commentaires

désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

vendredi, avril 02, 2021

Pauvre « Paumée »


Petite vieille matin, esprit en friche, idées fusant pour s'absenter presque immédiatement,


avançait, cueillait images sans grand sens, souriait aux anges, aux démons, à la lumière, a perdu royalement son temps



et comme cela ne s'arrangeait pas, s'est partagée le reste du jour entre loi climat et ce que nous offre la Comédie Française, et pose la petite moisson, juste comme ça, pour te meubler (te = Paumée)

jeudi, avril 01, 2021

Adresse


Messire soleil

soit tendre avec les vieilles

et leur corps flétri

avec leur cœur paniqué

leur humble lucidité


adresse au soleil et à notre printemps impatient depuis ma douche... et je me suis dit en sortant, voyant le léger voile qui flottait devant mes yeux, qu'ils l'avaient écouté... ça n'a pas réellement duré.



mercredi, mars 31, 2021

printemps et scolarité


un jour de printemps

lumière bleue, air tendre

et bourgeons éclos


refoulant le sentiment très fort de ne pas être, petite vieille engraissant, à la hauteur, de faire tache dans la jeunesse du monde – même fatigué – m'en suis allée vers Rosmerta

travail dans la cour avec le grand et beau M, pronoms possessifs, calculs de périmètres (de carrés ou rectangles pour le moment, ne forçons pas nos talents) en compagnie de parties de ping-pong, de baby-foot, de préparations de démarches administratives, de passage d'une famille régularisée, heureuse de son appartement mais nostalgique des amitiés, du déchargement d'un énième réfrigérateur, de plaisanteries, d'entrées et sorties de vélos...


au retour, juste avant le couvre-feu, groupes joyeux devant les bars au portail Matheron et longues ombres sur le sol éblouissant de la rue Carnot.


Le matin, j'avais repris ma participation désespérément scolaire à la proposition #5 de l'atelier Baudelaire de François Bon (contributions et, à la fin, proposition sur https://www.tierslivre.net/ateliers/category/bicentenaire-baudelaire/baudelaire-5/


Le côté étroit

De nos jours une grande porte cochère s'insère dans la façade de plâtre blanc entre pans de pierres nues, portant à droite le numéro 5, à gauche le numéro 7... de nos jours, et peut-être depuis l'origine, puisque, malgré l'unité créée par cette peau d'un blanc uni, malgré la parenté, due sans doute à des dates de construction assez proches, entre les volutes des ferronneries des quatre balcons s'alignant à gauche et au dessus de la porte et de celles des fenêtres solitaires superposées, avec des hauteurs sous plafond visiblement différentes et un entresol, à droite – donc au 7 –, il est assez peu vraisemblable qu'une porte ait existé sous le balcon dudit entresol, là où s'ouvre une boutique (beaux stylos et accessoires, pour ceux qui utilisent encore l'écriture manuscrite parmi les successeurs du jeune Charles Baudelaire que je cherche ici, du Charles de 25 ans encore très jeune même s'il est entré désormais dans la période des finances contraintes) . Je n'y avais jamais prêté attention, n'ayant pas franchi cette porte, ne connaissant personne dans ce ou ces immeubles, même si j'ai assez souvent suivi la rue Tournon jusqu'à la minuscule place, qui porterait si mal maintenant ce nom qui était le sien autrefois de Pré-crotté, détail qui me réjouit et que je viens de découvrir, pataugeant sur internet en cherchant une explication à la double immatriculation de la grande porte bleu sombre avant de penser à demander l'aide, faute de pouvoir voleter au dessus du quartier, à la photo satellitaire de Google Maps, découvrant ainsi le toit de tuile du 7 qui, perpendiculairement à la rue, s'ouvre sur la cour commune. Ayant franchi la barrière du code en me faufilant derrière un jeune couple, je reste plantée devant l'immeuble, balayant des yeux ses fenêtres, sans vraiment les regarder, incapable que je suis de situer celle ou celles qui éclairaient le logement du jeune fondateur du Salut Public – gazette d'assez courte vie, dans lequel Gustave Courbet publiera un dessin des barricades auxquels ils ont tous deux participé – le jeune critique d'art et journaliste aux mœurs réprouvées par les sages pères de famille, l'encore jeune homme au grand front et à la petite bouche tel qu'il s'est représenté en 1848, le poète encore inédit, celui qui vient de faire paraître sa première traduction d'une histoire d'Edgar Poe, celui qui aurait fait rêver en frissonnant une jeune bourgeoise, ma possible ancêtre, si elle avait pu entendre parler de lui.... perdue dans le murmure des siècles qui chante en moi, je sors de la cour où je n'ai pas su deviner sa présence, pas davantage que celle de Léon Gambetta qui vécut là dix ans plus tard et, traversant la rue Saint Sulpice, descendant la rue de Seine, je secoue cette inepte, récente et fausse érudition et cherche dans ma mémoire défaillante dans quel texte, poème ou autre, s'invite le bruit que font les branches en tombant devant la cheminée pour le réchauffer, avant de pouvoir ouvrir un livre, lire, retrouver l'essentiel, son écriture.


PS Les deux images, comme une partie des renseignements qui ont cloué mon imagination, proviennent de Wikipedia.


mardi, mars 30, 2021

Sur mon chemin


Sur mon chemin il y avait de la lumière et donc des ombres, il y avait des petites fleurs indépendantes venues aux bas des murs ou là l'avait voulu le vent mais surtout des fleurs et arbustes fleuris disposés par les jardiniers de la ville comme celles que j'ai cueillies ici...


mais moi, en souvenir des bâtisses parisiennes, qui ont forte chance, quand elles présentent une façade en plâtre (qui posent problème lors des rénovations, la recette exacte de ces belles peaux d'Île de France étant perdue, si ce n'est que le plâtre doit provenir des carrières de gypse de Montmartre ou Belleville) d'être postérieures à l'ordonnance du 18 août 1667 de Louis XIV rendant obligatoire ce revêtement pour éviter les incendies ou passé, le temps des belles constructions en pierre de taille, de dater du 19ème siècle et de l'incorporation des villages... (enfin en gros), j'avais choisi, ou mes yeux avaient choisi, la peau, fatiguée, blessée ou refaite, dans l'ombre ou la lumière, des hôtels et maisons...


avant de me régaler, ce soir, à la lecture de cet article de Tiffanie Le Dantec, à l'heure du thé https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01611369/document... Avant aussi, un peu plus tard, d'écouter, avec un plaisir presque digne de mon attente, le spectacle, enregistré à mon cher (enfin anciennement mon cher) théâtre de la Bastille où il aurait dû se donner, adapté par Véronique Timsit, Eric Didry, Nicolas Bouchaud (et joué par ce dernier qui en avait eu l'idée) des « Maîtres anciens » un des livres que je préfère parmi ceux que j'au lus de Thomas Bernhard https://www.franceculture.fr/emissions/fictions-theatre-et-cie/maitres-anciens-de-thomas-bernhard

lundi, mars 29, 2021

Depuis l'antre, juste quelques lignes lues


De ce jour où j'ai laissé la ville sous son ciel bleu, où mon temps se passa sans grande utilité apparente mais fort agréablement et assez richement dans l'antre sans que rien mérite d'en être dit, garderai juste des photos, assez récentes, pour accompagner ces quelques lignes :


«... on est parmi vous, partout, à côté, devant, caché·es par la condition de sans, parce que désigné·es par l’absence, ce qui manque, sans-papiers, et pas n’importe lequel de papier, pas celui-ci, extrait du carnet noir par simple pression du pouce, tout fin et grisâtre, ce papier, quasi translucide, juste les moyens d’acheter ces toutes petites feuilles de gomme arabique, quoi ? un euro vingt, un euro cinquante le carnet de 100 feuillets, ça en fait déjà du papier, ça en fera des clopes roulés avec mélange de tabacs puisés dans les mégots cueillis au hasard des rues, les frotter ces mégots, en extraire la sève granuleuse, des miettes ou de la poudre, c’est qu’on est peu de choses sans-papiers....

Quelques pas, suivre les ondulations de la rue Carreterie, un coup à gauche ; place Pie. Marché hebdomadaire déployé, étals divers ; livres, meubles et babioles. Lui sur un banc, il colmate le rembourrage de son manteau bleu crasseux, ignorant ce qui se trame à l’entour, il chiffonne du papier journal, le glisse par la fente incisée à même la doublure, coup sur coup, il met des dizaines de feuilles, tasse le tout comme ça, de la paume, lui c’est Arsim, il râle, contre tout....»


Extrait proche du début de « Marche-frontière. » d'Ahmed Slama paru chez publie.net https://www.publie.net/livre/marche-frontiere-ahmed-slama/, commencé cette nuit avant que le sommeil me prenne... et qui m'attend ce soir. 



Je me suis arrêtée dix pages plus loin que ce passage, mais j'ai pris les noms de la rue Carreterie et de la place Pie dans les yeux et ça me les a rendus plus évidents ces personnages, même si majoritairement ils ont des papiers (avec le souci des renouvellements) permettant de vrais embauches poyr des petits boulots misérables et nécessaires mais sans rapport avec les éventuelles formations qu'ils amènent avec eux... ce gâchis (celui aussi des gigantesques ou non gamins qui viennent étudier et sont fatalement, vu leur âge, orientés vers des métiers allant du balayeur pour les cas les plus difficiles à carrosier ou techniciens divers pour ceux qui s'en acfcomident mais avaient rêvé de tellement davantage)

dimanche, mars 28, 2021

Vies d'un passé inventé

Dans un air quasi tendre et sous un ciel bleu franc, m'en suis allée matin, yeux éblouis et panier rond à bout de bras, vers les halles – tant pis pour la rigueur financière –


pour refaire ma provision de morue, échanger des sourires, ajouter quelques asperges et carottes de couleurs non classiques, un chèvre, deux chayottes et un petit bar..


boire un café dans l'espace fleuriste déserté, et revenir vers l'antre,


stoppée au coin de la place de l'horloge, pendant que le vent se levait, par un très long cortège d'étranges personnes munies de pancartes – ai pu constater, grâce à l'une qu'il s'agissait, entre autres – puisque s'y mêlaient quelques troupiers du grand siècle et un bagpipe player accompagnant les sonneurs et autres musiciens –, d'une association culturelle médiévale sise à Montpellier (intervenant aussi à Carcassonne, Avignon, autres villes ou villages en quête d'animations nostalgiques, un peu et joyeusement,  espérons le) https://cdsmtp.wixsite.com/compagnonsdesimon/en-savoir-plus réduite semble-t-il au chômage (tout le monde ne peut avoir les privilèges du Puy du Fou et des quelques autres sons et lumières maintenus l'été dernier)



Pour le reste du jour, ai cuisiné, digéré, lu, envisagé, sans aller plus loin que des pistes molles, de répondre à la dernière proposition de l'atelier Baudelaire de François Bon, écouté/regardé avec retard la vidéo des Echappées #2, la journée d'échanges organisée par Pierre Ménard https://youtu.be/S9dnAAVbeOM et ce que trouvais : l'homme armé de Josquin des Prés, des airs de Guillaume de Machaut, de Thibaut de Champagne, d'anonymes... et me suis répété « aboulie », ce qui était trop cruel, pas tout à fait juste, et totalement inopérant.