhomme de Microsoft, Ferenc Czak, le ministre de la culture belge,l'Aga Khan, le président du Forum Nicolas Seydoux ou d'autres, et qui dort à la Mirande, au Cloître Saint Louis, ou hors de nos murs, tous honorables personnages venus débattre, sans public, de ce que doit être notre culture, ou à vrai dire son économie, sa valorisation et la régulation de sa diffusion.
Je crois que je vais être bien gardée. Dommage que je n'ai pas une fenêtre sur la rue pour afficher une photo des musiciens de l'Olrap - mais à vrai dire, il n'y avait pas de policier hier soir quand j'ai sorti mes ordures alors ces illustres sont en retard ou logent autre part.





dimanche, novembre 16, 2008

samedi après-midi à Reims (à travers Public-Sénat) avec des moments de colère ou d'intense énervement, des moments de plaisir sans trop d'illusions
Et suis partie rejoindre le "peuple" du 2ème balcon au théâtre (je plaisante - mais en effet le public est plus jeune et plutôt sympathique) pour un spectacle de notre corps de ballet; avec l'OLRAP. dont je découvre à cette occasion qu'il n'est toujours pas sauvé.
http://sauvonslolrap.canalblog.com/archives/2008/11/14/index.html
au programme une chorégraphie d'Eric Belaud (le chef de ballet) sur "la nuit transfigurée" de Schoënberg, peut être pas totalement réussie, mais avec deux beaux pas de deux - ambiance terrain vague ou garages - des garçons en complets noirs et marcels, la jeune femme (Valérie Yvars, belle technique, expressive) en petite robe noire puis sous-vêtements, violence, un joli pas de deux doux et violent, encore, avec le jeune homme (Cyrille Jegou), retour des garçons et de quatre filles en très féminines robes noires sur jupons blancs et nouveau pas de deux entre Valérie Yvars et l'étranger (Georges Prunier) un peu de crainte honteuse et tendresse - de beaux moments, des passages un peu vains
et un ballet de Christophe Garcia, intitulé "qu'importe", sur les concerti brandebourgeois 2 et 3 de Bach - un assez délicieux moment.
notes d'intention "L'écoute des concerti brandebourgeois de Johann-Sebatian Bach m'offre une multitude d'images. Des images théâtrales et poétiques où se côtoient candeur, humour, frénésie et absurdité (? signe brigitien sur ce dernier mot)
La danse que j'ai voulu offrir avec cette création est avant tout musicale. Mais, au delà d'une simple partition chorégraphiée, j'ai souhaité qu'univers humain et théâtral prenne vie...."
et c'est parfaitement celà. Avec douze danseuses et douze danseurs, des animaux mécaniques (par moment), de transparents fauteuils gonflables, une ambiance de jeux-découvertes d'adolescents., quelques ballons pour un peu de poésie qui arrive à ne pas être convenue. Une danse spirituelle et parfaitement en accord avec la musique et de petits gags entre les morceaux qui déclenchaient les jolis rires de quelques enfants dans la salle. Un dialogue muet entre orchestre et danseurs pendant le changement entre les deux concerti.
Un très joli moment et un beau travail (qui ne se sentait plus) des danseurs.